Produits phytosanitaires L’utilisation en hausse de 9,4 % en 2014 conforte Le Foll pour les certificats

Terre-net Média

Le suivi annuel du plan Ecophyto fait état d’une augmentation de 9,4 % de l’usage des produits phytosanitaires en 2014. Un chiffre qui conforte le ministre de l’agriculture à mettre en œuvre à partir de juillet 2016 le dispositif de certificats d’économies de produits phytosanitaires.

Pulvérisateur dans un champ pour un traitement phytosanitaireDans les 1 900 fermes du réseau Dephy, l'IFT a diminué ces trois dernières années. En grandes cultures et polyculture-élevage, l'indice a baissé de 10 %. (©Terre-net Média)

Malgré les ambitions affichées depuis le Grenelle de l’environnement en 2008, l’usage des produits phytosanitaires par les agriculteurs n’a pas baissé en 2014. Au contraire, selon les résultats annuels du suivi du plan Ecophyto publiés par le ministère de l’agriculture mardi 8 mars 2016, le recours aux produits phytos, évalué par le Nodu « usages agricoles » (nombre de doses unités) a augmenté de 9,3 % entre 2013 et 2014. Les quantités de substances actives (QSA) des usages agricoles, quant à elles, augmentent de 16 % entre 2013 et 2014. En 2013 déjà, l’utilisation de produits avait augmenté de 9,2 %.

Cette nouvelle hausse s’explique par « une pression élevée des maladies causées par des champignons ». L’année 2014 a été particulièrement humide. Après un hiver doux et humide, la fin de printemps tout aussi humide a été prolongée par un été similaire et plus frais que la normale. « Les conditions climatiques de 2014 ont favorisé les maladies sur les céréales et les légumes, et les ravageurs ont été particulièrement présents sur colza et en arboriculture fruitière », explique le ministère.

« Au niveau national, le recours aux produits phytosanitaires a augmenté de 5,8 % entre la période 2011-2012-2013 et la période 2012-2013-2014. Une analyse de l’évolution de l’indicateur de référence NODU (nombre de doses unités) par catégories de produits montre une augmentation du recours aux herbicides et aux fongicides. »

L’exemplarité des fermes Dephy

Dans sa note de suivi, le ministère de l’agriculture tient aussi à mettre en avant les bons résultats – et donc contrastés avec les résultats nationaux – enregistrés dans les 1 900 fermes de démonstration Dephy. « Parmi les résultats concrets recensés sur ce réseau, entre 2012 et 2014, le nombre de traitements moyen a diminué de 10 % en grandes cultures et polyculture-élevage, de 12 % en arboriculture et en viticulture, de 15 % en cultures légumières, de 38 % en horticulture et de 22 % en canne à sucre. En polyculture-élevage, arboriculture et viticulture, la moitié des exploitations engagées ont atteint, en trois ans, des systèmes économes en produits phytosanitaires. »

Relevons au passage que les résultats des fermes Dephy sont évalués par l’indice de fréquence de traitement. Pour ces fermes, le ministère n’évalue pas le Nodu comme il le fait pour la ferme France. Impossible, donc, d’évaluer le recours effectif de produits phytosanitaires dans ces fermes Dephy et de comparer leur consommation avec celle de l’ensemble de la ferme France.

Les CEPP seront bien mis en place en juillet 2016

Bien loin des objectifs de réduction affichés par le plan Ecophyto 2, à savoir - 25 % d’ici 2020 et - 50 % d’ici 2025, les résultats 2014 confortent encore davantage Stéphane Le Foll pour mettre en place à partir de juillet 2016 le dispositif des certificats d’économies de produits phytosanitaires (CEPP), malgré la forte opposition d’une partie de la profession (AGPM et FNSEA en tête).

Le ministère a prévu une réunion de concertation dans les prochains jours avec les acteurs concernés, agriculteurs compris, pour définir « les indicateurs des CEPP, le dispositif de pénalités et les modalités d’incitation ». Stéphane Le Foll attend de cette réunion des propositions d’ici fin mars.

Le ministre de l’agriculture veut aussi multiplier le nombre de fermes Dephy. Stéphane Le Foll veut porter le nombre de fermes à 3 000 – au lieu de 1 900 actuellement -  au plus vite. Et « pour avoir un effet de levier sur l’ensemble des exploitations françaises, il convient d’équiper, au plus vite, 30 000 exploitations en outils d’aide à la conduite d’exploitation développés au sein du réseau Dephy conforté et agrandi. »

Mise en place des CEPP : JA approuve, la CR très critique, la FNSEA et Orama vent debout

Au sein du syndicalisme majoritaire, les positions divergent sur le dispositif des certificats d’économies de produits phytos. Alors que Jeunes agriculteurs a affiché récemment son approbation à la mise en place du dispositif, la FNSEA et Orama y sont farouchement opposés. Il est même étonnant que le syndicat majoritaire s’affiche plus opposé aux CEPP que ne l’est la distribution agricole elle-même, directement visée par les objectifs de réduction des ventes. La CR, quant à elle, reste très critique et considère « un cadre de réflexion biaisé ».

Retrouvez toute l'actualité du plan Ecophyto 2

 


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