Brésil Le 2ème producteur mondial de bioéthanol relance l’industrie de la canne à sucre

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Avec 25,5 Mt d’éthanol produites, 2014 est une année record. Le nouveau plan de relance de la culture et de l’industrie de la canne à sucre vise à accroître de 40 % les volumes d’éthanol disponibles pour le transport.

Chantier de récolte de cannes à sucre.Chantier de récolte de cannes à sucre. (©lhpitombo)Le Brésil a décidé d’accélérer le développement de nouvelles technologies afin d’accroître l’efficacité agricole de la filière cannière en obtenant de meilleurs gains de productivité et de meilleurs rendements en sucre et en alcool.

Le second producteur mondial d’éthanol envisage pour cela le recours à des pratiques culturales innovantes (agriculture de précision) et à la mise au point de nouvelles variétés transgéniques.

Selon la 29ème édition du "Cyclope, marchés des matières premières" coordonné par Philippe Chalmin, le programme de relance se concentre aussi sur le développement de machines, la plantation, la logistique et la planification de la production. « Si la productivité de la récolte cannière renoue avec un taux de croissance de 3 % par an, 40 % d’éthanol supplémentaire pourraient être produits jusqu’au début de la prochaine décennie ».    

Depuis 2012, la production d’éthanol se redresse après avoir chuté de 6 millions de litres en 2011. Elle atteint 25,5 milliards de Mt cette année (source Iso).

Cette production répond à la demande croissante de biocarburants nécessaires pour faire rouler le parc automobile brésilien. La part d’éthanol anhydre dans l’essence est dorénavant de 25 % depuis le 1er mai dernier. Et le fort potentiel de développement de la flotte flex-fuel tire la production d’éthanol hydraté à la hausse. Elle pourrait représenter 80 % des véhicules en circulation d’ici la fin de la décennie.

L'éthanol en compétition avec l'essence

La préférence des Brésiliens pour l’éthanol pour remplir le réservoir de leurs voitures dépend de son coût de production par rapport au prix de l’essence. S'il est inférieur à 60 % de ce dernier, l’éthanol est attractif. Or à la fin de l’année passée, il était équivalent à 68 % car le prix de gros de l’essence décidé par le gouvernement n’était pas suffisamment élevé. Dans ces conditions, une vingtaine de distilleries pourraient fermer en plus des 50 déjà en cessation d’activité depuis 2007.

Pour rendre le biocarburant plus compétitif, l’association des producteurs de cannes à sucre défend un alignement des prix du diesel et de l’essence pratiqués au Brésil sur celui des cours mondiaux. Mais le gouvernement craint qu’une telle mesure relance l’inflation. L’an passé, ils étaient inférieurs de 20 % environ.

A l’export, le Brésil est pénalisé par les restrictions imposées par les Etats-Unis. En cherchant à être plus autonomes, ils préféreraient réduire les importations de biocarburants à faible émission de gaz à effet de serre même si une telle décision conduit à une utilisation accrue de combustibles fossiles. 

Article réalisé d'après la 29ème édition du « Cyclope, marchés des matières premières » coordonné par Philippe Chalmin.

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