L'actu d'Arvalis Fertilisation starter du maïs : du phosphore au semis pour accompagner la levée

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L’utilisation d’un engrais starter au semis du maïs est une pratique très répandue, notamment dans le Sud-Ouest. Elle présente de bons résultats sur les touyas, les boulbènes, les limons et les sables, en assurant une bonne vigueur au départ et une meilleure homogénéité de la levée. Quel élément, à quelle dose et sous quelle forme apporter un engrais starter ?

Fertilisation starter du maïsLa localisation d’un engrais starter au semis est une pratique qui présente un réel intérêt pour l’approvisionnement de la culture en phosphore et la satisfaction de la demande des parties aériennes. (©Arvalis-Institut du végétal)

Pourquoi apporter de l’engrais localisé au semis ?

Le phosphore est un élément minéral nutritif essentiel à la culture de maïs, présent dans les sols mais peu disponible pour la plante. Les besoins en phosphore des maïs grain, fourrage et doux peuvent être considérés comme faibles à moyens mais la plante peut être affectée par des carences nutritionnelles, notamment lors des stades les plus précoces de son développement (entre 3 et 10 feuilles). À ces stades, le faible développement racinaire limite la capacité de prospection du sol de la plante à la terre avoisinant la ligne de semis.

La localisation d’un engrais starter au semis est donc une pratique qui présente un réel intérêt pour l’approvisionnement de la culture en phosphore et la satisfaction de la demande des parties aériennes. Cet apport localisé améliore la disponibilité de cet élément pour la jeune plante et se traduit généralement par une bonne vigueur au départ, une meilleure homogénéité de la levée. Il peut même avoir des effets bénéfiques sur le rendement et la maturité à la récolte. Une bonne vigueur au départ de la culture permet aussi de diminuer l’impact d’attaques précoces de ravageurs comme les nématodes, les limaces, les taupins ou encore les scutigérelles.

Plantes de maïs chétivesUn sous-dosage ou l'absence d'engrais starter sur maïs peut conduire à des plantes chétives. (©Arvalis-Institut du végétal)

Comment définir les doses à apporter ?

  • En phosphore

Le phosphore est l’élément le plus important à prendre en compte pour raisonner son choix de fertilisation starter. Les résultats de l’analyse de sol, le type de sol et le passé récent de fertilisation sont les trois critères à regarder pour évaluer les besoins de la culture. Les coefficients liés aux exportations peuvent être définis à l’aide de grilles disponibles sur le site du Comifer.

Quelques recommandations : si la dose de P à apporter est faible (moins de 50 U/ha), l’engrais starter suffit. Au-delà, des apports complémentaires en plein tous les deux ans sont nécessaires.

  • En azote

L’apport d’azote au semis est également à prendre en compte dans le raisonnement de la fumure de la parcelle. Les besoins du maïs en azote sont évalués grâce à la quantité d’azote nécessaire pour produire un quintal multipliée par l’objectif de rendement atteignable. Pour estimer les doses d’azote à apporter, il faut intégrer les différentes sources d’azote (fourniture du sol, apports organiques, azote fourni par un couvert, azote contenu dans l’eau d’irrigation…).

Quelques recommandations : au semis, il n’est pas recommandé d’apporter plus de 50 kg N/ha. Avant le stade 4 feuilles, le maïs valorise moins bien les apports d’azote (coefficient d’utilisation estimé à 0,6). À noter que si les reliquats azotés sont importants, l’apport d’azote au semis n’est pas indispensable.

  • En potassium

Les besoins en potassium sont calculés de manière similaire aux besoins en phosphore. Les coefficients nécessaires à calculer les exportations sont disponibles sur le site du Comfier.

Quelques recommandations : si la dose de K à apporter est élevée (plus de 70 U/ha), il convient de choisir un engrais starter binaire (PK) ou ternaire et à effectuer des apports en plein tous les deux ans. En dessous de cette dose, il est inutile d’apporter cet élément au semis.

Sous quelle forme apporter l’engrais ?

Le phosphore étant l’élément principal à prendre en compte pour la fertilisation starter, il est généralement recommandé d’apporter du phosphore soluble, comme les superphosphates (type super 45), ou di-ammonique (type 18-46). Avec le phosphate bicalcique, ces formes d’engrais sont adaptées à tout type de sol. Les scories sont plutôt à réserver aux sols acides. Les phosphates naturels montrent de plus une efficacité toujours inférieure à celle des autres formes.

Si la parcelle demande également un apport de potassium, un engrais binaire (PK) ou ternaire peut être utilisé. Les engrais potassiques sont commercialisés sous trois formes chimiques : le chlorure, le sulfate et le nitrate de potassium. Ils ont un comportement identique vis-à-vis du sol et de la plante quelle que soit leur origine.

Comment positionner l’engrais starter ?

  • Si l’agriculteur dispose d’un équipement de fertiliseur en localisé

L’engrais starter peut être apporté à l’aide du circuit fertiliseur dont dispose la machine. Il peut prendre une forme solide (18-46 classique) ou liquide (type 14-35 ou Iniciador). Il est recommandé d’apporter 130 kg/ha de 18-46 (ou 130 l/ha de 14-48) pour assurer un bon effet starter, tout en évitant des irrégularités de répartition sur la ligne. Ceci est surtout vrai pour les engrais solides). Ces doses peuvent aller jusqu’à 150-170 kg/ha en cas de parasitisme.

Ce type d’engrais est à positionner en dessous du niveau de la graine et à 4-5 cm de la ligne de semis. Si cette distance est plus faible (moins de 2-3 cm), l’engrais peut être toxique dès que le grain d’engrais entre en contact avec le coléoptile, du fait de l’ammoniac qu’il produit. Si cette distance est trop élevée, les racines ne pourront pas capter rapidement les éléments minéraux apportés et aucun effet « starter » ne sera observé.

La précision et la régularité de la distribution de l’engrais starter le long du rang sont donc très importantes. De celles-ci dépend l’homogénéité de la levée et l’absence de concurrence entre plantes du même rang. Lorsque certaines plantes sont dominées, leur niveau de production peut être très tôt compromis. Lorsque ces engrais sont bien appliqués, ils assurent de bons résultats et sécurisent la production. Pour assurer le bon positionnement de l’engrais par rapport à la ligne de semis, veillez à contrôler au moins une fois par campagne la distance des socs fertiliseurs à la ligne de semis.

  • Si l’agriculteur ne dispose pas d’équipement spécifique

Des microgranulés starter peuvent être appliqués au semis en utilisant la caisse insecticide. La localisation de ces microgranulés starter se fait donc directement dans la raie de semis. La formulation de ces produits les rend en effet compatibles avec cette pratique, sans risque d’intoxication ammoniacale pour la culture.

Aux doses préconisées, ils amènent moins de phosphore qu’un 18-46 et ont un effet intermédiaire entre un engrais starter et un témoin sans engrais starter. Ils ont l’avantage de représenter des volumes plus faibles à l’hectare (20 à 25 kg/ha selon les produits) mais restent coûteux. En sol peu pourvu en phosphore, ils doivent impérativement être accompagnés d’un apport en plein.


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