Brésil 1er exportateur mondial de soja, de viande bovine et de volailles

Terre-net Média

Grand producteur d’un nombre réduit de matières premières agricoles, le Brésil est très dépendant des marchés à l’export. Et le développement de l’agriculture exportatrice ne profite qu’à une minorité d’agriculteurs.

Good gir cow, ccccccc La production de lait ne couvre pas les besoins de la population brésilienne. Les produits laitiers font partie des rares denrées dont le Brésil est un importateur net. (©lhpitombo)

Avec 8,5 millions de km², la superficie du Brésil représente 17 fois celle de la France. 360 millions d’hectares (Mha - soit 42 % de la superficie) sont occupés par la forêt amazonienne et 265 Mha par l’agriculture, dont 160 Mha de pâturages.

Le Brésil est devenu un grand producteur de matières premières agricoles très spécialisé et très dépendant des marchés à l’export. Mais le développement de l’agriculture exportatrice ne profite qu’à une minorité d’agriculteurs et il repose sur une forte dépendance aux importations d’engrais (90 % du potassium consommé par exemple). Enfin, le coût du travail reste faible et les salariés ne sont pas protégés par une législation du travail appropriée.

La production de grains a été multipliée par 2,4 entre 1991 et 2008, alors que les surfaces cultivées ne l’ont été que de 1,2. Celles de volailles, de soja, de maïs, de canne à sucre ou encore de viande de porc ont aussi augmenté dans des proportions impressionnantes avec une hausse de la productivité de 150 %.

Le Brésil se partage la première place de producteur mondial de soja avec les Etats-Unis mais il est bien en tête pour la canne à sucre.

Il est le premier exportateur mondial de fèves (44 Mt en 2013/2014 soit une hausse de 50 % en cinq ans) essentiellement vers la Chine, premier importateur mondial (70 Mt ; + 30 Mt en cinq ans).

60 % des exportations de soja en Chine

En productions animales, le palmarès est impressionnant mais les clés de la réussite du Brésil reposent, entre autres, sur des normes de production très légères et sur un coût du travail plus faible que dans l’hémisphère nord même si les salaires ont fortement progressé.

Le pays est ainsi en tête des exportateurs mondiaux de volailles (3,9 Mt) et de viande bovine (1,8 Mt vendues) et respectivement le 3e (12,7 Mt) et 2e (9,6 Mt) producteur de la planète. Quant à la viande porcine, le Brésil occupe à la fois la 4e place comme producteur (3.4 Mt) et exportateur (600.000 tonnes contre 3,1 Mt pour l’Union européenne).

Le Centre-ouest (plateau central du Cerrado), le Sudeste et le Sud sont les trois régions brésiliennes les plus productives.

Se sont ainsi développés dans la région du Centre-ouest, l’élevage bovin mais aussi la culture du soja, du maïs, du coton et de l’eucalyptus. Et au Sudeste, les cultures de café, l’élevage et la canne à sucre. Quant à la région Sud, celle-ci s’est spécialisée dans la production de grains et les élevages de volailles et de porc.

Un déficit d'infrastructures très important

Le Brésil est cependant victime de son développement avec un déficit notoire en infrastructures nécessaires pour désenclaver les territoires les plus reculés.

Concrètement, ce déficit se traduit par un engorgement des ports en période de récolte, par des routes déficientes et par l’absence de trafic ferroviaire approprié. Le transport fluvial est inexistant et les capacités de stockage insuffisantes.

Enfin, la déforestation massive, l’emploi d’engrais chimiques et l’émission de gaz liés au brulis de la canne remettent en cause la durabilité environnementale mais aussi financière des choix de production opérés. Les agriculteurs sont fortement endettés. Le Brésil a été classé 6e émetteur mondial de gaz en décembre 2011.

Aujourd’hui, l’enjeu de la sécurité alimentaire au Brésil n’est donc pas un problème quantitatif mais de répartition. En productions animales, seuls les animaux exportés sont soumis à des contrôles sanitaires stricts (6,5 millions de bovins sur les 8,5 millions abattus).

Une meilleure gestion des ressources, pourtant abondantes est un défi important face à un urbanisme croissant, une population rurale en fort déclin et à de très fortes inégalités socio-économiques.

D'après des extraits de "Entre croissance et durabilité : quel modèle de développement agricole au Brésil ?" (ministère de l'Agriculture) et "Politiques agricoles à travers le monde – le Brésil" (ministère de l’Agriculture).

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