; Zoom sur les exports en Mer noire

L'info marché du jour 450 000 tonnes de produits agricoles ont quitté Odessa en deux semaines

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Les exports agricoles reprennent progressivement depuis Odessa. Mais attention, juge l'analyste Andrey Sizov : la Russie garde la main sur les flux et il est impossible de savoir combien de temps ce corridor pourra fonctionner.

Champ, UkraineLa récolte de blé russe s'annonce record en 2022, et le pays dominera probablement les exports sur 2022/23 (©sizov_andre, Twitter) Que s’est-il passé en Mer noire la semaine dernière en termes d'exports agricoles ?, interrogeait Andrey Sizov sur Twitter, le 15 août.

L’analyste du cabinet Sovecon répond à sa question dans une série de tweets, évoquant d’abord les seize navires qui avaient quitté les terminaux portuaires de la région d’Odessa depuis que l’Ukraine et la Russie ont passé un accord sur la mise en place d’un corridor d’export de grains ukrainiens, au début du mois.

Ces seize bateaux sortants étaient chargés de 450 000 tonnes de produits alimentaires, « principalement du maïs ». Ils sont partis en direction de « sept pays d'Europe, d'Asie et d'Afrique », précise de son côté le cabinet UkrAgroConsult.

« Au rythme actuel, l’Ukraine pourrait expédier environ 1 Mt par mois depuis ses terminaux en eaux profondes », juge Andrey Sizov, un chiffre très bas au regard des expéditions d’avant-guerre. Pour Sovecon, les exports de grains ukrainiens en juillet-août devraient chuter de 45 % par rapport à la même période en 2021.

Notons qu'entretemps, cinq nouveaux navires ont pris la mer depuis Odessa, sur la seule journée du 16 août.

Bien que la Russie ait cessé les bombardements sur cette ville et approuve la sortie des navires, « on se demande combien de temps cela va durer », avance prudemment l’expert. Il ajoute que l’accord « ne précise pas clairement le processus d'inspection et d'enregistrement des navires », si bien que la Russie pourrait y trouver des failles et ralentir le flux.

Le 8 août, toujours sur Twitter, l’analyste se disait surpris que l’accord sur l’export de grains ukrainiens semble fonctionner : « c’est étonnamment sympa de la part du Kremlin. J’ai l’impression qu’il existe un gros accord russo-turc et que le corridor céréalier n’est qu’une pièce du puzzle (...). À la place de l'Ukraine, j'essaierais d'expédier autant et aussi vite que possible ».

De leur côté, les expéditions russes continuent lentement : Sovecon estime que la Russie exportera 3,5 Mt de blé en août, soit 29 % de moins que d’habitude en moyenne.

Sur le volet météo, « de bonnes précipitations aident le maïs en Ukraine », tandis que la sécheresse en Russie pourrait endommager les céréales tardives sans pour autant impacter le blé de printemps.

La récolte 2022 de blé russe s’annonce record, à 88 Mt, et le pays pourrait exporter 42,9 Mt sur l’ensemble de la campagne (contre une moyenne quinquennale de 36,5 Mt, selon les chiffres du Conseil international du grain).

Le département de l’Agriculture des États-Unis (USDA) envisage désormais une production de maïs ukrainienne de 30 Mt pour 2022, « en accord avec l’estimation à 29,6 Mt de Sovecon », et pour les exports 2022/23 des « chiffres modestes » (12 Mt pour le blé, 11 Mt pour le maïs), qui peuvent « refléter les doutes de l’USDA quant au corridor céréalier », relève Andrey Sizov

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