Céréales à paille, colza et pois Une qualité satisfaisante mais des volumes en berne pour le cru 2020

Terre-net Média

La moisson 2020 se termine progressivement en France, à l’issue d’une campagne culturale particulièrement malmenée par la météo. Entre des épisodes contrastés de pluie et de sécheresse, le développement des cultures a été difficile. Résultat : « les rendements sont très hétérogènes et la production 2020 en recul par rapport à l’an dernier, mais la qualité est au rendez-vous », indique un communiqué de FranceAgriMer-Arvalis-Terres Inovia.

Moisson La production française de blé est attendue sous la barre des 30 Mt cette année. (©Pixabay)« Selon les secteurs géographiques, les écarts de rendement peuvent aller du simple au triple, quelle que soit l’espèce cultivée », indique le communiqué au sujet des céréales. Avec les mauvaises conditions de semis et d’implantation, la sole de blé tendre a reculé de 13 % comparé à 2019, et celle de l’orge d’hier, de 7 %.

La sécheresse record au printemps a ensuite conduit à des stress hydriques et dégradé les conditions de valorisation de l’azote. « Les conséquences sur les rendements ont été variables en fonction notamment, de la précocité des peuplements et de la profondeur des sols. »

Un point positif tout de même : « le manque d’eau au printemps a limité la pression maladie, à l’exception d’attaques de jaunisse nanisante en particulier sur les orges de printemps. Dans la plupart des cas, les récoltes se sont déroulées dans de bonnes conditions. »

Concernant le colza, « anticiper les préparations était nécessaire pour réussir les semis et l’implantation des cultures dans un contexte de pluviométrie estivale réduite en août suivie de précipitations automnales soutenues. » La sole atteint cette année 1,1 million d’hectares, comme l’an dernier, avec toutefois des contrastes au niveau régional.

« Le régime hydrique de l’automne et de l’hiver a, dans de nombreuses situations, altéré la qualité des enracinements rendant la culture moins apte à surmonter les attaques continues des ravageurs et plus sensible aux stress climatiques. La sécheresse marquée pendant la floraison n’a dans l’ensemble pas permis d’installer un nombre de siliques suffisant. Les maladies de fin de cycle ont pu localement perturber le remplissage des graines. »

En protéagineux, les surfaces ont augmenté de 14 % par rapport à la moyenne quinquennale, à près de 300 000 hectares et cela, malgré avoir bénéficié de conditions d’implantation difficiles également. « Les protéagineux ont en effet partiellement bénéficié du report des surfaces non semées en céréales. »

Les résultats par culture

  • Blé : taux de protéines satisfaisants et poids spécifiques élevés

Le rendement moyen s’établit pour le moment à 68,3 q/ha, en déclin de 4 % par rapport à la moyenne quinquennale. L’hétérogénéité est « encore plus forte cette campagne ». Si les rendements sont globalement en berne, certaines régions s’en sortent mieux : « c’est le cas de la Normandie, des Hauts-de-France, du Grand Est et de la Bourgogne-Franche-Comté où les rendements sont proches voire supérieurs à la moyenne quinquennale. »

Malgré une production en chute libre cette année (29,7 Mt), « les teneurs en protéines devraient répondre aux besoins des utilisateurs des blés tendres français. Les moyennes régionales sont généralement supérieures à 11,5 %, voire 12 % sauf dans les Pays-de-la-Loire, en Normandie, en Bretagne et dans les anciennes régions Picardie et Champagne-Ardenne. »

L’absence de pluie jusqu’à la récolte a par ailleurs généralement permis de « préserver le potentiel de poids spécifique élevé mis en place au moment du remplissage grâce au temps ensoleillé », avec une moyenne située à 79-80 kg/hl.

  • Orge d’hiver : très bons calibrages

Les rendements sont également en baisse, avec de fortes disparités, « notamment sous la ligne Lorient-Strasbourg où l’on observe des récoltes très décevantes, particulièrement pour les semis les plus précoces. »

La surface est en repli de 12 % par rapport à la moyenne quinquennale, avec une production estimée à 7 Mt, soit - 22 % par rapport à la moyenne quinquennale.

