Paroles de lecteurs Disparition des oiseaux : l'agriculture n'est pas coupable

Terre-net Média

Trop, c'est trop ! Après les phytos, le réchauffement du climat, les inondations, la maltraitance animale, etc., l'agriculture a été encore accusée dans de nombreux médias, de la disparition des oiseaux cette fois. Et après, ce sera quoi ? Elle sera responsable du chômage, de la baisse du pouvoir d'achat des ménages, et pourquoi pas du problème du financement des retraites tant qu'on y est ? La plupart des lecteurs de Terre-net le clament haut et fort : il faut arrêter cet agribashing destructeur ! Si vraiment le nombre d'oiseaux diminue - certains d'entre vous ne l'ont pas observé sur leur ferme -, ne faut-il pas plutôt incriminer l'explosion des prédateurs ou le changement climatique ?

paroles de lecteurs disparition d oiseaux  « Les journalistes, démagos au nom de l'audimat, préfèrent accuser les agriculteurs », déplore Colibri.(©Création Terre-net Média) Corbières :  « Quand j'avais 16 ans, il y avait des perdrix rouges par centaines, des grives par milliers en hiver, des lapins en pagaille et le type qui tuait un sanglier passait en photo dans le journal. Aujourd'hui, c'est l'inverse : peu ou plus de perdreaux, même chose pour les grives et les lapins ont disparu. P... de pesticides ! Par ailleurs, il y a 80 % de chasseurs en moins et 120 sangliers abattus par saison ! »

Pipo : « Les lapins disparus ? C'est d'un comique... Chez moi, ils sont nuisibles depuis 25 ans. Les grives ne manquent pas non plus et la perdrix rouge revient depuis 4-5 ans. On voit beaucoup moins de sangliers qu'il y a 10 ans, la chasse ayant régulé la population... L'opposé, bizarrement, de ce que vous racontez ! »

Moumi : « Sans chercher de bouc émissaire, je ne peux que partager le constat de Corbières : une baisse énorme du petit gibier, notamment des perdrix grises et rouges, des faisans. Ils se font très rares dans bien des secteurs malgré les nombreux lâchers et mesures de préservation. Les lapins étaient un véritable fléau il y a une décennie, mais la population s'autorégule depuis 4-5 ans à cause des maladies. Quant aux sangliers, c'est de pire en pire, ils sont pas loin d'être incontrôlables ! »

José12 : « Je suis du sud de l'Aveyron où il n'y a aucun pesticide et mes voisins sont des agriculteurs bio. Depuis 50 ans, ce qui a changé, c'est d'une part le pastoralisme qui a régressé, et certaines petites surfaces ne sont plus entretenues, et d'autre part les prédateurs type buses, renards, fouines, martres, genettes qui pullulent faute de destruction. Mon grand père était un grand chasseur et il y avait toujours du gibier contrairement à maintenant, où il est dévoré à peine lâché avant même l'ouverture de la chasse. Les chasseurs faisaient en sorte de créer des conditions propices à son développement pour pouvoir en profiter ensuite. En laissant faire la nature, ces conditions de vie favorables se sont dégradées et les prédateurs se sont mis à pulluler, deux phénomènes conjugués qui ont éliminé tout le petit gibier. Les pesticides n'y sont pour rien. »

Pipo : « Je suis céréalier. J'utilise des produits phytos et pourtant, contrairement aux études, j'ai plein d'oiseaux au milieu de mes champs : des bergeronnettes, moineaux, rouges-gorges, mésanges, hirondelles. J'ai aussi des Œdicnèmes criards, ou encore des alouettes et des huppes fasciés. Mais soyons clair, je tue les prédateurs : chats, renards, blaireaux, etc. »

Ingenieu59 : « Moi, je suis éleveur et je n'utilise aucun pesticide. J'ai dans ma cour de ferme des merles, des moineaux, des piverts, des rouges-gorges et quelques bergeronnettes, sans oublier un couple de chouette. Malheureusement, j'ai également des chats venant de tout le voisinage qui ont, entre leurs dents, des oiseaux ! Par ailleurs, il y a beaucoup moins d'hirondelles qu'avant. Avec le changement climatique, les oiseaux peuvent changer de destination pour leur migration et de lieu pour se reproduire. Ce travail n'en fait même pas mention ! Si ça continue, l'agriculture, véritable bouc émissaire, va arrêter de nourrir la population. On verra ce qu'en pensent les chercheurs du CNRS : ils pourront faire une étude sur le temps que peut tenir l'être humain sans manger ! »

