Paroles de lecteurs Fermeture de sucreries, prix bas : ne vaut-il pas mieux arrêter les betteraves ?

Terre-net Média

Face aux usines qui ferment les unes après les autres et au prix payé par les industriels qui ne cesse de baisser, résultat selon eux de la suppression des quotas, certains lecteurs de Terre-net se posent la question d'arrêter la production de betteraves. D'autant que la plupart en sont convaincus : des sites qui cessent de fonctionner ne réouvriront jamais !

paroles de lecteurs fermeture sucreries crise du sucre « En Irlande, Angleterre, Belgique, je n'entends pas franchement parler de fermeture mais plutôt de projets d'ouverture ! C'est bizarre, non ? », s'interroge "un sucre ou 2?".(©Terre-net Média)

Garfield : « Fin des quotas sucriers, fin des quotas laitiers avec, à chaque fois, une casse terrible. Pouvons-nous continuer à faire confiance aux "décideurs" de l'agriculture... »

agri desabusé : « Non, bien sûr que non !! Il est temps de se révolter et de dégager les responsables de ce fiasco qui va anéantir toute l'agriculture européenne ! »

PàgraT : « Mais qui a donc décidé de déréguler les productions agricoles, sinon les agro-industries avec la connivence du Copa-Cogeca et sa déclinaison française la FNSEA ? »

La faute à la suppression des quotas sucriers

Pipo : « Erreur de diagnostic PàgraT, l'UE est pleinement responsable puisque totalement soumise à la mondialisation. »

Professeur Choron : « Entre nous, ils sont c... les betteraviers. Ils auraient dû voir ce que la suppression des quotas avait donné dans le lait... Mais ces gens sont plus malins que tout le monde et surtout bien conseillés par les coopératives, centres de gestion, etc. (...) »

Crainte de fermetures d'usines chez Tereos aussi

Coopérateur : « Et sinon pendant ce temps, comment ça se passe chez Tereos ? »

Concurrence du sucre de canne ?

Connrad : « Moi je soutiens les betteraviers, j'achète du sucre de canne... »

Pipo1er : « Südzucker, via sa filiale Candico, vend du sucre de canne en morceaux avec le Label Max Avelar. Donc il y a moyen de vendre du sucre équitable mais pas de notre production semble-t-il... »

« J'arrête la betterave ! »

jojo27330 : « J'arrête la betterave. C'est bête, ça fait une culture de moins dans la rotation. Il m'arrive d'accompagner mon épouse au supermarché, mais je n'ai pas vu le prix du kilo de sucre baisser. MDR. »

Betteravier : « Cessez de vous battre pour produire des betteraves ! Ça eut payé mais ça ne paie plus !! Si vous voulez en faire, prenez les droits des planteurs Tereos qui veulent fuir ce panier de crabes !!! Ne vous inquiétez pas, selon le président Leroux et Alexis Duval, les caisses sont pleines et les dettes minimes. Vous serez payé 25 euros la tonne de betteraves !! Si vous croyez aux belles promesses des super-menteurs, tant mieux. Moi, c'est fini, basta et je regrette d'en avoir ressemé cette année !!! »

Voir également la tribune de Xavier Hollandts et Bertrand Valiorgue, enseignants-chercheurs : « Tereos, ou la gouvernance coopérative inachevée »

Thomas : « Je suis d'accord. Les betteraves aujourd'hui ne paient plus. Mais demain, qui sait ? Le sucre a de l'avenir à long terme en raison de la hausse de la consommation dans les pays émergents. Si on avait arrêté de faire du lin quand il valait 1 €, on n'en vendrait plus aujourd'hui à 3,60 €/kg. Un outil de production se raisonne sur le long terme. S'il ferme, il ne réouvrira jamais... »

Le sujet a aussi largement fait causer sur Facebook :

post facebook crise du sucre (©Page Facebook de Terre-net)

« Ça eut payé, mais ça ne paie plus ! »

Maxens : « Je pense comme Thomas : si l'outil de production ferme, c'est fini. Maintenant, nous sommes des chefs d'entreprise : faire une culture pour perdre de l'argent, cela ne peut durer qu'un temps, beaucoup moins long d'ailleurs que ce qu'il pouvait être il y a 50 ans, car les marges sont beaucoup plus serrées. Alors un prix de la betterave à 18 ou 20 €/t, alors même que le marché ne rémunère que 11 ou 12 €, cela ne peut pas aller. Bientôt, il n'y aura plus de betteraves en France. On ne maintiendra pas les usines ouvertes pour seulement quelques jours à produire du sucre bio. »