La qualité est au rendez-vous : « les teneurs en protéines majoritairement situées entre 10,5 et 11,5 % devraient satisfaire les utilisateurs brassicoles dans la plupart des cas. Les poids spécifiques sont corrects à bons selon un gradient Ouest- Est. Enfin, les calibrages sont très bons. Les régions brassicoles présentent des moyennes supérieures ou égales à 80 %, voire à 90 % (Champagne-Ardenne, Picardie et Poitou-Charentes). »

  • Orge de printemps : récolte en cours

Les rendements reculent également, mais avec la forte hausse des surfaces (+52 % / 2015-2019) qui découle d’un report de semis de blé tendre et d’orges d’hiver qui n’ont pas pu être réalisés, la production devrait atteindre 4,3 Mt, soit + 37 % par rapport à la moyenne quinquennale.

Toutefois, « les attaques de viroses (jaunisse nanisante de l’orge) ont été générales sur l’ensemble des bassins de production. En effet, les pucerons ont profité de conditions climatiques très favorables en automne et en hiver, et l’efficacité des traitements foliaires n’a été que partielle. »

  • Blé dur : qualité satisfaisante

Le blé dur suit la tendance générale, avec des rendements particulièrement hétérogènes à travers le territoire. « Ils sont en net recul dans les bassins Sud-Ouest et Ouest-Océan, alors qu’ils sont proches de la moyenne dans le bassin Sud-Est et bons dans la région Centre. »

Les surfaces restent en baisse par rapport à la moyenne des cinq dernières années, malgré une légère hausse d’une année sur l’autre (+ 2 % / 2019). La production, prévue à 1,3 Mt chute de 28 % par rapport à la moyenne 2015-2019.

« Côté qualité, les teneurs en protéines sont correctes à bonnes, même très bonnes dans le bassin Ouest-Océan. Sous l’effet combiné de la génétique et de conditions favorables lors du remplissage des grains, le poids spécifique est satisfaisant (bassin Ouest-Océan et Sud-Est), voire bon (bassin Centre et Sud-Ouest) en dépit de pluies survenues en fin de cycle dans certains secteurs à l’Ouest et dans le Sud-Ouest. Pour les mêmes raisons, la collecte nationale devrait être majoritairement satisfaisante pour le temps de chute de Hagberg même si localement des accidents ont pu être constatés. 

  • Colza : meilleures teneurs en huile que l’an dernier

La récolte de colza est attendue à 3,3 Mt. « Les difficultés d’implantation des cultures et la gestion de plus en plus difficile des ravageurs pour lesquels les solutions de contrôle manquent sont à l’origine d’une baisse des surfaces dans plusieurs régions, en Bourgogne, Lorraine et Champagne-Ardenne ». Un gel tardif a également contribué à la détérioration des potentiel de rendement, notamment dans les bassins Centre et Centre-Est de la France.

 « À l’Ouest (Bretagne, Pays de la Loire et Normandie) et au Sud, l’alternance d’excès d’eau hivernaux et de sécheresses printanières a empêché un développement performant du système racinaire. L’alimentation et la croissance de la plante ont été perturbées et la production affectée. »

À part quelques exception, la récolte est globalement décevante, mais « les teneurs en huile sont en moyenne meilleures que l’année dernière et devraient être proches de 44 % de rendement aux normes. »

  • Protéagineux : la récolte s’achève

Les protéagineux n’ont pas non plus échappé à la baisse de rendement, et malgré une hausse des surfaces, la récolte est décevante. « Après une implantation des cultures difficile, les pois ont mal supporté la longue période de sécheresse du printemps qui a freiné leur développement et limité la mise en place de nodosités. Les pois d’hiver implantés plus tôt ont pu bénéficier de conditions plus favorables. »

Ce qui caractérise l’année 2020 ? « Une pression des ravageurs (sitones et pucerons) sans précédent, en particulier dans la moitié nord de la France, qui a réduit le potentiel des cultures. Du fait de leur jeune stade à l’arrivée des pucerons, les cultures de printemps ont été les plus impactées. Le retour des pluies n’a pas toujours permis une floraison et un remplissage corrects. »

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