; M. Goehry mutualise l'utilisation des tracteurs avec sa Cuma

Mutualisation du matériel M. Goehry (67) : « Je ne possède qu'un télescopique et une benne »

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Le partage de matériel de traction entre agriculteurs ou en Cuma permet de réduire les charges de mécanisation. Cependant, il faut pouvoir s'organiser entre agriculteurs pour que chacun y trouve sa place. Matthieu Goehry et les autres adhérents de la Cuma de la Rosée (67) ont trouvé un mode de fonctionnement qui leur convenait.

L'épandeur à fumier appartient également à la Cuma.L'épandeur à fumier appartient également à la Cuma. (©Vidéagri)Avec l' augmentation des prix du matériel agricole, des solutions existent pour réduire les charges, notamment celles de mécanisation. Parmi elles, le partage du matériel de traction. Bien souvent réalisé en Cuma, cela offre un cadre d'utilisation et permet d'investir l'argent ainsi économisé dans d'autres postes de charges de l'exploitation.

Partager ses tracteurs et ne plus en être propriétaire, c'est la solution choisie par Matthieu Goehry, agriculteur en polyculture-élevage laitier à Wingersheim les quatre bans, dans le Bas-Rhin. Il s'est installé à titre individuel sur l'exploitation familiale avec 70 vaches laitières et 100 hectares de culture.

Il est également membre fondateur et président de la Cuma de la Rosée, créée en 2008 et qui compte 13 adhérents. Presque tout le matériel agricole qu'il utilise appartient à la Cuma : « Je ne possède qu'un chargeur télescopique et une benne en propriété, tout le reste appartient à la Cuma », indique-t-il.

Des chantiers communs à tous les adhérents

Toutes les opérations sur les cultures (semis, traitements, épandage, récolte, ensilage) ainsi que les travaux de fenaison sont réalisés à l’échelle de la Cuma, de manière collective donc.

« Chacun connait son rôle ». Au total, les adhérents couvrent une surface totale de 1000 hectares de terres agricoles. Deux des adhérents sèment toutes les parcelles, deux autres réalisent les épandages, tandis que tous sont mobilisés pour les opérations de récolte. Les itinéraires culturaux sont également pensés en commun.

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Lors d’un chantier de récolte des fourrages, toutes les prairies et surfaces en herbe sont fauchées par un des agriculteurs, un autre fane, andaine, presse ; et les autres récupèrent les ballots avec chargeurs télescopiques et tracteurs plateaux.

« En cas de pluie pendant le chantier, les ballots mouillés sont répartis entre chacun par soucis d’équité. Nous gérons le parcellaire dépendant de la Cuma comme si c’était une seule exploitation, sauf que chacun gère ses comptes » ajoute Matthieu.

De plus, les commandes de produits consommables tels que les carburants, les engrais et les produits phytosanitaires sont réalisées en commun pour permettre de faire des économies.

Le choix de la Cuma

Pour Matthieu Goehry, le choix de mutualiser la grande majorité du matériel en Cuma n'est pas qu'une question économique. C’est aussi pour l’ambiance de travail qu'il a participé à la création de ce groupe en 2008. Outre pour des raisons de réduction de charges liées à l’achat de matériel, la Cuma c’est aussi un esprit d’entraide, du partage d’expérience entre les différents membres. Sur un plan plus personnel, cela lui permet de réduire son temps de travail et d’en augmenter la qualité.

La Cuma achète les tracteurs neufs, qui réalisent environ 4000 heures de travail avant d’être revendus. « Nous possédons actuellement cinq tracteurs, tous récents, qui nous permettent d’avoir accès aux technologies comme le freinage pneumatique, le GPS ou la coupure de tronçons, que nous n’aurions pas forcément en travaillant seuls. Chacun des adhérents les utilise entre 30 et 900 heures par an, selon les besoins ».


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