Paroles de lecteurs Faire du bio ou non : le choix appartient aux producteurs !

Terre-net Média

Alors le gouvernement a présenté fin juin son plan Ambition bio, destiné à faire passer de 6,5 à 15 % la part de la SAU française en bio d'ici 2022, les financements alloués seraient suffisants selon plusieurs associations et syndicats agricoles. Le maintien des aides a d'ailleurs été menacé à plusieurs reprises ces derniers mois. Des soutiens qui sont loin de faire l'unanimité chez les lecteurs de Terre-net...

paroles de lecteurs bio« Encourager les agriculteurs à faire du bio, pourquoi pas mais il faut être sûr qu'ils gagnent leur vie et réguler l'offre par rapport aux besoins », met en garde Robin des champs. (©Terre-net Média)

Repenser les pratiques agricoles : « le bio, ce n'est pas du conventionnel avec moins de phytos ! »

Jaguar15 : « Les agriculteurs bio ne sont plus les "babacools" du Larzarc ! La plupart gèrent très bien leur ferme et sont très bons techniquement. Ils ont su garder le bon sens paysan alors que de nombreux exploitants conventionnels l'ont perdu à force de trop écouter les coopératives, qui cherchent uniquement à vendre leurs produits. »

Loïc : « Je ne suis pas en bio mais il est urgent de changer les pratiques agricoles. Le modèle des années 50 est mort ! Aujourd'hui, il faut se prendre en main et voir ce qui se passe chez les voisins au lieu de les critiquer, vous apprendrez certainement des choses utiles pour votre exploitation. Il faut échanger, parler de ses réussites et de ses échecs, toutes productions confondues, c'est comme ça qu'on avance et qu'on pourra sortir de la crise agricole. »

Camarje : « En bio, il faut repenser la façon de cultiver : rotations, associations, etc. Ce n'est pas du conventionnel avec moins de phytos et des produits autorisés en bio. Cela ne marchera pas dans le temps. Allez-y, c'est un très beau challenge, gratifiant pour les agriculteurs. »

Commentaires de plusieurs articles sur l'agriculture biologique, parus sur Terre-net et Web-agri au cours des derniers mois

Babast : « En AB, il faut être patient et attendre parfois quelques années avant d'obtenir les résultats technico-économiques escomptés. »

Youn 29 : « Avant d'entamer notre conversion, nous avions déjà commencé par apporter des bactéries au sol. Puis, nous avons utilisé des huiles essentielles pour la santé du troupeau. Oui, on peut faire autrement en agriculture bio que baisser la production. Nous travaillons autour des 3 A : Autonomie fourragère et énergétique (plus d'achat de soja par exemple), Anticipation pour avoir toujours des stocks d'aliment disponibles et enfin Action à la place des "y a qu'à faut qu'on". »

Moi-même : « L'État est bien content de trouver les agriculteurs bio pour faire de l'expérimentation grandeur nature puisqu'il finance plus d'études pour savoir si telle ou telle pratique est rentable. »

« Un marché qui profitent surtout aux industriels et aux GMS »

Moi-même : « Le marché du bio est surtout juteux pour les distributeurs et les intermédiaires, pas pour les producteurs comme d'habitude... »

Phil47 : « Les industriels et les distributeurs se sont accaparés le concept depuis un moment déjà parce qu'ils ont compris qu'ils peuvent augmenter leur marge grâce à ce phénomène de société. »

Tell 14 : « Même les coopératives cherchent à reprendre la main sur le bio en développant des gammes spécifiques. Faut rester autonomes, sinon les producteurs bio travailleront pour rien ou plutôt pour les coops. L'un des intérêts du bio est de redevenir le patron. En plus, tu mets moins de phytos, tes vaches font cinq lactations, ton banquier ne te fait plus d'emprunt court terme et tes relations avec tes voisins s'améliorent. »

Pour certains lecteurs, les aides à la production biologique sont justifiées, pour d'autres non

Mouarf : « Sans les subventions, le bio n'existerait pas, même en céréales. Retenez bien : bio = subventions, sinon c'est disparition ! » 

