Recherche Stocks de carbone dans les sols agricoles : un indicateur pour y voir plus clair

AFP

La recherche française a mis au point un indicateur d'évolution du stock de carbone dans les sols agricoles, à vocation mondiale, qui permettra de mesurer la quantité de CO2 que peuvent absorber ou émettre les parcelles agricoles en fonction des systèmes de production choisis, a annoncé vendredi l'Inrae.

Analyse de terre avec un couvert végétalLa modification du couvert affecte directement le stockage du carbone dans le sol. (©Terre-net Média)

« Il ne s'agit pas simplement de mesurer le carbone du sol mais de faire le bilan des entrées et des sorties », a expliqué Jean-François Soussana, vice-président à l'international de l'Institut national de recherche pour l'agriculture, l'alimentation et l'environnement (Inrae), lors d'une visioconférence de presse.

Les premiers résultats de cet indicateur observés à l'échelle française seront dévoilés courant 2021.

Basé sur les recherches d'une équipe de l'Inrae, sous la direction d'Eric Ceschia du Centre d'études spatiales de la BIOsphère (CESBIO), ce nouvel outil est le fruit d'un partenariat de l'institut avec l'association planet A, qui promeut « une agriculture innovante, durable et humaine ».

« Les terres agricoles sont souvent accusées d'être sources d'émission de gaz à effet de serre, mais leur utilisation raisonnée et le recours à des pratiques agricoles vertueuses peuvent néanmoins contribuer à lutter contre le changement climatique grâce au stockage de carbone », souligne l'Inrae.

Les modifications de la couverture végétale des sols affectent directement le carbone fixé par la végétation et donc par le sol, note l'Inrae. En effet, la variation du stock de carbone d'une parcelle agricole dépend du bilan des entrées (photosynthèse et fertilisation organique) et des sorties (récoltes, pâturage, respiration du sol etc.) Le bilan de carbone du sol peut être modélisé en fonction des apports nets.

Cette méthode est utilisable à différentes échelles (parcelle, exploitation, région, globe), grâce aux données des satellites d'observation de la Terre de nouvelle génération (Sentinels de l'Agence spatiale européenne). « C'est grâce à des approches de télédétection et de modélisation combinés que l'on pourra établir ce bilan de carbone au niveau mondial », a relevé M. Soussana. « C'est ce que nous allons proposer dans le cadre d'un consortium international de recherche » sur le carbone du sol « en vue de généraliser cette approche et d'en faire un standard au niveau mondial », a-t-il dit.

Aux yeux du PDG de l'Inrae, Philippe Mauguin, « si on veut que les agriculteurs s'engagent » sur des pratiques durables, « si on veut que les politiques les soutiennent - et notamment la prochaine Politique agricole commune -, il faut des éléments de suivi et de traduction des efforts des pratiques agroécologiques, de couverture des sols qui vont contribuer à un enrichissement en carbone ». C'est l'ambition de cet outil.

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