Paroles de lecteurs Peu d'illusions quant au nouveau ministre de l'agriculture Didier Guillaume

Terre-net Média

Le remaniement ministériel s'est fait attendre, mais pas les réactions des lecteurs de Terre-net à la nomination du nouveau ministre de l'agriculture. Si le nombre de commentaires peut surprendre pour un événement qui ne devrait pas avoir de réelles incidences sur l'agriculture française, leur teneur, elle, n'a rien d'étonnant.

Paroles de lecteurs nouveau ministre de l agriculture didier guilllaumePour la plupart des lecteurs, la nomination du nouveau ministre de l'agriculture Didier Guillaume ne changera pas grand-chose. (©@dguillaume26 // Création Terre-net Média) 

Francis Cousin via Linkedin : « Sénateur depuis 2008, Didier Guillaume s’est régulièrement investi dans les dossiers agricoles. À suivre... »

peu de lecteurs font confiance au nouveau ministre de l'agriculture

Jean : « La capacité d'action du nouveau ministre de l'agriculture dépendra aussi de Macron et du chef de gouvernement. Didier Guillaume a été président du Conseil général de la Dôme et fut apprécié. Au Sénat, il s'est effectivement impliqué dans les questions agricoles et dans les lois concernant l'agriculture. Certains le voyaient même ministre de l'Agriculture sous Hollande. Souhaitons qu'il sache faire reconnaître le sérieux et tout le travail des services de l'État pour maintenir l'excellence de notre agriculture. Ras-le-bol de ces prophètes de malheur qui ne veulent pas que la population française soit rassurée par tous les contrôles et expérimentations réalisés avant la mise en marché d'un nouveau produit phytosanitaire ou d'une nouvelle variétés, etc. »

« Encore un ministre sans lien avec le monde agricole »

Canichou29 : « En janvier dernier, Didier Guillaume annonçait sur son compte Facebook qu'il quittait la vie politique. Un coup, je pars, un coup je reviens ! Est-ce bien sérieux, car pour défendre les agriculteurs, il a beaucoup beaucoup de travail, afin de rattraper notamment ce que ses prédécesseurs n'ont pas fait. »

45 Tours : « Encore un ministre de l'agri (le 3e depuis le début du quinquennat) qui n'a aucun lien avec le monde agricole et qui ne s'y est jamais intéressé. Est-ce normal ? (...) »

ngae00341 : « Je ne vois pas trop en effet ce qu'un agent du Trésor public vient faire dans l'agriculture... Il représente tout le mépris du président de la République envers l'agriculture française. »

jeje612 : « Remplacer quelqu'un qui ne connaît pas grand-chose au secteur agricole par quelqu'un qui n'y connaît rien du tout : nous voila bien avancés pour l'avenir de l'agriculture ! Bon courage à nos jeunes. »

Les ministres de l'agriculture se suivent et se ressemblent, comme les réactions des lecteurs :

Paroles de lecteurs − Que pensez-vous du nouveau ministre de l'agriculture ? (lors du passage éclair de Jacques Mézard à l'agriculture dans le premier gouvernement Macron)

Tlecomte : « Entre l'agent du Trésor public et le conseiller de Glavany qui a enfoncé l'agriculture, on est bien servi ! À quand les tracteurs dans les rues, les agriculteurs français vivent leurs derniers jours !! »

Grimauxj : « Agent du Trésor public, une profession qui, elle, n'a pas de mal à vivre !!! Je ne pense pas que Didier Guillaume soit le mieux placé pour diriger le ministère de l'agriculture ! Quand aurons-nous quelqu'un de notre métier pour nous représenter ? Glavany n'a été qu'un triste ministre, sans doute mal conseillé ! »

« Il n'y a plus rien à attendre des pouvoirs publics »

Éleveur 26  : « Je suis drômois et je peux vous dire que c'est un bel opportuniste, doublé d'une girouette, avec le charisme d'une huître. Mais bon, en même temps, après Travert... »

La bulle : « Difficile d'être enthousiaste, on remplace un Travert par un transparent. Où trouver l'oiseau rare pour redonner un sens à notre métier et à l'agriculture en général ? »

Les lecteurs sont plus enthousiastes quand un ministre démissionne :
Paroles de lecteurs − Le départ de Nicolas Hulot du gouvernement, une « bonne nouvelle »

jfpb08 : « Mon avatar va être la seule solution... »

Steph72 : « Qu'est ce que ça va changer ? De toute façon, le syndicat agricole majoritaire murmure à l'oreille des ministres. On sait très bien que Macron n'en a rien mais rien à secouer des agriculteurs. »

