Alternative pour le désherbage Eco-Mulch brûle d'impatience de remplacer le glyphosate grâce à Gaïa !

Paul Renaud Terre-net Média

Fin septembre, Eco-Mulch a organisé une démonstration de son outil de désherbage thermique sur un salon professionnel agricole du Maine-et-Loire. Si le résultat n’était pas au rendez-vous le jour même, la machine reste prometteuse.

Désherbage thermiqueGaïa a été inventé par Étienne Bazin et Jean-Charles Renaudat. (©Paul Renaud / Terre-net Média)

Au cours de l’édition 2019 de l’événement Végétal Village et Animal, une foule s’est formée sur l’espace démonstration aux alentours de 10 h 30. Derrière les épaules des agriculteurs intrigués et des étudiants curieux se dessine une sorte de bineuse avec des arrivées de tuyaux à la place des éléments binages. Il s’agit en fait du désherbeur thermique Gaïa fabriqué par Eco-mulch. Après avoir été exposé à Innov-Agri et au Tech&Bio, l'outil vient faire le show en dynamique au salon de Baugé-en-Anjou (Maine-et-Loire). « L'outil devrait intéresser les agriculteurs bio mais pourrait aussi servir en conventionnel.

Il a été inventé par Étienne Bazin et Jean-Charles Renaudat, les créateurs d’Eco-mulch, qui sont eux-mêmes en agriculture raisonnée », déclare Serge Gauthier, le commercial Eco-Mulch. « Aujourd’hui, il est difficile d’insérer ce type de désherbage dans un itinéraire cultural comprenant du chimique », commente Emmanuel Bouc, conseiller agronomie à la chambre d’agriculture du Maine-et-Loire.

Un démarrage compliqué

Sous les regards impatients, le tracteur se met en route après les derniers réglages. Si les adventices sont bien brûlées sur la ligne de départ, le reste de la surface parcourue semble intacte. « Normalement, nous mettons une grosse bonbonne de gaz, là nous n’avons trouvé que deux bouteilles de gaz de 16 kg », s’excuse le représentant de la marque. Et effectivement les résultats ne sont pas au rendez-vous. Même les chaumes de pailles n’ont pas été détruits. Si les étudiants sont déçus, les exploitants agricoles venus assister à la démonstration s’approchent tout de même pour trouver des réponses à leurs interrogations. À l’heure de la disparition probable du glyphosate, il ne faut pas passer à côté de ce type de solution.

La flamme bleue chauffe à 1 200 °C et grille les plantules d'adventices.La flamme bleue chauffe à 1 200 °C et grille les plantules d'adventices. (©Paul Renaud)

« Au bout des tuyaux, il y a une flamme bleue qui sort à 1 200°C comme une gazinière. Il faut éviter de passer par temps très sec, explique Serge Gauthier, la consommation est de 25 à 30 €/ha de gaz ». Selon lui, cette chaleur permet d’éclater les cellules des adventices et donc de les détruire. Eco-Mulch précise que ce désherbage est efficace sur jeune plantule et dicotylédone. Sous les capots noirs qui isolent la flamme contre le sol, un système en T permet de couvrir la totalité de la surface parcourue. La bonbonne de gaz se situe, elle, à l’avant dans une cage sécurisée. Le débit de chantier est estimé entre 3 et 4 ha/heure. « Nous avons fait des tests sur maïs qui ont très bien fonctionné. Le passage en désherbage thermique peut être fait au stade 3 à 4 feuilles. Le maïs est jauni mais il repart », affirme le commercial de la marque. Cet outil est également adapté à un passage en plein.

Une structure modulable

L’outil Gaïa, sur lequel sont fixés les tuyaux de gaz, a la particularité d’être polyvalent. Un système de goupil permet d’enlever en un quart d’heure l’ensemble des sorties de désherbage thermique pour les remplacer par des éléments de binage ou de herse étrille. L’outil Gaïa peut également recevoir un système de semis en ligne ou monograine. Eco-Mulch développe actuellement une tondeuse pour l’interang. L’ensemble de ces outils viennent se fixer sur des parallélogrammes espacés de 60 ou 75 cm. Les parallélogrammes sont eux-mêmes fixés sur un châssis repliable. Il peut recevoir, au choix, une tête de distribution pour le semis, une ligne de distribution de gaz pour le désherbage thermique, un réseau de prise électrique pour alimenter les broyeurs d’interangs ou encore un réseau d’alimentation liquide pour l’apport d’engrais en localisé.

Le coût de l’équipement se chiffre à 9 695 € pour le châssis, auquel viennent s’ajouter 14 560 € pour 8 parallélogrammes. Le prix total est ensuite modulé par les outils choisis. Pour les ensembles de semis par exemple, il faut compter 1 600 € par élément.


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