Paroles de lecteurs Les betteraviers cassent du sucre sur Tereos et l'arrêt des quotas

Terre-net Média

La surproduction de betteraves, consécutive à la suppression des quotas et responsable de la baisse des prix, était prévisible selon les lecteurs de Terre-net. Le comble pour eux : les industriels ont poussé les planteurs à semer davantage. Comment parler des industries sucrières sans dériver sur l'affaire des coopérateurs "frondeurs" de Tereos qui dure depuis plusieurs mois ?

paroles de lecteurs betteraves et tereos « Je ne peux pas cautionner que des dirigeants privilégient leurs propres intérêts à ceux de la coopérative », martèle Michel.(©FarmerSeb // Création Terre-net Média) 

Phil47 : « Si on mettait une autre culture à la place des betteraves, il n'y aurait aucune incidence sur quoi que ce soit. Il y a bien longtemps que la production française n'a plus d'incidence sur les cours mondiaux des produits agricoles. »

Fernand Raynaud : « Les betteraves, ça eut payé, mais ça ne paye plus ! »

Michel : « Le prix du sucre est fixé selon ce qui se passe en Inde et au Brésil, pas en fonction des surfaces semées dans le nord de la France. Je pense qu'on se trompe de combat. Un tracteur revient moins cher à l'heure s'il tourne 500 h en Cuma que 80 h chez un seul agriculteur. »

Josébové : « C'est la faute des betteraviers. Ils savaient qu'il y avait trop de surfaces implantées. Ils n'avaient qu'à en faire ne serait-ce que 10 % de moins ! Quand je vois de nouvelles parcelles de betteraves éloignées des sucreries, j'ai presque envie de croire que la surproduction était voulue. De plus, une bonne partie du sucre français est exporté. (...) »

BG : « (...) La situation était prévisible, certes. Mais attention, si les betteraviers décident de ne plus planter, cela viendra inévitablement impacter les autres productions. »

La surproduction était « prévisible »

cforaq : « C'était prévu ! Tereos s'est diversifié dans d'autres pays pour payer les betteraves. Sauf que cette diversification s'est faite dans le sucre également (de canne, NDLR) et que la dégringolade des cours est mondiale. Pour info, en 2018, la surproduction mondiale de sucre est supérieure à la production française. »

Pipo1er : « L'augmentation des surfaces de betteraves est surtout liée à la très forte pression des industriels pour prendre des parts de marché à leurs concurrents et vendre leur sucre au prix le plus bas possible afin de les faire disparaître. Et ce sont les planteurs qui paient la note. Nous aurions dû faire bloc pour ne pas augmenter la production betteravière mais nous craignions que des usines ferment leurs portes. Une fois de plus, les agriculteurs se sont faits avoir par la cupidité des dirigeants de l'industrie sucrière. Le pire : ils ne gagnent plus rien et les fermetures de sites seront inévitables si le prix des betteraves ne remonte pas vite. Chez nous, beaucoup se pose la question d'arrêter cette culture en 2019. »

L'an dernier, la sole de betterave avait déjà augmenté : Forte hausse des surfaces de betteraves industrielles en 2017

« C'est tout réfléchi, j'arrête les betteraves »

Demotive : « Moi, je vends mon quota betteravier. Qui veut 2 000 tonnes de betteraves ? »

Ex-produteur : « C'est tout réfléchi, j'arrête les betteraves. Alexis Duval n'a qu'à les produire lui-même ! »

Les salaires des dirigeants de Tereos pointés du doigt

Michel : « Ce qui se passe est déplorable. Je cultive 4,5 ha de betteraves dans le nord et je ne peux pas cautionner que des dirigeants privilégient leurs propres intérêts à ceux de la coopérative. Ils devraient faire attention car la concurrence attend la moindre faiblesse de Tereos  pour prendre les marchés, que ce soit l'Américain ADM ou même Cristal Union. Quant à  la CGB, elle oublie de rester indépendante et travaille pour ses "petits copains". (...) »

Francis V : « Je trouve aberrant que personne ne connaisse les salaires des présidents, directeurs, vice-présidents, etc. Il me semble que Tereos est une coopérative et non un groupe privé, propriété de la famille Duval ! (...) »

S'en suit un long débat sur les prétendus énormes émoluments que toucheraient les dirigeants de Terreos. Voici quelques extraits qui poussent la réflexion un peu plus loin et ne se contentent pas seulement d'attaquer les personnes qui sont à la direction de Tereos.

Michel : « Ce que touchent le directeur et le président d'une grosse entreprise est normal, par contre prendre la place d'une façon non démocratique n'est pas normal. Aux élections de décembre, les trois "frondeurs" exclus distribuaient des listes à l'entrée des salles. Où est la démocratie ? Pour moi, ils n'ont aucune légitimité. »

Francis V : « Non Michel, il n'est pas normal que certains directeurs touchent le pactole chaque mois, sans qu'il n'y ait aucun lien avec le travail effectué et surtout les résultats obtenus ! 200 000 € par mois pour faire le fanfaron, signer des papiers et prendre 10 kilos de gras chaque année, ce n'est pas normal. 200 000 € pour augmenter la dette d'année en année, inciter les planteurs à planter 20 % de betteraves en plus pour finalement faire chuter les prix du sucre. Ce boulot devrait être payé en dessous du Smic ! (...) »

