Précocité des cultures La période de gel à venir limite les interventions

Fanny Collard Terre-net Média

La météo clémente de cet automne a favorisé le démarrage de la végétation, mais aussi l’apparition précoce de maladies et de ravageurs. A l’Ouest, l’humidité actuelle des sols et la période de gel à venir limitent pour l’instant la possibilité d’intervenir.

Premier apport fongicide sur blé tendre au mois de marsLes parcelles devront sans doute être protégées contre la rouille jaune plus tôt que les années précédentes. (©Terre-net Média)

Les conditions exceptionnellement douces de cet automne et la quasi-absence d’arrêt de végétation ont entraîné un redémarrage très précoce des cultures. A l’Ouest, les blés ont par endroit atteint le stade épi 1 cm et l’avance du colza peut être importante. Cette précocité interroge sur la conduite à tenir quant aux interventions de printemps.

« Le redémarrage des colzas a commencé dès les premiers jours de janvier » explique Hubert Brunet, conseiller oléagineux du service agronomie de Terrena. La présence de ravenelles et de sanves dans certaines parcelles pourrait justifier un traitement, mais le redémarrage rapide de la végétation remet en cause la possibilité d’intervenir du fait de la faible sélectivité des produits. Quelques débuts de vols de charançons de la tige sont par ailleurs déjà observés. « Cela reste anecdotique chez nous donc nous ne sommes pas encore intervenus, mais nous pensons le faire dès que les températures moyennes remonteront au-dessus de 10°C », indique Hubert Brunet.

Protéger plus tôt contre la rouille jaune

Le blé, lui, peut avoir quinze jours d’avance dans certaines parcelles. En Pays de la Loire, les conditions pédoclimatiques ont favorisé l’apparition de foyers précoces de rouille jaune, qui sont à surveiller. Les parcelles devront probablement être protégées plus tôt que les années précédentes. Un premier apport d’azote et de régulateur de croissance pour les parcelles en risque de verse sera bientôt recommandé. Mais pour l’instant, les interventions sont en stand-by. « Que ce soit en blé ou en colza, la pluviométrie forte de la semaine dernière et de ce début de semaine rend difficile le passage dans les parcelles. De plus, une période de froid avec gel est annoncée la semaine prochaine, rendant les interventions inutiles », estime Hubert Brunet. Dès que les conditions seront favorables – sols ressuyés et températures clémentes – plusieurs traitements pourront être réalisés en même temps de manière précoce.

Alain Fillon, Vienne
« J'ai démarré mes régulateurs sur blé la semaine dernière »

Alain Fillon est cultivateur à Latillé dans la Vienne, près de Poitiers. Son exploitation compte 200 ha de SAU dont 100 ha de blé, 85 ha de colza et 15 ha de lupin. L’agriculteur constate la précocité de ses cultures, sans que cela ne le choque. « Nous avons eu un gros développement de la végétation sur novembre et décembre, mais janvier et février ont régulé grâce au retour du froid, rapporte Alain Fillon. Mes colzas ont consommé tout l’azote du sol. Les épis de blé ont décollé de 0,2 millimètres. Je n’ai pas vu de rouille sur blé, par contre la pression septoriose est importante sur les feuilles basses. Sur colza, la situation paraît plus simple à l’heure qu’il est. J’ai commencé des régulateurs sur blé dès la semaine dernière : c’est la première année que je fais du régulateur aussi tôt. J’étais lancé pour traiter 80 % de mes parcelles mais je n’en ai fait que 60 %, faute de temps. Je continuerai dès que la météo le permettra. »

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