The germs  : « Aujourd'hui plus que jamais, il ne faut compter que sur soi-même et sur ses proches pour s'en sortir. Il n'y a rien à attendre des pouvoirs publics. Que du blabla pour les quatre ans qui reste avec ce gouvernement, dans la droite ligne de ce qui s'est passé depuis 20 ans. »

Monique : « Personne ne voulait de ce poste pour nous mettre un socialo désireux de se refaire une santé ? »

« Un socialo à fond à droite »

Maxens  : « Tout le monde annonçait un remaniement ministériel penchant à droite mais à l'agriculture, on nous met un bon socialo, histoire d'enterrer encore un peu plus les agriculteurs en commençant par les grandes cultures comme son modèle Glavany l'a fait avec sa vision de l'agriculture des années 50. »

45 tours  : « Vous préférez une politique de droite pour l'agriculture ? Donc avec plus de mondialisation, des prix déterminés par les marchés mondiaux, de libre concurrence avec des pays où la main-d'œuvre coûte un euro par jour ? Ça tombe bien, les socialistes du 21e siècle sont justement de droite (cf. Hollande). Ils n'ont de socialistes que le nom. Alors ne soyez pas étonnés, vous allez avoir davantage de mondialisation avec Didier Guillaume. Je suis vraiment surpris de voir des gens n'ayant pas encore compris que les socialistes sont à fond à droite. »

Eustace Conway  : « Les agriculteurs votent à droite mais veulent tous les avantages du communisme. Ce n'est pas cohérent car ensuite, ils se plaignent du libre-échange, de la concurrence, de la mondialisation des marchés agricoles. »

Maxens : « Les socialistes sont à fond à droite sur l'ouverture des marchés agricoles, la dérégulation des prix et la libre concurrence et totalement gaucho communiste quant à la taille des exploitations. Bref, les agriculteurs doivent faire face à la compétition mondiale avec des chaussures de plomb que sont les lois datant des années 60 et toutes les normes. Alors, gauche ou droite, peu importe mais si on reste avec les outils et les fermes des années 50, il faut des prix permettant de vivre, c'est-à-dire supérieurs au marché mondial. Dans le cas contraire, il faut assumer et arrêter d'installer des jeunes sur 60 ha avec quatre vaches. À la place, on favorise les méga-fermes et on le dit avant que des agriculteurs se retrouvent surendettés au bord du suicide... c'est un choix de société et à un moment, il faut qu'elle décide. J'aimerais savoir où je vais et si ma structure a un avenir. »

Steph72 : « La gauche est aussi pour le libre-échange. D'ailleurs, M. Lamy, ex-président de l'OMC, était de gauche. Une belle bande de faux c... »

The germs :  « Le problème n'est pas le libre-échange en tant que tel, c'est le libre-échange avec des pays qui n'ont pas la même réglementation. Le véritable souci en France : on veut du libre-échange pour le pouvoir d'achat des Français et une gestion communiste pour réguler la taille des exploitations !! Beaucoup critiquent le libéralisme quand la taille des exploitations augmente, mais pas quand les prix des aliments baissent... »

Les articles sur les changements de ministre de l'agriculture font toujours beaucoup réagir les lecteurs :

Qu'est-ce que la vraie gauche ?

Eustace Conway : « Non, la vraie gauche n'est pas pour le libre-échange. Si tu parles de Hollande et du PS (je suis d'accord qu'ils sont pour le libre-échange et qu'ils sont hypocrites), ce n'est plus la gauche depuis longtemps. »

Steph72 : « La vraie gauche comme vous dites, ce sont les communistes et les bobos écolos. De toute manière, une fois au pouvoir, ils appliquent la même politique que les autres, le double discours, etc. »

Pipo : « Eustace Conway, aux dernières nouvelles, Macron n'est pas de droite... Il est de l'extrême centrisme, c'est-à-dire en gros la gauche plurielle, la gauche caviar, appelez-la comme vous voulez (...). »

Moi : « Non, la vraie gauche, c'est la France Insoumise ! »

DE TOUTE FAÇON, Il n'y a plus de droite, ni de gauche 

Pipo : « La gauche, la droite, une conception complètement démodée de la politique ! Comme le disent certains, le clivage actuel se situe entre mondialistes (ou globalistes, ou encore progressistes) et souverainistes (autrement dit patriotes, populistes, conservateurs). D'ailleurs, l'Union européenne, qui nous a mis en concurrence avec la Hongrie, la Pologne ou l'Ukraine où la main-d'œuvre est à 1 €/heure, est une idée de droite comme de gauche. »

