Céréales Le blé grimpe de 4 euros sur Euronext, le marché « change de dimension »

AFP

Le prix du blé européen était de nouveau en hausse mardi en milieu de journée pour arriver à des niveaux jamais atteints depuis 2013, le marché européen Euronext intégrant difficilement le déficit de production à prévoir dans les huit principaux pays exportateurs de blé mondiaux.

Epi de bléAgritel estime que l'Union européenne produira 15 millions de tonnes de blé en moins cette année. (©Terre-net Média)

Peu après 13 h 30 mardi (11 h 30 GMT), la tonne de blé gagnait 4,25 euros à 219 euros, sur le contrat de septembre, et 3,50 euros sur le contrat de décembre qui cote à 218,25 euros, pour 29 627 lots échangés.

« Le marché change vraiment de dimension, le blé touche des niveaux où il n'était pas arrivé depuis le printemps 2013 », explique Sébastien Poncelet, spécialiste des blés et grains chez Agritel. Selon ODA, le marché est encouragé par les inquiétudes qui se font jour sur les capacités d'exportation des pays européens et de ceux des pays de la mer Noire au fur et à mesure des publications des prévisions de récolte par les différents gouvernements. Au total, Agritel estime ainsi que l'Union européenne produira 15 millions de tonnes de blé en moins cette année, et le bloc Russie-Ukraine-mer Noire 18 millions de tonnes en moins.

L'Union européenne produira 15 millions de tonnes de blé en moins cette année, et le bloc Russie-Ukraine-mer Noire 18 millions de tonnes en moins.

« Le marché est toujours en train de digérer cela, c'est un choc, après cinq ans d'abondance mondiale qui avaient "endormi" les opérateurs. De plus, la hausse s'auto-alimente entre les vendeurs qui sont incités à faire de la rétention, et les acheteurs qui paniquent et achètent au jour le jour », ajoute Sébastien Poncelet.

Indicateurs de cette tension, les échéances Sept 18 et Dec 18 sur le blé Euronext sont maintenant à parité, souligne ODA. Quand l'échéance la plus rapprochée devient plus chère que la plus éloignée, cela signifie techniquement une panique d'approvisionnement, un manque de marchandises, explique un opérateur.

La production de maïs en baisse de 11 % en France

Sur le maïs aussi l'ambiance est à la hausse. Vers 13 h 30 (11 h 30 GMT), la tonne de maïs gagnait 2,25 euros sur l'échéance de novembre à 197,75 euros, et 2,25 euros sur le contrat de janvier à 199,50 euros, pour plus de 250 lots échangés. En France, le marché s'inquiète pour le niveau de production qui va être considérablement amoindri par la sécheresse.

Selon les nouvelles estimations publiées mardi par Agreste, l'organisme statistique du ministère de l'agriculture, datant du 1er août, la production de blé tendre atteindrait 35,1 millions de tonnes en France cette année, soit un recul de 4 % par rapport à 2017, et de 2,1 % par rapport à la moyenne 2013-2017. La production de blé dur baisserait sur un an de 13,4 % et celle de maïs pourrait reculer de 11 % sur un an (- 9,8 % sur le maïs grain à 13,1 millions de tonnes, et - 7 % sur le mais fourrage à 17,8 Mt).

« Pour le maïs grain, celui qui est coté sur les marchés, ce recul pourrait être amplifié à la baisse en raison de "l'effet canicule" », a estimé Sébastien Poncelet en se référant au précédent de la canicule de 2003, lorsque les éleveurs en manque de fourrage pour leurs animaux avaient fait le siège de leurs voisins céréaliers pour acheter leur maïs afin de servir de fourrage pour les animaux. « On a déjà vécu ça en 2003, les éleveurs font la razzia pour nourrir leur bétail, et il y a moins de maïs sur le marché, en Allemagne, on risque la même chose pour les méthaniseurs qui vont acheter du maïs grain », a décrit Sébastien Poncelet. 

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