Gibero : « Pourquoi rogner chaque fois sur le budget du 1er pilier de la Pac pour honorer les aides à l'agriculture bio ? »

Phil47 : « S'il faut des aides sur le long terme, c'est que le bio n'est pas rentable. Alors pourquoi se convertir ? »

Jglespinasse : « Pourquoi ils veulent des aides au maintien de l'agriculture biologique ? Ils passent tous les quatre matins à la télé et font croire aux bobos parisiens qu'ils gagnent plus d'argent qu'en conventionnel. »

Rutabaga : « Sachant que l'État veut développer les cultures bio, il faut s'attendre à une réorientation des aides Pac, octroyées aux producteurs conventionnels, vers les producteurs bio. »

Maxens : « C'est très bien et normal de soutenir les producteurs pendant la période de conversion où les rendements chutent mais où ils sont payés comme en conventionnel. Après, s'il y a autant de demande qu'on le dit, le marché devrait être rémunérateur, pas besoin d'aide ! Si faire du bio, c'est dépendre de prix au ras des pâquerettes compensés par des primes, il faut arrêter de dire que les consommateurs veulent du bio dans leur assiette. Ils veulent juste manger pour pas cher ! Je ne comprends pas pourquoi les bio s'obstinent à vouloir rentrer dans le même schéma catastrophique de primes qu'en conventionnel. Revendiquez un prix sinon tôt ou tard, vous mourrez aussi. »

Paulber : « Les produits de l'agriculture biologique, plus coûteux à obtenir, sont naturellement destinés aux consommateurs aisés. Il est injuste de subventionner l'alimentation des bobos. Ces subventions devraient plutôt être réservées aux Restos du cœur ou aux éleveurs qui ont de graves difficultés financières. L'agriculture conventionnelle produit aussi une alimentation saine, ne l'oublions pas ! » 

Loïc : « C'est normal que les producteurs bio touchent des aides, car ce mode de production exige beaucoup plus de technicité, d'observation et de recherche qu'en conventionnel où beaucoup se réfugient derrière les conseils du technico de la coop ou du négoce. »

Moi-même : « Sans oublier le cahier des charges du bio et son lot de contraintes ! »

Lebonmayennais : « J'ai fait du bio pendant plus de 30 ans, sans primes, et je ne m'en suis pas si mal sorti ! »

Éric C : « Le gouvernement, en baissant les aides à l'agriculture bio, condamne ceux qui se lancent dans un défi important, répondant à la demande des consommateurs, qui exigent une agriculture moins nocive pour la santé et l'environnement. »

Jb19 : « Diminuons les aides à la production biologique et la France regardera les autres pays développer leur filière, comme c'est le cas malheureusement dans de nombreux domaines. »

Se convertir au bio d'abord pour des raisons éthiques et pas seulement pour des motivations économiques

Lebiopaspourmoi : « De plus en plus d'agriculteurs se dirigent vers le bio pour toucher les aides à la conversion. Attention, elles pourraient bien baisser drastiquement, tout comme les prix d'ailleurs si l'offre augmente trop fortement. Je ne dis pas que le bio est mauvais, bien au contraire. J'explique simplement qu'il ne faut pas passer en bio juste pour gagner sa vie. Il faut être convaincu du système. Si 25 % des éleveurs laitiers se convertissent au bio, la différence de prix par rapport au lait conventionnel risque de diminuer allègrement. Quelle sera alors la rentabilité du bio ? »

Jewel : « Si les ressources financières se tarissent, la courbe des candidats au bio devrait suivre inexorablement. »

Dairy sur le forum Web-agri : « Économiquement, le bio n'est pas forcément meilleur qu'un système conventionnel économe basé sur le pâturage. En bio, la marge brute au litre de lait reste supérieure, c'est indéniable mais ramenée à l'hectare, celle-ci est nettement en dessous. Il s'agit de chiffres moyens bien sûr, certains éleveurs bio sont au-dessus. Pour moi, le bio est un choix de production et doit s'envisager pour des raisons éthiques, certainement pas pour compenser la chute du prix en lait conventionnel. »

Pierre : « Vous voulez savoir pourquoi de plus en plus d'exploitants agricoles s'orientent vers le bio ? C'est parce qu'ils sont ruinés à force de travailler à perte et n'ont plus d'argent pour acheter les intrants. »

Mono : « Dans ces néo-bio, comment retourneront en conventionnel quand ils ne toucheront plus d'aide ? »

Gagne-t-on réellement mieux sa vie en agriculture biologique ?

