18e RDV agri L'Académie d'agriculture de France prend un coup de jeune

Terre-net Média

Membres âgés, réflexions pas toujours liées aux enjeux agricoles d'aujourd'hui, pas assez d'ouverture sur l'extérieur... Et si ces critiques souvent entendues à l'égard de l'Académie d'agriculture de France étaient devenues des fakes news comme celles de plus en plus diffusées à propos du monde agricole et que cette institution, vieille de trois siècles, s'efforce aujourd'hui de réfuter grâce à la science ?

Certes, pour son 18e RDV agri hier soir, que vous pouvez revoir sur Youtube ou réécouter en podcast, les deux invités de Thierry agriculteur d'aujourd'hui avaient les cheveux grisonnants. Pour autant, l'Académie d'agriculture de France à laquelle ils appartiennent veut se donner un coup de jeune. Elle a d'ailleurs abaissé de 80 à 75 ans l'âge limite pour être membre (elle compte 420 académiciens : 120 titulaires, 180 correspondants et 120 étrangers) et indique que « de plus en plus ont une cinquantaine voire une quarantaine d'années ». Elle souhaite surtout être une organisation « transgénérationnelle », comme le prône sa devise : "Une passion, connaître. Une ambition, transmettre".

C'est pourquoi elle récompense, chaque année, les meilleures thèses de jeunes chercheurs et est partenaire des concours "Je filme le métier qui me plaît", Graines d'agriculteurs et Make it agri, le premier visant à promouvoir en vidéo, auprès du grand public et en particulier des lycéens et étudiants, la diversité d'emplois dans le secteur agricole, le second celle des projets et profils des jeunes agriculteurs et le troisième l'utilisation des nouvelles technologies en agriculture, avec la volonté d'aider les participants à monter des start-up. Autant d'initiatives contribuant à rajeunir l'institution créée en 1761 par un édit du roi Louis XV.

Découvrez une grande diversité de profils et projets de jeunes agriculteurs à travers la série d'articles :
[Témoignages] Jeunes talents − Des idées et de la motivation à revendre

« D'une société royale à digitale »

À propos du précédent RDV agri : Cibler les médias pour limiter l'agribashing

« En plein siècle des Lumières, elle avait pour mission de favoriser le progrès dans l'agriculture, l'alimentation et l'aménagement du territoire, en rassemblant les connaissances scientifiques et techniques dans ces domaines et en les partageant pour "éclairer" les décideurs et la société », a rappelé Constant Lecoeur, secrétaire perpétuel de l'Académie d'agriculture de France. Un rôle qu'elle assure aujourd'hui encore car elle réfléchit sur des problématiques d'actualité comme le changement climatique, le bien-être animal, la biodiversité, la consommation de viande... qui sont également de grandes questions sociétales. Et réunit pour cela des experts d'horizons divers, des chercheurs bien sûr, mais aussi des économistes, des personnes travaillant dans l'administration, le monde de l'entreprise ou encore de la société civile.

Si peu de gens le savent, c'est que l'académie ne le fait pas suffisamment savoir ou n'utilise pas les bons médias. C'est pourquoi « la société royale du 18e siècle passe à l'ère digitale », a expliqué l'académicien. Elle met l'ensemble de ses travaux en libre accès sur son site internet www.academie-agriculture.fr pour permettre à tous de s'informer sur l'agriculture et d'avoir « les moyens de comprendre ce savoir », la base selon elle de la démocratie et du réel débat. « Les attaques verbales et physiques dont sont victimes les agriculteurs sont inacceptables, a martelé Constant Lecoeur. Il faut aider les gens à retrouver la raison et renouer le dialogue avec le monde paysan. »

À l'assaut des réseaux sociaux contre l'agribashing

L'Académie d'agriculture de France diffuse aussi, via une lettre électronique, les nombreuses informations et réflexions émanant de ses séances hebdomadaires, de ses groupes de travail sectoriels (productions végétales, élevage, économie, etc.) et transversaux (climat, sol, etc.) et de sa dizaine de colloques annuels. Elle a publié plusieurs ouvrages sur des sujets controversés en essayant de démêler le vrai du faux et de combattre l'agribashing, par exemple Idées reçues et agriculture : parole à la science, Au-delà des OGM : science-innovation-société ou encore L'agriculture face à ses défis techniques : l'apport des technologies.

Retrouvez aussi le Paroles de lecteurs :
Face à l'agribashing, la colère monte dans les campagnes

Clin d'oeil à son histoire, elle s'est aussi lancée dans une encyclopédie, pour partie numérique pour être en phase avec son temps, et sous forme de fiches-réponses aux interrogations que se pose la société. Depuis trois ans, elle a même investi les réseaux sociaux et pas seulement Twitter ! Elle poste régulièrement des messages sur LinkedIn, Instagram, Facebook et des vidéos sur Youtube. « Au départ, certains de nos membres étaient réticents craignant que l'Académie se dénature, a détaillé Philippe Kim-Bombled, délégué à la communication et 2e intervenant de ce RDV agri. Certes, cela n'est pas simple et demande beaucoup de travail et de vigilance, notamment vis-à-vis des trolls mais notre présence est cruciale pour améliorer la visibilité de notre structure et expliquer notre travail. »

Et pour dénoncer les fake news à répétition à l'encontre de l'agriculture et des agriculteurs ! L'Académie d'agriculture de France s'y efforce tout en encourageant ces derniers à communiquer, eux-mêmes, sur leurs pratiques et aller à la rencontre des consommateurs, comme le font Thierry agriculteur d'aujourd'hui, Gilles VK, Agriskippy et les autres agriyoutubeurs.


© Tous droits de reproduction réservés - Contactez Terre-net

Tags

A lire également

Chargement des commentaires


Contenu pour vous