[Interview] Recherche et innovation G. Séverac (Naïo):« Proposer des robots agricoles répondant à de réels besoins »

Terre-net Média

Naïo Technologies reçoit jeudi 4 mars 2021 la visite de Julien Denormandie, en déplacement en Haute-Garonne sur le thème de la recherche et l’innovation agricole. La start-up, qui fête en 2021 ses 10 ans, cherche à développer des nouveaux robots autonomes pour les agriculteurs. Pour autant, verra-t-on bientôt des robots sillonner les champs de céréales ? Pour le cofondateur Gaëtan Séverac, la robotique agricole trouvera d’abord son intérêt pour des cultures à plus forte valeur ajoutée.

Gaëtan Séverac est l'un des deux fondateurs de Naïo Technologies. Dix ans après sa création, a startup compte 70 salariés et a déployé 200 unités de ses 3 modèles de robots agricoles.Gaëtan Séverac est l'un des deux fondateurs de Naïo Technologies. Dix ans après sa création, a startup compte 70 salariés et a déployé 200 unités de ses 3 modèles de robots agricoles. (©Naïo Technologies) 

Le ministre de l’agriculture se déplace en Haute-Garonne jeudi 4 mars pour mettre en avant la recherche et l’innovation en agriculture. Outre le marché d’intérêt national de Toulouse dont les acteurs cherchent à favoriser les circuits courts, et un laboratoire de l’Inrae, Julien Denormandie visite l’entreprise de robotique agricole Naïo Technologies.

La startup, qui fêtera fin 2021 ses 10 ans, propose des robots – Oz, Dino et Ted – pour les cultures maraîchères et légumières et la vigne. Pour autant, verra-t-on bientôt d’autres robots désherber des champs de céréales ou oléoprotéagineux ? Terre-net a posé la question à Gaëtan Séverac, l’un des deux fondateurs.

Terre-net.fr : Naïo Technologies fête bientôt ses 10 ans d’existence. Quel bilan faites-vous de cette décennie ?

Gaëtan Séverac : Naïo Technologies va effectivement fêter ses 10 ans en fin d’année. Je retiens surtout qu’il s’est opéré, il y a trois ou quatre ans, une vraie « bascule » dans la perception des gens, et en particulier des agriculteurs sur la robotique agricole.

Quand nous avons créé Naïo Technologies avec Aymeric Barthes il y a 10 ans, il y avait beaucoup de curiosité à l’égard de notre projet. On nous regardait avec sympathie et bienveillance, mais sans forcément penser que nous serions véritablement apporteurs de solution concrète sur le terrain et que la robotique serait déployée rapidement dans des exploitations.

Aujourd’hui, nos robots ne sont plus perçus comme des gadgets. Naïo Technologies est toujours dans la même dynamique et se développe en France, en Europe et à l’international.

Terre-net.fr : Justement, 10 ans après sa création, que représente aujourd’hui votre entreprise ?

Gaëtan Séverac : Naïo Technologies, c’est aujourd’hui 70 salariés, dont un tiers en R&D et un autre tiers dans le déploiement de nos robots et la formation à leur utilisation. C’est 3 robots différents – Oz, Dino et Ted – pour répondre aux besoins des maraîchers, producteurs de légumes et vignerons et à optimiser leur temps de travail. Et c’est actuellement 200 robots en service, dont 70 % en France. Nous avons des robots déployés ailleurs en Europe, en Californie, au Canada ou en Nouvelle-Zélande et au Japon.

Terre-net.fr : Verra-t-on prochainement de nouveaux robots pour d’autres cultures de plein champ ?

Gaëtan Séverac : Nous venons de sceller un partenariat avec le centre de recherche Fraunhofer EZRT et le sélectionneur allemand Strube, filiale du groupe Deleplanque, pour développer une solution de désherbage robotisé sur les betteraves sucrières. Quelle que soit la culture, il faut que notre solution robotisée ait un intérêt technique et économique pour l’agriculteur. Désherber un champ de blé, nous savons techniquement le faire. Mais désherber une parcelle de blé avec un robot à 2 km/h, ça n’a pas d’intérêt pour l’agriculteur.

Proposer, pour des céréales par exemple, une alternative totalement robotisée aux techniques actuelles de désherbage mécanique, reste compliqué. Je pense que le développement de nos solutions sera, dans un premier temps, plus pertinent pour des cultures à plus forte valeur ajoutée que les céréales.

Désherber avec un robot plus rapidement qu’actuellement reste un enjeu. Il s’agit de le faire bien, dans le respect de la culture, et en assurant une totale sécurité pour les utilisateurs. C’est à cette condition que la réglementation évoluera aussi.

Quoi qu’il en soit, et je le rappelle souvent, c’est avec des partenariats et c’est en restant à l’écoute de l’avis des agriculteurs que nous avançons sur nos projets et que nous améliorons nos robots, pour qu’ils soient adaptés à leurs besoins.


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