Mouarf : « Le prix ne fait pas tout, il faut prendre en compte le rendement. Au niveau du chiffre d'affaires, cela fait la différence ! S'ils ont augmenté en bio, ils restent très en deçà de ceux réalisés en conventionnel. »

Phil47 : « En bio, on ne ne fait pas de la marge avec le rendement mais avec un prix que l'on maîtrise, en diminuant notamment le recours aux produits phytos. »

Mouchy : « C'est la technicité et la mécanisation qui permettent à l'agriculture d'être compétitive ! Compte tenu du coût de la main-d'œuvre en France et du besoin de main-d'œuvre en production biologique, je ne donne pas cher de la filière bio chez nous ! Sauf à coup de subventions comme d'habitude ! »

Maxens : « Arrêtons de faire rêver : les prix et la rémunération des producteurs en bio ne tiennent que parce que l'offre est inférieure à la demande. »

Rutabaga : « Allez voir en Europe de l'Est : avec les subventions de la Pac et des capitaux suisses, de grandes fermes passent au bio. Dans peu de temps, leurs produits arriveront chez nous, moins chers que les nôtres, en raison d'un prix de revient beaucoup plus faible, en particulier en termes de main-d'œuvre. Le marché du bio sera un jour saturé, avec des produits venant de partout, et les producteurs français perdront leur valeur ajoutée. Avec Bruxelles, c'est toujours le moins cher qui gagne, sans se soucier ni de l'humain, ni de l'économie (l'UE creuse son déficit commercial). »

Gouvernement, presse, associations, consommateurs n'ont que le mot "bio" à la bouche

Tell14 : « On ne parle que du bio ! Cela signifie-t-il que les producteurs conventionnels travaillent mal ? »

DRD : « Parfois, ça frise l'endoctrinement. Le gouvernement, la presse, les associations... tout le monde encense le bio. L'agriculture conventionnelle aussi progresse chaque jour. »

Farmer50 : « Le citoyen lambda retient que les animaux sont mieux traités et les champs moins pollués en bio. Or, il y a des agris, bio comme conventionnels, qui font bien leur boulot et d'autres, bio comme conventionnels, qui font n'importe quoi. Il faut avoir conscience que les pratiques actuelles sont, pour beaucoup, la conséquence de l'acte d'achat du consommateur. »

Sarkosporidiose : « Avec notre ministre de l'environnement qui veut interdire tous les produits phytos, tout le monde devra passer au bio d'ici 2025 ! Et 90 % des agris mettront la clé sous la porte ! »

Robin des champs : « Encourager les agriculteurs à faire du bio, pourquoi pas mais si on est sûr qu'ils peuvent gagner leur vie et en régulant l'offre par rapport aux besoins. Par ailleurs, je voudrais rappeler que les exploitants agricoles n'ont pas imposé l'agriculture intensive à la société, mais que c'est plutôt cette dernière qui ne leur donne aucune autre alternative économique. Souvenez-vous, 50 ans d'agriculture intensive ont permis de nourrir les gens à bas prix. »

The germs : « On ne peut pas reprocher aux agriculteurs de passer en bio alors que c'est ce qu'on leur demande tous les jours... C'est inévitable, si l'on veut en faire un produit de consommation courante, le bio va perde son âme ! »

« En production biologique, il y a quand même des phytos »

MDR : « Certains produits phytosanitaires ou vétérinaires, autorisés en bio, sont malgré tout toxiques et rémanents. Leur utilisation dans ce mode de production devrait être davantage contrôlée. Même si les délais d'attente sont augmentés, on pourrait peut-être un jour retrouver ces substances dans le lait, la viande ou les céréales... » 

Moi-même : « Rien n'est ni tout blanc, ni tout noir. Le bio n'est pas sans chimie, comme le croient de nombreux citadins. Il utilise du soufre et du cuivre, qui sont toxiques. » 

Pourra-t-on nourrir la planète qu'avec le bio ?