The germs : « Par ailleurs, comme on a pu le voir hier à l'Assemblée nationale, les deux extrêmes (droite et gauche) s'entendent plutôt bien et se soutiennent mutuellement, au point de s’applaudir... La porosité entre ces deux partis n'est plus à démontrer. »

Chrislait  : « Gauche ou droite, quand nos politiques vont à Bruxelles, seule la couleur de leur cravate est différente, et encore !!! »

Digressions syndicales

Capitaine : « Des ministres de l’agriculture, j’en ai connu un paquet en 30 ans. Dès 1987, moi et quelques collègues avions compris que notre ministère serait voué à la dictature qu’allait lui imposer la FNSEA, représentée dans tous les lobbies et de surcroît dans les Chambres d’agriculture. C'est pourquoi on a refusé l’industrialisation de l’agriculture dès cette époque et son libéralisme organisé. On voit actuellement le triste résultat : les grandes cultures et l'élevage industriel sont intégrés dans des groupes X ou Y, la production laitière est orientée vers les gros volumes à l’export, etc. Bref, une agriculture totalement industrialisée à un point de non retour, sauf à la case départ après liquidation... Comment voulez-vous qu’un ministre obtienne des résultats concrets lorsqu’il se fait tirailler de toutes parts ? Nous, nous sommes restés avec une ferme à taille humaine en circuits courts, avec une valeur sûre : produire et commercialiser nous-mêmes. Bien évidemment, on vote Confédération paysanne. Mais c'est bien connu, les agriculteurs en général sont de droite et quand plus rien ne va, ils se tournent vers le Front national (...). Nos ministres ne sont que des parlementaires à l’origine qui, lorsqu'ils sont aux commandes, ne pilotent plus rien sans l’avis des rouleaux compresseurs que sont les lobbies. Avec ces politiques désastreuses, on rempli nos cimetières de paysans. »

The germs : « Désolé, mais je ne crois pas plus en la Conf. qu'en la Fédé... Par quel miracle la Confédération paysanne va-t-elle réussir à mieux répartir les marges dans la filière agroalimentaire ? Leclerc, comme les autres enseignes, se moque éperdument que les agris soient Fédé, Conf, ou Coordination. Ce qui lui importe, c'est d'avoir des produits de la meilleure qualité possible au prix le plus bas, même s'ils viennent de l'autre bout du monde. Idem pour les industriels. (...) Sans des prix plus élevés, le "modèle" actuel continuera jusqu'à ce que la corde lâche... De la même manière, des GMS comme Carrefour sont en train de planter toute la filière bio, en intégrant des exploitations. »... « Il n'y a pas de bonne gauche et de méchante droite, et vice-versa... Ce discours qui m'agace car il n'apporte rien, et ne fait que cliver les agriculteurs. Certains s'imaginent qu'il y a un bon et un mauvais coté, c'est absurde. Il y a des opportunistes qui utilisent le syndicat majoritaire à des fins personnelles, c'est clair. Mais que les autres se rassurent, demain, lorsque l'autre syndicat sera majoritaire, il sera aussi gangréné par ce type de personnages opportunistes... »

Voir également la tribune d'Olivier Mevel sur la répartition des marges dans la filière agroalimentaire : « Faisons table rase pour mieux protéger les agriculteurs »

Et digressions tout court sur le prix du lait, le bio, etc.

Bonarien : « Le prix du lait est plus bas en France qu'en Allemagne. Notre pays est celui où il y a le plus de contraintes et où les producteurs laitiers sont les moins bien payés. Pourquoi cela ? Cette situation ne vous choque pas ? Ras-le-bol ! Si ça vous intéresse, des manifestations se préparent apparemment. »

Eustace Conway  : « Je connais des éleveurs qui vivent avec 15 vaches allaitantes bio et sont heureux. Quant aux grandes structures dans certains pays, sachez qu'en Nouvelle-Zélande par exemple, les producteurs laitiers ont beaucoup de mal à joindre les deux bouts. Ils ont des dettes faramineuses qui se comptent en millions de dollars. En viande, ils ont presque tous un boulot à côté pour survivre. En Allemagne, les agriculteurs sont également très endettés. Vous voyez, ce n'est pas une question de surface mais de répartition des richesses. Si vous le souhaitez, je peux retrouver les sources de ce que j'avance sur les problèmes et les difficultés financières que rencontrent les paysans étrangers. »


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