Paroles de lecteurs Foncier : les agriculteurs français redoutent l'arrivée en force des Chinois

Terre-net Média

L'achat de 1 700 hectares de terres agricoles dans l'Indre par une société chinoise a provoqué une levée de boucliers parmi les lecteurs de Terre-net, comme en attestent les nombreux commentaires. Extraits.

Parcelles agricoles vues de hautFaute de prix rémunérateurs, les agriculteurs ont de plus en plus de difficultés
à acheter des terres. (©Terre-net Média)

Robin des champs : « Il y a peu de temps, des agriculteurs français ont eu la possibilité d’acheter des parcelles en Roumanie par exemple ou dans d’autres pays. La mondialisation empêche donc toute protection du foncier agricole. Ainsi, dans les années qui viennent, les exploitants français regarderont les Chinois exploiter la terre de leurs parents et grands-parents. Car en France, tout est fait pour qu’ils ne puissent plus acquérir de terres... La conserver est déjà devenu tellement compliqué ! »

Rutabaga : « Une conséquence de la crise agricole. Que fait le gouvernement, à part sauver ses fins de mois ? L’aéroport de Toulouse a été vendu aux Chinois, tout comme le Club Med et une partie de PSA, pour ce que nous savons. Suivront peut-être les aéroports de Nice et de Lyon. Nous sommes en démocratie, nous devons exiger la publication de ces accords de vente. »

Pascal : « Notre pays n’a plus qu’à modifier ses lois concernant l’achat de terres par des étrangers, avec rétroactivité sur les opérations récentes comme dans l’Indre. Sauvons notre patrimoine ! »

Robin des champs : « Avec des prix à la production d’il y a 40 ans, les agriculteurs ne peuvent plus acheter de foncier. Le problème est là. Les producteurs continueront donc de disparaître mécaniquement. »

Yann : « Napoléon disait déjà : "Laissons la Chine dormir, car quand elle s'éveillera, le monde tremblera..." »

« Quel Français peut acheter 500 ha de terres à 10 000 €/ha ? » 

Ceres : « Dans 20 ans, entre la vente de terres aux étrangers et leur bétonisation pour construire des usines à touristes comme EuropaCity ou Center Parcs, la France ne pourra plus nourrir sa population et deviendra dépendante des importations de la Chine ! Fini le "Made in France" ! Ces opérations foncières semblent bien connues de certains, dont la FNSEA. Mais alors, que fait-elle contre ce racket ? Jusqu’à présent, rien. Je n’ose penser qu’elle puisse y trouver un intérêt, ce serait vraiment trop moche ! Le Foll et l’État en général n’agissent pas davantage. C’est un pur scandale. Un quatrième achat de terres de ce type est déjà prévu ! »

Marco Polo : « Le péril jaune serait-il en marche ? »

Frédéric : « Les Chinois, soyez les bienvenus ! Achetez nos terres 14 000 ou 16 000 €/ha ! Nous pourrons payer nos dettes et cesser notre métier. »

Agri77 : « Tout cela était prévisible ! La FNSEA encourage l’agrandissement et se retrouve prise à son propre jeu. C’est bizarre, des moyennes et des grandes structures ont déjà été achetées par des étrangers dans l’Indre (Hollandais, Belges, Danois) mais personne n’a bougé à la Fédé. Mais quand ce sont des Chinois, on se réveille et on crie au scandale ! Quel Français peut acheter 500 ha à 10 000 €/ha ? Les investisseurs français investissent partout sauf en France. Malgré tout, il faut peut-être voir ces transactions comme des opportunités. Si les Chinois achètent pour produire et expédier les denrées chez eux, c’est de la camelote en moins sur le marché et les prix pourraient remonter. »

Robin des champs : « Dans le sondage paru sur Terre-net, qui demande aux agriculteurs quelle serait leur priorité si des terres qu’ils louent étaient à vendre à la fin du bail, 73 % ont bien sûr répondu les acheter. Or, de source bancaire, très peu d’exploitants sont en mesure d’acquérir le foncier qu'ils cultivent. Stéphane Le Foll veut encourager l’installation alors que tout le monde sait que les jeunes ne s’en sortiront pas financièrement. Pour être agriculteur en 2016, il faut gagner au loto. Seuls les producteurs, dont la structure est largement bénéficiaire, peuvent acheter des terres. Voter des lois pour favoriser l’installation ne sert à rien tant que les prix des produits agricoles ne sont pas plus rémunérateurs. L’agrandissement des exploitations se poursuivra faute de candidat et les Chinois continueront de grignoter notre patrimoine agricole. » 


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