Exportations record de céréales La France a vendu 1,32 million de tonnes de blé à l’Egypte en six mois

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Un certain nombre de facteurs géopolitiques et monétaires ont conduit le Gasc, l’organisme public égyptien, à revoir, ces deux dernières années, sa stratégie d’importation de blé en privilégiant l’origine européenne.

 (©FranceAgriMer/Cic.)

La Russie et l’Ukraine sont tombées en disgrâce auprès de l’Egypte depuis l’éclatement de la crise entre les deux pays. Cette année, la faiblesse du rouble a certes rendu le blé très compétitif durant la première partie de la campagne 2014/2015 mais les décisions du gouvernement de Vladimir Poutine ont tari l’origine russe.

Pour juguler l’inflation des prix et privilégier l’approvisionnement de son marché intérieur, une succession de mesures de contrôle des échanges ont en effet été prises : durcissement des exigences pour obtenir des certificats sanitaires à l’exportation, délais de quarantaine et restriction du trafic ferroviaire. Le coup de grâce a été porté par l’instauration, du 1er février au 30 juin 2015, d’une taxe ad valorem de 15 % majorée de 7,5 €/t et qui ne pourra pas être inférieure à 35 €/t.

La Russie a poursuivi ses livraisons de blé à l’Egypte (en particulier via le Gasc, l’organisme public qui a autorité) mais de nouvelles opportunités d’achat s’offrent depuis plus d’un an au premier importateur mondial de blé pour sécuriser ses approvisionnements à bon compte. 

Dans sa note de conjoncture mensuelle, FranceAgriMer souligne que l’Union européenne est paradoxalement bénéficiaire de la conjoncture mondiale pourtant morose en raison de l’approvisionnement important des marchés en blé.

L’an passé, la Roumanie a détrôné la Russie et l’Ukraine. Premier fournisseur du Gasc, elle a livré 1,44 million de tonnes de blé durant la campagne 2013/2014 loin devant la France (540.000 tonnes). 

Cette année, la zone euro de l’Union européenne est devenue particulièrement compétitive en raison de la vigueur du dollar face à la monnaie unique et de la faiblesse des taux de fret, disqualifiant par conséquent les blés américains et argentins.

Premier fournisseur de l'Egypte

« L’achat du 20 décembre dernier a permis à la France de devenir, à mi-chemin de la campagne atypique, le premier fournisseur du Gasc (devant la Roumanie et la Russie), une place confortée par l’achat du 8 janvier », souligne la note de conjoncture de FranceAgriMer. Il s’agit de deux chargements de 60.000 t à 250,25 $/t Fob (auxquels s’ajoutent 14,50 $/t de fret) et à 248,94 $/t Fob (12,15 $/t de fret). « Les autres concurrents (argentins et roumains) n’ont pas pu faire mieux », précise FranceAgriMer.

Au total, les achats du Gasc à la France sont estimés à 1,32 million de tonnes depuis juillet 2014 contre 540.000 tonnes un an auparavant durant la même période. La Roumanie est reléguée à la deuxième place avec 1 million de tonnes.  « L’Ukraine avec 165.000 t vendues au Gasc, apparaît très en retrait sur le marché égyptien », souligne FranceAgriMer. « Mais peu présente sur le segment public, elle réalise des ventes importantes sur le marché privé égyptien (1,5 Mt cumulées au 30 novembre). »

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