[L'actu de Terres Inovia] Colza Larves de grosse altise en sortie d'hiver : quelle stratégie ?

Terre-net Média

Face à une grande hétérogénéité entre les parcelles de colza, Terres Inovia recommande de réévaluer le nombre de larves de grosse altise à la reprise de végétation et d'évaluer le risque. En cas de nécessité, une intervention peut être à envisager.

Dans la majorité des situations, une protection contre les larves de grosse altise a dû être réalisée à l’automne. Rappelons que les adultes et larves doivent être gérés spécifiquement. En raison d’une grande hétérogénéité entre situations, une évaluation de la présence et du nombre de larves de grosse altise est nécessaire ; elle permet par exemple de vérifier l’efficacité ou non de son traitement. Sur les secteurs avec charançon du bourgeon terminal, selon l’insecticide choisi et le type de résistance en jeu (KDR ou Super KDR), le traitement réalisé vers le 20-25 octobre contre le charançon aura aussi eu une certaine efficacité sur les larves de grosse altise déjà présentes.

Réévaluer le nombre de larves de grosse altise

Des suivis de larves de grosse altise entre novembre et début janvier ont, dans de nombreuses situations, montré une évolution du nombre de larves par plante. Les larves de stade L1 sont fréquentes et parfois très nombreuses, les larves de stade L2 sont aussi signalées ; les larves de stade L3 sont plus rares. Il est donc judicieux de réévaluer aujourd’hui le nombre de larves et les stades présents ainsi que la rapidité de la reprise de végétation très variable d’une région à l’autre. 


Évaluer le risque

Sur les secteurs à reprise plus tardive comme la Champagne-Ardenne, la Bourgogne-Franche-Comté et la Lorraine pour la région Nord-Est, le risque est plus élevé. En présence de larves aux stades L2 ou L3, des dégâts sont possibles avant la reprise de végétation. Si leur nombre excède 2-3 par plante, une intervention est à envisager. Les gros colzas de plus de 1,5 kg/m² de biomasse sont moins exposés.

La dynamique de croissance du colza : un levier important à prendre en compte !
Outre la présence de larves par plante, c’est surtout la dynamique de croissance de la plante qui influera la nuisibilité des larves. Des plantes qui repartiront tôt en sortie d’hiver seront moins sensibles à la présence de l’insecte. Les conditions climatiques de février et mars seront décisives sur la nuisibilité finale.
Dans ce contexte, la disponibilité en azote dans cette période joue également un rôle. À partir de la date autorisée, réaliser le 1er apport (sous forme ammonitrate à dose réduite 30-40 u) le plus tôt possible pour favoriser un démarrage rapide du colza.

Intervenir en cas de nécessité

En secteur super KDR (comme l'Yonne, l'Aube et secteurs limitrophes) : Terres Inovia recommande un Boravi WG 1,5 kg/ha (à incorporer dans une eau à pH 5,5) ou un Daskor 440 0,625 l/ha. En secteur KDR, en priorité un  Daskor 440 pour réduire la pression de sélection sur les pyréthrinoïdes ou un pyréthrinoïde.

Attention au nombre d’applications possible par campagne : 2 pour Boravi WG et 1 pour Daskor 440. Les larves sont actives lorsque la température dépasse 6-7 °C et peuvent donc potentiellement « consommer » de l’insecticide en se déplaçant. Les larves de stade L3 sont moins mobiles et donc difficilement atteignables.

Larves de grosse altiseLarves de grosse altise (©Terres Inovia) Fait exceptionnel : nouvelles larves d'altises (L1) observées
Nous observons l’émergence de nouvelles formes larvaires au stade L1 depuis le début du mois de janvier. Cette situation est observée sur le site de Touillons (Côte-d'Or), mais également dans d’autres sites. Les populations observées sont parfois importantes (> 30 larves / plante).
Cette situation est inédite et nous ne disposons pas de références. L'évolution de ces larves en stades L2 et L3 ne devrait pas apparaître avant la mi-mars sur les secteurs concernés (simulations réalisées avec le modèle d’évolution des stades larvaires de Terres Inovia).
Cependant en cas d’un nombre très élevé de larves et de petits colzas, il semble qu’un traitement de sécurité peut être envisagé pour « sauver » certaines cultures dont la biomasse est inférieure à 1 kg/m² en cas de conditions climatiques à la reprise difficiles (conditions peu poussantes). Des expérimentations vont être mises en place par Terres Inovia et proposées à ses partenaires techniciens ou réseaux d’agriculteurs pour disposer de références dans cette situation.

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