49e congrès de Jeunes agriculteurs Face à la détresse chantée des JA, peu de réponses de Stéphane Le Foll

Terre-net Média

Avec la situation difficile des filières d'élevage, Stéphane Le Foll était très attendu sur ses terres sarthoises, pour clôturer le 49e congrès de Jeunes agriculteurs, jeudi 18 juin au Mans. Accueilli par une chanson de détresse des JA, le ministre de l'Agriculture s'est prêté au jeu des questions réponses, notamment en matière de prix et d'aides à l'installation, mais sans apporter de réponses satisfaisantes aux yeux des congressistes.

La détresse des jeunes agriculteurs face au ministre de l'Agriculture La détresse des jeunes agriculteurs face au ministre de l'Agriculture (©Terre-net Média)

C'est en chanson que le ministre de l’Agriculture a été accueilli par les 600 jeunes agriculteurs réunis en congrès sur ses terres sarthoises, au Mans. Une chanson de détresse – « Alleluia » chantée par Florent Dornier, secrétaire général de JA, porté par des congressistes debout, brandissant des centaines d’inscriptions « Help ».

Outre la situation des filières d’élevage, Stéphane Le Foll s’est fait chahuté par Thomas Diemer, le président de Jeunes agriculteurs, et Xavier Beulin, son homologue de la Fnsea sur son action au ministère. Lors d’une longue séance de questions-réponses à laquelle le ministre s’est prêté, les jeunes avaient dans leurs viseurs les retards dans le versement des aides à l’installation.

« Je ne me défausse pas » s’est défendu le ministre. Aucun jeune installé depuis le 1er janvier 2015 n’a encore reçu sa dotation JA. Pire, aucun parcours à l’installation n’a été validé dans certaines régions notamment dans le Nord-Pas-de-Calais. « Les premiers versements sont en cours dans huit régions », a expliqué le ministre en ne citant que les régions Pays-de-la-Loire et Midi-Pyrénées.

Stéphane Le Foll a ciblé indirectement la Commission européenne et surtout les régions. « Ce n’est pas un problème budgétaire puisque c’est l’Etat qui en fait l’avance. » Concernant la validation des parcours à l’installation, ce sont également les régions et l’UE qui sont ciblées, les plans de développement régionaux n’étant pas encore validés à Bruxelles.

Un ministre et des agriculteurs réciproquement excédés

Visiblement excédé par les attaques des agriculteurs sur son implication à gérer les dossiers agricoles, le ministre a indiqué avoir « fait le job » concernant la situation difficile des exploitations d’élevage. Il s’en remet aux évolutions législatives qui ont été apportées au cadre des négociations commerciales et à l’accord conclu la veille entre les acteurs de la filière bovine.

Pour le reste, aucune annonce nouvelle n’a été faite par le ministre, ce qui n’a pas manqué d’agacer les jeunes, notamment sur les réseaux sociaux. « C’est frustrant. Nous avons beau poser des questions, nous n’avons pas plus de réponses », a réagi Thomas Diemer, après le départ du ministre.

Face à la pression de la volatilité des prix, les jeunes agriculteurs attendent avec impatience  la mise en place du contrat socle de la nouvelle assurance récolte pour limiter les conséquences du risque climatique. Ce contrat socle doit sortir à la rentrée 2015.

Peut-être pourraient-ils suggérer aussi la mise en place d’une assurance contre les risques d’erreur, et donc de sanctions, dans les dossiers Pac. Car « nous n’aurons pas d’année blanche, déplore le président de JA. Bruxelles est trop strict sur ce point. ».

 


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