Tournesols VrTH Les « faucheurs » de l'Hérault appellent à semer des plants de tournesol bio

AFP

Les « faucheurs » d'OGM de l'Hérault ont lancé mercredi un appel aux consommateurs à venir récupérer des graines et des plants bio pour contrer la prolifération de tournesols rendus tolérants aux herbicides grâce à de nouvelles techniques utilisées par les semenciers.

« Nous invitons les consommateurs à venir récupérer, les jours de marché à travers l'Hérault, des graines et des plants bio à semer ou planter partout : jardins, bords de rivière, jardinières municipales, ronds-points, etc », a expliqué à l'AFP Antoine, membre des « faucheurs » héraultais. « Cette opération, qui avait été menée il y a quelques années dans les Pyrénées-Orientales, a déjà commencé dans l'Hérault et nous espérons qu'elle débordera au moins sur le Gard et l'Aude », ajoute-t-il.

Les « faucheurs » soulignent dans un communiqué publié mercredi qu'en juillet 2018, la Cour européenne de justice « a confirmé que les variétés de semences de tournesol et de colza rendues tolérantes aux herbicides par les nouvelles techniques de mutagenèse (VrTH, plantes mutées pour tolérer des herbicides), sont des OGM ». « Nous constatons qu'en France, cette décision n'est suivie d'aucune interdiction alors que la loi française impose 0 % d'OGM dans les champs », déplorent-ils. « Les semenciers continuent à produire ces semences de VrTH et de nombreux agriculteurs à les semer alors que ce sont de véritables éponges à herbicides », poursuivent-ils.

« Ces tournesols sont destinés à être pulvérisés de désherbant. Les semences sont enrobées de fongicide et la terre est "nettoyée" par un insecticide », accusent-ils. « Les insectes pollinisateurs, attirés par ces belles fleurs jaunes, meurent par empoisonnement. Ces herbicides contaminent les sols, l'eau que nous buvons, l'air que nous respirons et les aliments que nous mangeons », affirment-ils, appelant à une « contre-offensive ».

« Pour contrecarrer la production massive de semences de tournesol VrTH dans notre département, nous avons décidé de les contaminer en semant à proximité des plants de tournesol bio », expliquent-ils encore. « Nos amies les abeilles vont nous servir de chevaux de Troie : en allant malheureusement probablement mourir sur ces champs saturés d'herbicide, elles apporteront avec elles du pollen prélevé sur les plants bio alentours. Ainsi elles contamineront, par ce pollen, les semences mères des champs d'OGM ».


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