Colibri : « Peu d'entre vous parlent du problème des chats errants issus d'une reproduction incontrôlée des espèces domestiques. Ce sont de redoutables prédateurs. J'ai eu l'occasion de faire des comptages de nuit avec une fédération de chasseurs et le nombre de chats aperçus, même de loin, dans les villages est impressionnant. Le Muséum d'histoire naturelle a déjà évoqué ce problème mais les journalistes, démagos au nom de l'audimat, préfèrent accuser les agriculteurs. »

Ce sont plutôt les prédateurs qui ont disparu...

Lavoine : « Vous oubliez de parler de l'explosion des rapaces qui dévorent beaucoup de passereaux, mais aussi de lièvres, lapins et mulots. J'ai une ferme où il y a énormément d'hirondelles pour la simple et bonne raison que nous leur donnons de l'eau à disposition dès le 10 avril afin qu'elles puissent bâtir leur nid. »

laurent.lheure@sfr.fr : « Que pensez-vous des busards lâchés en masse ? Évidemment, ils sont protégés ! Alors, faut pas s'étonner, puisque ce sont des prédateurs qui bouffent tout ce qui vole... »

Steph18 : « Je suis céréalier et éleveur, et je peux vous garantir que des oiseaux, il y en a encore. Quand j'entre dans ma stabulation, une dizaine de pigeons décollent pour rejoindre des centaines de congénères dans mes champs. La nuit, quand je vais voir mes vaches, j'entends les chouettes crier à tue-tête. Et d'adorables petites hirondelles viennent nicher dans mes étables. L'agriculture est devenue la proie de tous ces écolo-bobo-technocrates, qui dirigent malheureusement notre pays. »

PàgraT : « Ce n'est pas innocent si cette étude a été menée dans une zone de grandes cultures. Dans les régions d'élevage, les résultats seraient nettement différents, grâce notamment à la présence de prairies, haies et pièces d'eau. Si globalement, je suis d'accord avec vous sur les mécanismes favorisant ce phénomène, l'agriculture de conservation permettrait de l'enrayer. De plus en plus d'agriculteurs s'y intéressent ! »

L'agribashing, ça suffit...

Christian : « On peut dire ce que l'on veut. La disparition de la macrofaune provient du raccourcissement des chaînes de dégradation de la matière organique (incinération des ordures, tout-à-l'égout, station d'épuration, compostage centralisé, balayage, industrie agroalimentaire) et d'une politique de gestion des sols favorisant la désertification (mélange des horizons, pas de retour à la terre, pesticides, récolte totale, engrais minéraux, drainages, canalisations). La macrofaune disparaît car il n'y a plus de microfaune à consommer. La matière organique se minéralise et fiche le camp dans l'atmosphère plutôt que de rester séquestrée par le vivant dans la microfaune et la microflore, ce en ville comme en zone agricole. Quand un sol perd 100 kg de CO2, on détruit une quantité proportionnelle de micro-organismes. L'agriculture est responsable au même titre que l'urbanisation. Pinailler à la Parisienne sur des données s'étalant sur 25 ans en parlant d'un problème qui a démarré avec l'exode rural il y a 200 ans, ou émettre des hypothèses aussi farfelues que la 3G, n'y changera rien. On a perdu 60 % d'oiseaux en 25 ans ? Combien en 200 ans ? Discutez avec nos anciens plutôt que de faire confiance à des technocrates. »

Baldin : « C'est triste pour les p'tits zozios, comme pour les gens atteints de Parkinson. Tant que les agriculteurs ou leur famille ne sont pas touchés directement, ils n'en ont rien à battre, ils pulvérisent ! »

MDR : « Ben oui, tout le monde connaît les effets bénéfiques des anti-limaces qui, au passage, détruisent tous les mollusques sans distinction. Et que dire des anti-parasitaires à base d'Ivermectine ? Sont-ils sans danger pour les coprophages ? Merci pour tout ce que vous faites, les agris ! Sans vous, la biodiversité serait menacée... »

PàgraT : « Et vous pensez que les aigrettes que je vois depuis ma fenêtre font la distinction entre les espèces ! Quant à l'Ivermectine, elle est utilisée avec parcimonie, principalement sur les jeunes animaux, avant qu'ils n'acquièrent une relative immunité. »

Steph72 : « Les généralités, ça suffit surtout de la part d'un soit-disant agriculteur !!!! Il y a de plus en plus de producteurs conventionnels qui cherchent des alternatives aux anti-parasitaires chimiques. L'anti-limace est aussi utilisé chez les jardiniers et à bien plus forte dose. »

... y'en a Marre de tous ces citadins, donneurs de leçons !

