Paroles de lecteurs Le défi des départs en retraite massifs, c'est maintenant !

Terre-net Média

La Mutualité sociale agricole ne doit pas attendre les 10 ans qui viennent pour se préoccuper des départs en retraite massifs d'exploitants selon les lecteurs de Terre-net, ni du manque d'installations d'ailleurs. Pour attirer davantage de jeunes vers le métier d'agriculteur, vous êtes plusieurs à prôner de meilleurs prix, des fermes plus petites, donc plus faciles à reprendre, et davantage de soutien de la part des banques et de certains organismes professionnels.

paroles de lecteurs MSA departs en retraite massifs d agriculteurs dans 10 ans «  Moins de cotisations retraite mais plus de retraités, personne n'avait pensé que cela donnerait une équation impossible à résoudre ? », ironise Eustace. (©Budimir Jetvic, Fotolia // Création Terre-net Média) 

Monique : « La MSA veut la réforme des retraites agricoles pour les retarder ? C'est de l'inconscience ! Si vous croyez qu'on va pouvoir tenir le rythme actuel jusqu'à la fin ! Il va y avoir un gros soucis ! »

Grochat : « De toute façon, la situation est voulue depuis longtemps : s'il fallait augmenter la taille des fermes, il fallait aussi prévoir un financement à l'hectare et non pas sur le revenu. J'en connais pas mal qui gagnent la même chose (voire moins) après s'être agrandi, tout en faisant disparaître une exploitation donc au moins une cotisation MSA. »

Retarder l'âge de la retraite, de « l'inconscience » !

PàgraT : « Il y aura de moins en moins d'agriculteurs, donc la Mutualité sociale agricole aura de moins en moins de légitimité et sera supprimée comme tous les régimes spéciaux ! »

Retrouvez également le Paroles de lecteurs sur les retraites agricoles :
Retraites agricoles : sous le choc du torpillage du projet de loi par l'État

steph72 : « On va avoir de plus en plus de départs d'agriculteurs avant la retraite et ce phénomène va s'accentuer si on demande aux exploitants de travailler encore plus longtemps. C'est il y a 10 ans qu'il fallait se préoccuper du manque d'installations agricoles. Tant qu'on n'aura pas compris qu'il faut des prix rémunérateurs en agriculture, le métier d'agriculteur n'attirera pas ! »

De plus en plus fermes « difficilement reprenables »

Eustace : « Le problème, ce ne sont pas juste les prix, c'est le manque de fermes raisonnablement reprenables. Il faut aussi arrêter avec la réglementation drastique pour les petites structures. Aujourd'hui, il est devenu encore plus compliqué de mettre en place un atelier volaille à cause des nouvelles normes de biosécurité. Pour les retraites, vu qu'on donne la priorité à l'agrandissement des exploitations agricoles, il ne faut pas s'étonner si le nombre de paysans baisse et que les cotisation retraites à la MSA diminuent : moins de cotisations retraite mais plus de retraités, personne n'avait pensé que cela donnerait une équation impossible à résoudre ? Si on veut augmenter les pensions de retraite agricole, il faut plus d'exploitants et donc arrêter d'agrandir continuellement les fermes. »

Voir l'infographie interactive sur le parcours à l'installation :
S'installer en agriculture : comment bien s'y prendre 

JA : « Nous manquons d'installations, d'accord. Encore faut-il que les banques veulent bien suivre les jeunes porteurs de projet qui souhaitent s'installer, peu importe dans quelles productions ! Quand vous allez à la banque et que vous apprenez en gros qu'ils veulent bien prêter mais si c'est pour faire de la volaille, des chèvres ou des moutons seulement, ça devient compliqué ! Ou alors il faut venir avec 50 000 € dans les poches. Et on dit qu'il y a peu d'installations, on marche sur la tête !! »

« Pas de prix, ni capital, ni soutien » pour s'installer !

anthony A : « @JA + 1. Il existe encore des jeunes non issus du monde agricole qui ont tous les diplômes pour être agriculteurs mais ni l'argent pour s'installer, ni le soutien des banques, pas plus que celui des Safer, etc. Dans 10 ans, et c'est demain, ce sera trop tard pour réagir ! C'était il y a 10 ans qu'il fallait prendre le problème en considération... »

Eustace : « Tout à fait d'accord, sans oublier les barèmes de priorité des CDOA pour l'attribution des terres agricoles (un agrandissement est prioritaire sur une installation sans diplôme...). Les élevages bovins viande sont impossibles à reprendre car trop grands et trop chers. Trop de bâtiments inutiles ont été construits. Qui va acheter 300 000 € de stabulation, plus 150 000 € d'habitation, alors que les terres sont le plus souvent à louer en totalité ? À cela s'ajoute la difficulté à faire des productions secondaires dans les zones spécialisées. Par exemple, il est quasi impossible de produire des fruits en plus des vaches dans le Charolais par manque de filière. Regardez les annonces des Safer et du RDI en Saône-et-Loire et dans la Nièvre ! Aucune exploitation n'est reprenable : soit les prix sont surévalués, soit les fermes sont surdimensionnées, soit il y a un problème du style maison au bord de l'autoroute ou en face d'un terrain de cross, terres éparpillées dans un rayon de 50 km, ou en location avec 40 propriétaires... »

Plutôt embaucher un salarié ou créer une société ?

Gaël : « Mieux vaut installer un jeune agriculteur plutôt que d'embaucher un salarié agricole (les deux ne sont pas incompatibles d'ailleurs). Les fermes vont grossir et pour nous, les exploitants, ce sera peut-être plus logique de créer une société agricole (souplesse de la main-d’œuvre, partage du risque, complémentarité des compétences). Encore faut-il être prêt à partager les décisions et à investir, mais aussi avoir une structure et un projet solides (...). De plus, le foncier agricole reste la grande question à moyen terme : éclatement de la bulle ou investisseurs extérieurs par exemple... »

Pipo : « Partager le capital avec un inconnu ?! Qui le fait ? Personne ! Ça se passe en famille uniquement et même là, ce n'est pas toujours évident. »

Eustace : « Un associé, qui sera juste un salarié et qui paie pour avoir le droit d'être embauché, l'exploitant historique habitant sur place et lui ailleurs, ne sera un associé que sur le papier et se sentira toujours inférieur. »

À côté de ce défi de la transmission, il y a celui de l'installation en élevage, qui a fait l'objet d'un Paroles de lecteurs publié ce jour sur Web-agri :

Être éleveur aujourd'hui, ça fait peur !
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