Plan stratégique national Une nouvelle Pac qui accompagne la transition ?

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Le plan stratégique national, qui décline la future Pac au niveau français est toujours en cours d’élaboration et devra être validé avec la Commission européenne. Néanmoins, les grandes orientations qui s’en dégagent ne marquent pas de rupture majeure avec la Pac actuelle, estime l’agroéconomiste Jean-Marie Séronie, à l’exception des écorégimes, qui témoignent selon lui d’une volonté d’accompagner la transition.

Pour l'agroéconomiste Jean-Marie Séronie, le PSN est dans la continuité de la Pac précédente mais introduit quelques orientations nouvelles, notamment l'accompagnement à la transition.Pour l'agroéconomiste Jean-Marie Séronie, le PSN est dans la continuité de la Pac précédente mais introduit quelques orientations nouvelles. (©Pixabay) 

Si le plan stratégique national de la future Pac n’est pas finalisé, les grandes lignes en sont connues et « il y a relativement peu de changement dans la répartition des crédits de la Pac », explique Jean-Marie Séronie, agroéconomiste indépendant, membre de l’Académie d’agriculture. Certes, certaines réorientations existent, comme l’aide -nouvelle- aux petits maraîchers, qui « correspond à une demande de la société », fait remarquer l’économiste. De même, pour favoriser l'engraissement des bovins en France, une aide à l’UGB (unité de gros bovins) pour les animaux de 16 mois et plus sera mise en place, permettant aux engraisseurs de bénéficier des aides couplées.

Retrouvez ci-dessous l'interview de Jean-Marie Séronie réalisée au Space en septembre

Une évolution, mais « timide », est également à noter concernant l’aide aux actifs, à travers le choix de ne pas augmenter les hectares qui bénéficient d’une majoration de prime. On reste, comme dans la Pac actuelle, sur une majoration aux 52 premiers hectares, alors qu’il était possible d’aller jusqu’à 60 ha, ce qui témoigne de la volonté « de prendre davantage en compte le nombre d’actifs pour orienter les exploitations qui utilisent davantage de main d’œuvre, sachant que le poids de la main d’œuvre salariée dans les exploitations agricoles a tendance à augmenter », explique Jean-Marie Séronie. Or, « plus les exploitations sont grandes, en proportion, moins elles ont de salariés et moins elles créent de valeur. Je pense qu’en accompagnant un peu plus les emplois dans la future Pac, on créera davantage de valeur », ajoute-t-il.

Accompagner des pratiques

Pour Jean-Marie Séronie, le choix des écorégimes constitue cependant une nouveauté. « On a un quart des aides directes dédiées à l’accompagnement de la transition, je pense que cela marque un mouvement vers une Pac complétement rénovée », juge même l’agroéconomiste. Ces écorégimes se caractérisent par le choix de mettre en place des aides fixes quel que soit le système de production, avec trois voies d’accès (via la certification, les infrastructures agroécologiques, ou les pratiques agricoles). « Jusqu’à présent, la Pac historiquement soutenait le revenu, puis a accompagné petit à petit l’environnement… Là, avec un choix qui a été fait sur des pratiques (comme le bio, la HVE…), on accompagne la transition » souligne Jean-Marie Séronie.

Ce choix aura également un deuxième impact, poursuit-il. « Quand on décide d’avoir une aide forfaitaire à l’hectare -je rappelle que les écorégimes remplacent les paiements verts qui eux étaient proportionnés aux paiements de base- c’est un coup de pouce aux zones intermédiaires, puisque les zones intermédiaires sont en général d’assez grandes surfaces, qui avaient des aides à l’hectare plutôt faibles. Il va y avoir un phénomène de convergence interne ».


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