Semis de maïs Préparation du sol : plusieurs stratégies possibles

Barbara Ates Villaudy Terre-net Média

Du travail du sol dépend la germination et l’enracinement de la culture du maïs. Si antérieurement, le labour était la seule pratique d’usage, désormais, plusieurs techniques coexistent.

Semis de maïsEt vous ? Comment préparez-vous vos semis de maïs ? N'hésitez pas à laisser un commentaire. (©Terre-net Média)

Le lit de semence idéal pour la culture du maïs présente quelques mottes en surface pour limiter la battance, une terre fine et rappuyée sur les premiers centimètres pour favoriser le contact et les échanges avec la graine et les futures racines. La terre ne doit pas être trop tassée. Elle doit être ameublie en profondeur et homogène en surface. La présence de trous d’air est dommageable. Ils empêchent un bon contact de la graine avec le sol, ce qui a une incidence sur la germination. La terre doit être fine au toucher, non compacte, les mottes cassées et la terre parfaitement ressuyée.

Bien évidemment le travail du sol dépend de sa texture et des stratégies de l’agriculteur. Si antérieurement, le labour était la seule pratique d’usage, désormais, plusieurs techniques coexistent. Certaines se justifient par la volonté de protéger les sols, l’engagement en agriculture biologique ou la quête de réduction des coûts d’exploitation. Il n’est pas question ici de les comparer les unes aux autres mais de présenter les différentes stratégies possibles : 

Le labour entre 15 et 30 cm

Le but est de retourner et mélanger la terre, d’enfouir les restes de cultures et les adventices déjà présentes. Ce labour, réalisé avec une charrue simple ou à versoirs, est généralement suivi d’un passage de rouleau brise motte et/ou de herse rotative. Le labour est efficace pour aérer le sol, l’ameublir, le réchauffer, favoriser le ressuyage et enfouir les adventices.

Le travail superficiel de la terre à une profondeur de 5 à 10 cm

Cette technique consiste à ameublir le sol, sans le retourner. Les outils de type cultivateur à dents de 5 à 15 cm ou décompacteur ou encore bêcheur permettent d’enfouir les résidus et d’homogénéiser la structure. Le but est de préparer le sol sans inversion ni mélange des horizons. Cette technique laisse les résidus des précédentes cultures proches de la surface, avec une action favorable sur le taux de matière organique, réserve de nutriments pour la semence, et le développement des bactéries, lombrics et collemboles, autant d’indicateurs de la qualité biologique du sol. Ce travail superficiel de la terre est moins coûteux et censé mieux préserver la structure. En revanche, il favorise le développement des adventices à rhizomes et des graminées annuelles telles que le pâturin et le vulpin.

Le semis direct  

Les principaux arguments en faveur du semis direct sont son efficacité dans la lutte contre l’érosion de sols et la réduction des coûts d’exploitation. De plus, la terre n’étant pas retournée, la population de lombrics augmente ce qui influe sur la vitesse de ressuyage. Le sol n’est pas fragmenté sauf sur la ligne de semis. En revanche, l’absence de travail du sol, donc d’aération, ralentit sensiblement le réchauffement de la terre. Cependant, la structure bien homogène ne présente ni trous ni creux. La présence des résidus à proximité de la semence peut gêner sa germination. Il est essentiel d’en tenir compte lors du réglage de son semoir.

Autre avantage induit, la présence du couvert végétal gêne la croissance de certaines adventices. En revanche, celles-ci attirent limaces et mulots. Par rapport aux autres pratiques, le semis direct se comporte mieux en sols caillouteux. Pour ouvrir le sillon, il faut disposer d’un semoir capable de passer à travers les résidus des précédentes cultures et un éventuel couvert développé. Il implique un matériel capable de maintenir une profondeur de semis égale, quelles que soient la composition et la densité du couvert végétal. En France, cette technique reste minoritaire. Elle concerne moins de 20 % des surfaces de maïs.

Le strip-till

Cette technique consiste à ne travailler que les futurs rangs de semis. Classée TCS (techniques culturales simplifiées), elle est censée à la fois préserver le sol de l’érosion et permettre un réchauffement plus rapide. Elle s’adapte à des cultures semées avec un certain écartement entre les rangs et est donc appropriée pour le maïs. Le strip-till réduit les coûts d’exploitation mais nécessite d’investir dans un matériel spécifique. Les résultats sont plutôt prometteurs, mais la technique est encore relativement récente. En outre, il est moins performant sur des sols argileux et requiert un réglage très précis des outils.


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