L'actu de Terres Inovia Tournesol : comment lutter contre les oiseaux ?

Terre-net Média

Les attaques d’oiseaux sont un problème majeur pour les producteurs de tournesol. Terres Inovia mène des actions d’accompagnement auprès des producteurs, ainsi que des travaux à plus long terme pour mettre au point des solutions durables.

Semis de tournesolAlors que les semis de tournesol se terminent, les attaques d'oiseaux restent un fléau pour les producteurs de cette culture. (©Terre-net Média)

D'après une enquête menée depuis 2016 par Terres Inovia, le pigeon ramier est le principal oiseau déprédateur du tournesol. 74 % des dégâts d’oiseaux et petit gibiers sur tournesol sont occasionnés par les colombidés, principalement les pigeons ramiers. Les corvidés viennent en seconde position suivis du lièvre.

Principaux animaux responsables de dégâts sur les tournesols Principaux animaux responsables de dégâts sur les tournesols (©Terres Inovia)

La phase semis-levée particulièrement impactée

Selon cette même enquête, 91 % des attaques ont lieu lors de la phase semis-levée, et seulement 2 % à maturité. Les colombidés s’attaquent principalement aux plantules à un stade précoce, occasionnant une perte de plant si la tige est sectionnée. Un essai réalisé en 2016 a montré néanmoins que les dégâts sur cotylédons ne portent pas à conséquence. Les corvidés peuvent en revanche s’attaquer aux graines. 72 % des parcelles de tournesol déclarées ont fait l’objet d’une protection principalement par effaroucheur. Les parcelles attaquées sont resemées dans 54 % des cas.

Comment lutter contre ces ravageurs au champ ?

Plusieurs méthodes de lutte au champ, même si leur efficacité n'est pas garantie.

  • Soigner l’implantation

La fenêtre de sensibilité des plantules de tournesol aux dégâts de pigeon ramier est étroite : environ deux semaines de l’émergence à la première paire de feuilles. Les dégâts sont d’autant plus faibles que la levée est rapide et homogène. Semer dans un sol suffisamment réchauffé (8°C à 5 cm de profondeur), si possible en même temps que vos voisins.

  • Produits répulsifs

Les engrais foliaires à effets répulsifs utilisables en plein sur plantules montrent une efficacité limitée. Aucun produit répulsif n’est autorisé en protection de semences.

  • Resemis en dernier recours

Le resemis ou le remplacement par une autre culture peut être envisagé, mais après observation attentive des dégâts. En effet, les lésions des cotylédons ne portent pas à conséquence. La décision de resemis doit donc être basée sur les seuls manques.

La réglementation offre par ailleurs la possibilité de réaliser des piégeages et tirs dits de "destruction" hors période de chasse sur les départements où l’espèce est classée "susceptible d’occasionner des dégâts".

  • Utilisation d'effaroucheurs

De nombreux modèles sont disponibles. Les techniques d’effarouchement utilisent des signaux visuels ou sonores. Le principal problème est l’accoutumance des oiseaux. Il convient de respecter certaines règles pour l’usage des effaroucheurs sonores, conformément à la réglementation.

Conseils opérationnels

1. Ne pas poser les effaroucheurs top tôt, mais juste avant le stade sensible : de l’émergence à première paire de feuilles.

2. Ne pas hésiter à déplacer les effaroucheurs sur la parcelle tous les 2/3 jours.

3. Pour les effaroucheurs sonores, faire varier les signaux et les intervalles de diffusion.

4. Observer le paysage avoisinant les cultures attaquées pour orienter les effaroucheurs en direction d’une alimentation alternative (comme des feuilles vertes, des baies, des glands, etc.).

5. Envisager une combinaison d’effaroucheurs peut réduire l’accoutumance telle que l’utilisation de canons à gaz associés aux ballons/cerfs-volants ou associés aux moyens pyrotechniques par exemple.

En fin de cycle, les déprédations sont globalement plus rares qu’à la levée et peuvent être occasionnées dès le début de la maturation par certains mammifères. Récolter tôt, dès que la maturité est atteinte, est la seule parade pour limiter les prélèvements de graines par les oiseaux.

La réglementation offre par ailleurs la possibilité de réaliser des piégeages et tirs dits de « destruction » hors période de chasse sur les départements où l’espèce est classée "susceptible d’occasionner des dégâts".

Les méthodes de lutte dites « prospectives »

Le semis sous couvert peut permettre de lutter contre les attaques d'oiseaux. Cette technique consiste à semer un couvert, par exemple de l’orge, puis à le détruire au semis du tournesol ou peu après. L’objectif des tests actuels est de provoquer une confusion visuelle sans risquer une concurrence entre le tournesol et le couvert. Il existe également des effaroucheurs lasers : différents modèles sont disponibles plus ou moins abordables, de la torche au dispositif autonome sur parcelle. Ils permettent de viser des individus, mais peu d’information sur une éventuelle efficacité sur des groupes de colombidés et corvidés. Une technique peu coûteuse : les perchoirs à rapace. Ils sont utilisés en zone de grandes cultures par des prédateurs trop peu puissants pour s'attaquer au pigeon ramier (par exemple bus evariable), mais un effet dissuasif est possible. Une protection contre les corvidés est peu plausible. Différents concepts de drones effaroucheurs sont également développés : du drone terrestre au drone volant biomimétrique, avec possibilités de réaction à l'environnement (détecteur de mouvements). Les prestations sont par contre trop coûteuses aujourd'hui pour une utilisation en contexte de grandes cultures.


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