Agriculture de conservation Des agriculteurs défendent le glyphosate auprès des parlementaires

AFP

Des agriculteurs et viticulteurs ont défendu jeudi un usage modéré du controversé glyphosate devant une délégation parlementaire en déplacement dans l'Aube, dans le cadre d'une mission d'information mise sur pied suite aux débats sur l'impact sanitaire et environnemental des produits phytosanitaires.

« Depuis deux ans, nous avons constaté une amélioration de la fertilité de nos sols mais aussi une énorme économie en carburant et en produits phytosanitaires, hormis le glyphosate qui nous permet le nettoyage de la parcelle » avant de semer, a annoncé Eddy Bollert aux députés présents sous le hangar de son exploitation agricole à Charmoy (Aube). « Si on nous le retire, on revient au labour et on perd tous nos bénéfices », a assuré cet adepte de l'agriculture de conservation, ensemble de techniques culturales plus respectueuses de l'environnement qui stimulent les richesses agronomiques des sols, inquiet face à la volonté d'Emmanuel Macron d'interdire en France, dans trois ans, le produit inventé par l'américain Monsanto.

Dans le vignoble champenois de Montgueux, près de Troyes, Denis Velut et son fils Benoît ont également éliminé les produits de synthèse les plus toxiques et tous les herbicides... sauf le glyphosate, utilisé dans leurs parcelles pour désherber sous les ceps. Sans cela, « on passera la bineuse mécanique plus souvent et on usera plus de fioul », a calculé Denis Velut, à la tête de 7,5 hectares de vigne.

« Il existe une diversité de problématiques et de solutions selon les filières », a déclaré la députée LREM Elisabeth Toutut-Picard, présidente de la mission d'information regroupant 22 parlementaires, reconnaissant « la bonne volonté » des agriculteurs qui « ne recourent pas aux produits phytosanitaires par plaisir ».

Aux yeux du député de l'Aube Gérard Menuel (LR), co-rapporteur de la mission, « il ne faut pas se précipiter vers une fausse bonne solution en interdisant le glyphosate » mais réfléchir en amont à des « alternatives » en s'appuyant sur « la recherche ». « Il faut mettre des moyens humains et financiers pour accompagner les viticulteurs : on a aussi besoin de professionnels indépendants qui ne sont pas là pour nous vendre des produits », ajoute le vigneron Benoît Velut.

Mise sur pied le 26 octobre 2017, la mission d'information mêle auditions à l'Assemblée nationale et déplacements sur le terrain jusqu'au printemps. Elle doit déboucher sur un rapport « pratico-pratique » comportant « des propositions pragmatiques et réalisables », selon sa présidente.


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