Kiki : « Sans les phytos, beaucoup ne mangeraient pas à leur faim. »

Gibero : « Une agriculture 100 % bio  conduira inexorablement à des émeutes de la faim. Le modèle conventionnel assure la paix sociale, mais n'est malheureusement pas récompensé pour ça. »

PàgraT : « Si l'agriculture productive n'empêche pas la faim dans le monde, les rendements aléatoires du bio interrogent encore davantage ! » 

The germs : « En France, on va tous être bio pour faire bien et on importera pour que les Français puissent manger ! »

Attention de ne pas devenir trop sectaire : il n'y a pas qu'un seul modèle agricole !

Agri44 : « Les puristes n'ont pas attendu les primes pour devenir bio et je les respecte car toutes les agricultures ont leur place. Mais certains aujourd'hui sont à la limite du mouvement sectaire et leur portent préjudice. »

Mono : « Nous sommes passés au bio en 1998. Il a fallu batailler, partir à l'aventure complète. Les banques n'y croyaient pas et les aides étaient trois fois moins importantes qu'en conventionnel. Nous sommes contents du travail accompli, mais pas de ce que devient le bio, ni l'agriculture en général d'ailleurs. » 

Zozzo :  « Arrêtez de vouloir un seul modèle agricole qui corresponde à vos seules aspirations ! Soyez plus ouverts et acceptez qu'il y ait plusieurs types d'agriculture ! »

Phil47 : « Je ne suis pas en bio. Mais je vends mes productions à plusieurs GMS, magasins et bien sûr en direct. J'explique comment je produis et je montre que je suis fier de mon métier. Et je maîtrise mes prix. C'est plus de travail, mais plus de satisfaction aussi. » 

Sanglier72 : « Que d'avis contraires ! Alors, on choisit quoi, le conventionnel qui n'arrive plus à faire vivre les agriculteurs ou le bio qui va dans le mur ? À mon avis, chacun doit faire ce qu'il lui plaît dans le respect de l'autre. À méditer... »

Maxens : « Le seul combat à mener est d'obtenir des prix rémunérateurs pour tous les agriculteurs, bio et conventionnels, pour ne plus dépendre uniquement des aides, amenées à fluctuer du fait des contraintes budgétaires. 

Tell14 : « Une solution pour s'en sortir serait, plus que le bio, davantage d'autonomie : pour l'alimentation du troupeau, les itinéraires culturaux et la prise de décision en général. » 

AgriCher : « Les médias et les politiques veulent nous diviser entre bio/conventionnels alors que l'on fait le même métier et que aucun d'entre nous n'a intérêt à empoisonner les gens ou l'environnement puisque les premiers impactés par les critiques des bobos, c'est nous. Le problème, ce sont nos responsables politiques. On ne sait pas sur quel pied danser. Un jour, ils nous promettent des aides, le lendemain, ils reviennent sur leur décision. Quel autre secteur économique accepterait cela ? »

Patrice Brachet : « Bio ou conventionnel, l'important est de vivre du métier que l'on a choisi, ce qui n'est bien souvent pas le cas actuellement. Ce qui est sûr, c'est que demain, il n'y a plus de place pour tout le monde ! Et plus vos productions répondront aux attentes des consommateurs, plus vous aurez de chance de continuer à faire le métier que vous avez choisi. » 

L'opposition bio/conventionnel fait écho à l'éternelle rivalité céréaliers/éleveurs, par exemple au sujet des aides Pac comme évoqué dans : Paroles de lecteurs − La baisse des aides Pac ravive l'éternelle guéguerre entre céréaliers/éleveurs

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