; Foncier cher, investissements lourds, prix bas, agribashing en Belgique

Ils font l'agriculture européenne Fabrice, Belgique : « Un an sur deux, on perd de l'argent en blé »

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Commençons notre tour de l'agriculture européenne, grâce au livre "Le tour d'Europe des dynamiques agricoles" de Christophe Dequidt et Alain Bonjean, par la Belgique. Les problématiques auxquelles se trouve confronté Fabrice, agriculteur depuis un peu plus de dix ans, sont-elles les mêmes qu'en France ? Quelques éléments de réponse.

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Si son père ne lui avait par transmis progressivement la ferme familiale en Wallonie, par donation, Fabrice n'aurait pas pu réaliser son « rêve de gosse » : devenir agriculteur, un métier qui l'a « toujours passionné ». Car le prix des terres agricoles en Belgique est encore plus exorbitant que chez nous : 60 000 €/ha en moyenne, voire parfois plus de 80 000 €. Et le jeune homme, qui loue une partie des terres, paie 450 €/ha de fermage. Il n'est pas pour autant « tenté », comme certains exploitants agricoles belges, « d'aller cultiver ailleurs, en France notamment ». « Il y a suffisamment à faire ici ! », lance-t-il. 

L'exploitation en bref

  • SAU : 210 ha (160 ha en propriété)
  • Cultures : céréales (froment, orge), betterave, chicorée, légumes de plein champ

Avant de reprendre l'exploitation en 2010, il a été salarié 10 ans à l'extérieur. « Une expérience qui m'aide au quotidien dans ma prise de décision », reconnaît-il. D'ailleurs, un an après son installation, il a monté une Cuma avec quatre autres producteurs alors que ces structures sont plutôt rares dans le pays. « Travailler tout seul devient très difficile tant les investissements dans le matériel agricole sont lourds, explique-t-il. Cela m'a permis de faire évoluer considérablement la ferme et le travail. En plus, nous nous soutenons moralement : nous discutons et nous entraidons beaucoup. » Ils achètent même des intrants en commun dans la seule coopérative qui subsiste en Belgique et dont Fabrice est vice-président. 

Accès difficile au foncier, poids des investissements, en équipement et machines en particulier : s'installer en agriculture ne semble pas plus simple en Belgique qu'en France, d'autant que les organisations collectives (Cuma, coopératives, etc.) sont moins présentes. Dans les deux pays, les jeunes, et les agriculteurs dans leur ensemble, sont confrontés à d'autres difficultés similaires.

  • Coûts de production élevés, qui contraignent entre autres Patrice et ses collègues de la Cuma à ne presque plus cultiver de blé et à en faire une tête de rotation, sans quoi « un an sur deux, on perd de l'argent », déplorent-ils.
  • Prix trop bas payés aux producteurs en raison de la pression des industriels.
  • Agribashing des consommateurs et du gouvernement qui a instauré "la semaine sans phyto" et interdit certaines routes secondaires aux tracteurs.
  • Manque de soutien des générations précédentes.

D'où l'importance ici aussi, selon Fabrice, de « communiquer sur l'agriculture, ouvrir nos fermes, rencontrer les élus locaux. »

Retrouvez l'intégralité du témoignage de Fabrice, et une vingtaine d'autres ainsi que plein d'infos sur l'agriculture européenne, dans "Le tour d'Europe des dynamiques agricoles", disponible sur le site internet des éditions France Agricole.

livre le tour d europe des dynamiques agricoles de christophe dequidt

Lire aussi l'interview de Christophe Dequidt, à propos de ce livre :
« Agriculture : un mot en voie de disparation »

Découvrez ou redécouvrez la série de portraits de jeunes agriculteurs français, réalisée à partir de son livre "Le tour de France des jeunes talents de l'agriculture":
[Témoignages] Jeunes talents − Des idées et de la motivation à revendre

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