Marché du blé dur Flambée des prix : « seuls 15 % de la production sera de bonne qualité »

Terre-net Média

L'industrie des pâtes alimentaires fait part de son inquiétude concernant l'envolée des cours du blé dur, matière première de 90 % des pâtes consommées en France. Plusieurs raisons en sont la cause selon les professionnels, qui estiment que la hausse devrait se poursuivre.

Champ de blé dur« Seuls 20 % de la récolte au Canada sera de bonne qualité pastière », estiment les professionnels de l'industrie des pâtes alimentaires (©Pixabay) 

Alors que le blé dur représente la principale matière première des pâtes alimentaires, les cours mondiaux s’envolent, ce qui inquiète les acteurs de la filière. Dans un communiqué paru le 30 novembre, le syndicat des industriels fabricants de pâtes alimentaires de France (Sifpaf) et le Comité français de la semoulerie industrielle (CFSI) s’inquiètent de la hausse de 25 % qui a eu lieu depuis juin et estiment que la tendance n’est pas prête de s’inverser. Ils redoutent même une accélération.

 « Les données constatées du marché laissent entrevoir que les prix du blé dur vont continuer à monter et que cette hausse sera durable », précisent les professionnels, en mettant en évidence l'absence d'élément de marché qui pourrait « modifier ces déséquilibres fondamentaux d’ici la fin de la campagne en cours ».

Évolution des prix du blé durÉvolution des prix du blé dur sur un an en FOB Port-La-Nouvelle et FOB La Pallice  (©Sifpaf - CFSI) 

Les experts indiquent que plusieurs éléments sont à l’origine de cette envolée des cours :

  • le déséquilibre à l’échelle mondiale. Alors que la production est historiquement faible (35,6 Mt), la demande continue de progresser. Résultat : « il manquera 2,6 Mt cette année ». Les stocks de fin de campagne 19/20 seront en baisse de 22 % par rapport aux années précédentes. D'autant plus que « seuls 15 % de la production mondiale de blé dur sera de bonne qualité » ;
  • la mauvaise récolte canadienne, à la fois au niveau quantitatif et qualitatif, qui résulte de l’abondance de précipitations pluvieuses et de neige au moment de la récolte en septembre. Le dernier rapport du CIC a évalué la production à 5 Mt, contre 5,7 Mt en 2018. « Seuls 20 % de la récolte sera de bonne qualité pastière et plus de 30 % ne sera pas utilisable pour fabriquer des pâtes », expliquent les industriels ;
  • la mauvaise récolte en Italie du Nord, qui rencontre des problèmes qualitatifs et sanitaires. Le pays sera contraint d’augmenter ses importations cette année, à plus de 1,5 Mt, « en cherchant un blé de qualité qui n’existe pas sur le marché en cette quantité ».

« Cette situation est très préoccupante pour l’industrie de la pâte alimentaire. D’autant plus qu’il n’existe pas sur le marché européen de mécanisme de couverture, ni de marché à terme, ni de capacités de stockage significatives », conclut le communiqué. 

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