Ravageurs Trois points clés pour prévenir le risque limaces

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Un temps doux et humide favorise le développement des populations de limaces. Attention, dans ce cas, aux dommages causés par ces gastéropodes. La lutte préventive constitue un levier majeur pour les éviter. Elle passe par la rotation des cultures et des intercultures, par le travail du sol ou la présence d’auxiliaires, ainsi que par l’évaluation du risque.

LimacesLe colza, le seigle ou l’orge de printemps présentent une forte appétence pour les limaces. (©André Chabert, Acta)

Outre le climat et le type de sol, différents facteurs influencent la prolifération des gastéropodes. « Elle est plus importante derrière des cultures d’hiver qu’après des cultures de printemps », rappelle André Chabert, ingénieur à la direction scientifique, technique et innovation de l’Acta. Premier point­ clé : le choix du précédent cultural et de l’interculture. Les limaces ont leurs préférences, comme l’ont révélé les expérimentations menées dans le cadre du projet Casdar Resolim, dédié à l’étude du risque relatif aux populations de limaces en grandes cultures. « Le colza, le seigle ou l’orge de printemps présentent une forte appétence, la féverole ou la moutarde nettement moins [voir tableau ci-dessous]. Toutefois, un couvert appétent pour les limaces n’aura pas forcément pour effet d’augmenter leur population », précise André Chabert.

Appétence indicative pour les limaces des cultures intermédiaires ou des repousses à des stades développés

Très faibleFaibleMoyenneForte
Moutarde blancheBléNigerColza (très forte)
Moutarde bruneRadis chinoisAvoine d'hiver et de printempsSeigle
FéverolePhacélieRay-grass d'ItalieOrge de printemps
Avoine rudeGesse cultivée
Vesce commune de printemps et du BengalePois fourrager
Radis fourragerTrèfle incarnat
SarrasinLentille noirâtre

Ce tableau donne des indications. Source : André Chabert, Acta, avec les enseignements du projet Casdar Resolim.

Le travail du sol ou les auxiliaires

Autre moyen de lutte potentiel : le travail du sol. Le déchaumage après récolte permet d’éliminer les œufs et les jeunes, le labour contribue à les enfouir profondément… « D’après plusieurs essais, le nombre de limaces en semis direct serait cinq fois plus élevé qu’en labour et trois fois plus élevé qu’avec un travail superficiel », détaille André Chabert. L’expert constate que le travail du sol apparaît comme un moyen de lutte efficace à court terme. Mais l’absence de labour permet, selon lui, de réguler à moyen terme les populations de limaces, grâce à la présence favorisée des auxiliaires. Parmi eux, les carabes sont reconnus comme des prédateurs importants des limaces. « Mais encore faut-il que leur période d’activité et celle des jeunes limaces soient concordantes », ajoute-­t­-il.

Évaluer le risque par le piégeage

Dans tous les cas, la lutte préventive passe par une évaluation précise du risque. Dans la mesure du possible, les équipes d’Arvalis-­Institut du végétal recommandent un piégeage en amont du semis puis tout au long de la période de sensibilité des cultures.

Observatoire limaces De SangosseSur cette carte est représentée la pression limaces dans chaque région suite aux observations du réseau De Sangosse sur colza. En vert, la moyenne de limaces au m² est inférieure à 1, en jaune, la moyenne est de 1 à 3 limaces/m², en orange, de 4 à 10 limaces/m² et en rouge, 11 et plus. Cette carte est mise à jour régulièrement en fonction de l’évolution du risque limaces. (©De Sangosse)

 

Actuellement, le risque est assez faible. Toutefois le retour des précipitations pourrait faire reprendre l'activité des limaces.

La carte est actualisée deux fois par semaine à partir des observations du réseau De Sangosse. Ces dernières sont réalisées par des agriculteurs bénévoles. Pour plus d'informations sur la pression limaces dans votre secteur, vous pouvez vous rendre sur l'observatoire du site "ciblage anti-limaces" proposé par De Sangosse.

Dans les années à venir, cette tâche pourrait bien être simplifiée. Lors du dernier Sima, De  Sangosse a présenté Limacapt, son appareil connecté pour la détection et le comptage automatisé des limaces. Mis au point avec la start-­up Cap 2020 et équipé d’une caméra infrarouge, « l’appareil prend le sol en photo à intervalles réguliers. Un algorithme analyse en continu les images et détermine à la fin de la nuit le nombre de limaces actives par mètre carré », explique Rémi Pabis, responsable de l’observatoire antilimaces De Sangosse. La pression de ces indésirables sur la culture est alors transmise à l’agriculteur sur son téléphone, lui permettant d’optimiser le moment de ses éventuelles interventions. Celui­-ci devra néanmoins se montrer patient avant de pouvoir en bénéficier. Selon Pierre Olçomendy, chef marché antilimaces France pour cette entreprise, «  Limacapt est pour l’instant en phase de développement et sa mise sur le marché est prévue pour la campagne 2020-2021 ».

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