Maxens : « Plus c'est gros, plus certains se sucrent. »

Alex Duv : « Amis coopérateurs, ayez confiance, plantez 20 % de betteraves en plus, signez des contrats pour trois ans sans prix garanti, je vous promets de payer le mieux possible les betteraves ! Du moins, après déduction de mon gros salaire qui viendra diminuer ce que vous allez toucher ! (...) »

« Se mettre autour d'une table pour laver le linge sale »

Mon sucre : « Des coopérateurs "frondeurs" ?? Je dirais plutôt casseurs d'une unité de production pour leur propre gloire personnelle... Ils demandent de la transparence et organisent des élections avec rabattage à l'entrée. Les 9 000 autres planteurs (j'en fais parti) vous trouvent pathétiques... »

Le mien aussi :  « L'avenir nous dira si le petit bien dodu a fait du bon travail ou non sous l'œil bienveillant du grand dadet maigrichon. Ces deux-là, on dirait Laurel et Hardy ! »

cforaq : « La liste des pétitionnaires a été vue par des membres du conseil de surveillance lors de la commission qui examine la pétition, elle a été validée par un huissier. Toutefois, par peur des représailles, certains planteurs veulent garder l'anonymat vis-à-vis de Tereos, mais le directoire ne veut pas valider cette demande alors, ça peut durer longtemps. Ne peuvent-ils pas tous se mettre autour d'une table pour laver leur linge sale ? La place doit être bien payée pour vouloir tellement y rester. Il ferait mieux de défendre notre revenu betteravier. (...) Quand on voit qu'un industriel privé français paie la betterave 27,5 €/t, qu'il n'a pas d'activité de diversification et qu'il gagne de l'argent avec la betterave, je me demande pourquoi un grand groupe comme Tereos se plaint de perdre de l'argent alors qu'il donne 2,5 € de moins à la tonne. Selon lui, il aurait perdu 96 millions d'euros sur six mois, ce qui équivaut à presque 6 €/t... »

Shadok : « "Chef, on a une pétition ! OK, montrez-la moi. Ah non, chef, on ne peut pas vous la montrer, c'est top secret. Bon alors gardez-la et rentrez chez vous. Bah non, chef, on a une pétition ! OK, montrez-la moi. Bah non, chef, on ne peut pas vous la montrer, c'est top secret, etc. Et pendant ce temps, les shadoks pompaient, pompaient, pompaient... »

« Ras-le-bol de cette histoire... »

Betteravier : «  Cette histoire va durer encore longtemps ? Parce que moi, j'en ai ras-le-bol de ces gamineries ! »

Cocorico : « Ça me fait penser à un combat de coqs pour un tas de fumier ! »

Michel : « Tout ce remue-ménage pour des betteraves payées une misère ! Allez-y les gars, continuez de vous étriper quand d'autres bossent ! Vivement que cette coopérative croule sous le poids de sa dette et qu'on n'entende plus parler de cette affaire ! »

cforaq : « Quand on parle de millions d'euros de perte, je ne crois pas que ce soit des gamineries. Sauf si vous cautionnez les problèmes de gestion, mais n'oublions pas que les coopérateurs sont cautions et responsables de leur entreprise. Si problème il y a, ce sont les planteurs qui paieront et personne d'autre... »

« Remettre l'entreprise en ordre de marche et vite ! »

Betteravier : « Ce qu'il fallait, c'est un nouveau conseil d'administration pour Tereos et de nouveaux directeurs, directeurs adjoints, etc. Ceux qui sont en place n'ont plus aucune crédibilité. D'ailleurs, les plus malins d'entre eux ont préféré démissionner en masse pour fuir ce nid de crabes ! Il n'y a pas de fumée sans feu... »

Jacouille la fripouille : « Certains administrateurs n'auraient pas été réélus parce qu'ils posaient trop de questions gênantes... (...) »

Jacques : « J'étais persuadé que les élections n'auraient même pas lieu car les "frondeurs" les remettaient en cause. Il faut en finir avec ce feuilleton et remettre l'entreprise en ordre de marche. Je fais partie des 9 500 adhérents de Tereos qui ne souhaitent pas forcément tout mettre par terre… Sera-t-on un jour entendu ? Tout ce spectacle, ces insultes, ces chiffres annoncés me laissent pantois. Quand va-t-on sortir de ce mauvais rêve et de quelle manière ? N'oublions pas que 2018 sera, pour la plupart des betteraviers, la plus mauvaise année depuis bien longtemps et que 2019 commence déjà bien mal avec la suppression des néonicotinoïdes, la RPD (redevance pour pollution diffuse, NDLR), l'incertitude sur les prix des betteraves. Une chose est sûre, c'est que pour les présentations des nouveaux dirigeants, on va gagner du temps car, finalement, ils ont démissionné, hurlé "au loup !", mais se sont représentés et ont été réélus ! (...) Décidément, on ne sortira jamais des problèmes de personnes, c'est consternant. Et l'avenir de la boutique dans tout cela ? Pas un mot !! Le groupe a besoin de retrouver de la sérénité au plus vite. En démissionnant de manière fracassante, en s'épanchant sans limite dans la presse, les "frondeurs" ont pris beaucoup de risques. Tereos, ressaisis-toi et vite !!! »


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