Paysan89 : « Un site qui ferme ne rouvre jamais en effet comme on a pu le constater de nombreuses fois par le passé. Or, ce qui fait la richesse d'un territoire, ce sont ses usines de transformation. Attention aux décisions précipitées et aux retours de bâtons ! Ce qui peut sembler évident aujourd'hui se révèle lourd de conséquences pour demain et fragilise encore davantage le monde agricole. »

« Si l'outil de production ferme, c'est fini ! »

Isidore : « Il ne faut plus prendre les vinasses ou pulpes de betteraves de ces industriels qu'ils vendent hors de prix ! Ils ne sauront plus quoi en faire... »

Betteravier : « Ce n'est pas une raison pour nous payer les betteraves une misère ! Est-ce que les dirigeants de ces usines baissent leurs salaires ? Non ! Alors pourquoi est-ce toujours aux agriculteurs de se serrer la ceinture et de vendre sous leur coût de production ?! Ras-le-bol d'être pris pour des c... à longueur de temps par tous les industriels qui se gavent sur notre dos !! Faites du maïs grain : un mois de boulot au printemps, un autre à l'automne et le reste du temps en vacances ou à la chasse ! C'est bien mieux que de bosser comme un fou pour perdre de l'argent à la fin de l'année !! »

Faites des pommes de terre ou du sucre bio !

Jean : « Faites plutôt des pommes de terre à la place, vous aurez vite oublié les betteraves : les Belges sont là pour vous les transformer en frites et les exporter par la suite ! »

À propos de la pomme de terre :
Vers des emblavements européens record en 2019

Djeff : « Ou des betteraves bio pour concurrencer l'Allemagne ! »

Nouveau : « Le sucre bio a le vent en poupe et la France a du mal à mettre la machine en marche. Dommage... »

Pipo1er : « (...) Malheureusement les bio ne sont pas de grands consommateurs de sucre et technologiquement, c'est un non-sens de produire du sucre blanc bio vu que le sucre blanc raffiné est pur à 99 %. Mais si cela se vend, pourquoi pas... »

Patator : « Ne rêvez pas non plus les gars ! La patate connaîtra très prochainement le même sort que la betterave ! 5 à 10 % d'augmentation de surface chaque année ! Vous croyez sérieusement que ça va durer longtemps ?? »

L'analyse du commentateur "un ou deux sucres"

un sucre ou 2 ? : « Les pseudo coopératives nous avaient prévenus : nous sommes les plus forts en Europe, donc il y aura de la casse ailleurs et le marché du sucre va se réguler au bénéfice des meilleurs pays, c'est-à-dire ce qui font le plus de rendement, et qui ont de belles marges de progression dans leurs usines : soit la France ! En Irlande, Angleterre, Belgique, je n'entends pas franchement parler de fermeture mais plutôt de projets d'ouverture ! C'est bizarre, non ?

L'hiver dernier, on nous a dit qu'on sentait déjà le début du retournement des cours du sucre, que les signaux passaient au vert… Alors, soit ils sont daltoniens, soit ils se seraient encore trompés ? Pour le prix payé au planteur, l'équation est simple : prix de vente du sucre, moins les marges et moins les charges. Pour le prix de vente, il faut de la rigueur ou du pif. Le pif à long terme n'a jamais marché. Faire la moyenne mathématique des cotations journalières ne semble pas compliqué, sauf si on spécule. Pour la marge, en système coopératif, elle est pour le coopérateur. Ah bon, pas toujours ? Et vous approuvez les AG ? La coop passe ça en diversification, développement à l'international et réserves. Et vous votez oui ?

Pour les charges, il faut comme sur nos fermes gérer en bon père de famille et pas dépenser ce que l'on n'a pas. Alors il faut un gros coup de frein sur les budgets comm', pubs grand public, investissements non productifs. La fonction publique est un bon exemple. Compliquez le système et embauchez, à la fin vous serez tous débordés et tout le travail ne sera pas fait faute de bras. Les sièges brillent, sont bien remplis, mais est-ce des emplois productifs ? A-t-on besoin d'un animateur pour la page Facebook de l'entreprise par exemple ? Bref et pour résumé, si les coops sucrières ne vendent pas mieux, si elles ne redonnent pas la marge à leurs adhérents et si elles ne baissent pas leur train de vie, ça n'ira pas mieux ! Heureusement, il reste la plus belle variable d'ajustement qui soit : payer la betterave avec ce qu'il reste dans les caisses à la fin. Et comme ça, ça fonctionnera toujours. Tant que les gens sèmeront pour faire tourner l'usine, à défaut de leur compte en banque... »


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