MDR : « Mais bien sûr, c'est bien connu, l'utilisation des pesticides combinée à l'arrachage des haies, la disparition des mares et l'assèchement des zones humides favorisent la biodiversité... »

BG : « Il est bien connu que les boucs émissaires, lâchés dans la nature, mangent les oiseaux ! »

Stanis : « Mais bien sûr, les 75 % d'oiseaux qui disparaissent en ville, c'est certainement à cause de l'agriculture urbaine ? »

Steph72 : « Ah, tous ces citadins qui viennent nous donner des leçons sur la biodiversité alors qu'on détruit les habitats de la faune sauvage pour construire des autoroutes, lignes de TGV et zones commerciales... Quelle hypocrisie ! »

Mensonges : « Nous plantons à tour de bras des haies, même là où il n'y en avait quasiment pas auparavant. Nous mettons moins de phytos. Pour parler de ces fameuses buses, que nos grands-parents ne connaissaient pas, elles détruisent une compagnie de perdrix en moins de 15 jours ! Alors, arrêtez de dire des c... La perdrix est l'animal qui semble le plus souffrir dans les campagnes et elle est totalement absente en ville !! Mon voisin en a lâché 100 et n'en a prélevé que 6 pendant la saison de chasse. La faute aux buses et corbeaux, des espèces autrefois chassées... »

Éduquer les écolos bobos sur les réseaux sociaux

Bruno : « J'ai lu cette vague ignoble anti-insecticides, comme les précédentes contre le glyphosate et les néonicotinoïdes. Mais, vu le peu de réponse et de soutien à mes commentaires sur Orange à propos de ces articles, je dois être le seul exploitant agricole à avoir un clavier... »

Éric17 : « Moi, je suis sur Yahoo. Nous sommes seulement trois agriculteurs (ou retraités de l'agriculture) à éduquer les bobos, c'est vraiment dommage. L'autre jour, il y en a une qui m'a dit qu'un nouvel OGM avait été découvert, le Dicamba. Au début, je me suis foutu de sa g... mais comme elle n'avait pas l'air de bien comprendre, elle a eu droit à un petit cours technique. Même Cécile Duflot, lorsqu'elle était ministre, en a eu un sur la phytodégradation des molécules phytopharmaceutiques. »

Pipo : « En proportion, les agriculteurs sont plus connectés que le reste de la population. Ce n'est donc pas une question de présence sur les réseaux sociaux mais plutôt qu'il n'y a pas une mais plusieurs agricultures qui cohabitent, avec des intérêts différents, voire opposés. Exemple : l'ouverture des frontières pour exporter est bénéfiques aux viticulteurs, beaucoup moins aux producteurs allaitants, qui doivent être protégés des importations low-cost faisant chuter les cours intérieurs par des contrôles stricts aux frontières. Les agriculteurs ayant des intérêts divergents, difficile de parler d'une seule voix, y compris sur les réseaux. »

Jean : « Bravo pour cet article. Nous avons besoin d'info et de soutien. Même dans la presse agricole, on se fait bouffer par les bobos écolos qui viennent nous faire la morale au lieu d'aller chercher les vérités qui souvent innocentent les exploitants agricoles. En février 2012, quand il faisait - 20°, j'ai téléphoné à une personne qui observe les oiseaux l'été. J'étais inquiet de voir de nombreux oiseaux manger le front d'attaque de mon silo de maïs. À ma grande surprise, ce militant de la LPO m'a détaillé tous les services que les agriculteurs rendent aux oiseaux. Nos bâtiments, nos piles de bottes de foin et de paille, nos animaux, le maintien de nos exploitations vivantes est un enjeu pour beaucoup d'espèces d'oiseaux. »


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