Exportations de céréales Le blé russe perd en compétitivité à l’export

Terre-net Média

Concurrence féroce de l’Ukraine et de la Roumanie, maintien de taxes à l’export et récolte en berne : autant de facteurs qui influencent à la baisse la compétitivité des blés russes.

Monnaie russe, pièces et billetsLa Russie a augmenté la taxe à l'export en blé pour la période du 1er au 7 septembre. (©Pixabay)

Dans un contexte de faible récolte, d’inquiétudes quant à l’approvisionnement de son marché intérieur et d’inflation alimentaire, le gouvernement russe a décidé de réhausser la taxe appliquée aux exportations céréalières pour la semaine du 1 er au 7 septembre.

Le pays avait mis en place une taxe forfaitaire à l’export de blé en février dernier (50 €/t, soit 59 $/t), transformée le 2 juin en droits flottants, qui sont modifiés chaque semaine en fonction d’indicateurs de prix.

Cette taxe flottante vient donc d’être augmentée à 31,70 $/t pour le blé, contre 30,40 $/t la semaine dernière, et pourrait l’être à nouveau les semaines qui viennent, estiment plusieurs analystes.

Résultat : face à des blés à bas prix venus de Roumanie et d’Ukraine, le blé russe perd de sa compétitivité depuis le mois de juillet, et la campagne de commercialisation à l’export risque de durer davantage qu’à l’accoutumée.

Les prix à l’exportation du blé russe étaient encore en hausse la semaine dernière pour la 7 e semaine consécutive, notait hier le cabinet de conseil agricole Ikar. Il indique que le blé russe à 12,5 % de protéines pour un approvisionnement fin septembre ou début octobre était en hausse de 4 $/t par rapport à la semaine précédente, à 299 $/t FOB.

Les ventes russes à l’export tournent au ralenti et pourraient s’éterniser dans le temps, rapportent les analystes. Le cabinet de conseil Sovecon estime que les volumes de blé exportés en juillet/août s’élèvent à 5,3 millions de tonnes (Mt), contre 7 Mt fin août 2020.

De fait, les opérateurs du marché et le gouvernement semblent s’attendre à des exportations russes plutôt tardives, une fois que la Roumanie et l’Ukraine auront moins de blé à vendre, donc dans la seconde partie de la campagne de commercialisation.

Ikar évoque alors l’ouverture possible de « nouveaux marchés » pour le blé russe, une « quantité record » de blé à destination de l’Arabie saoudite, un « approvisionnement élevé » en Iran, l’émergence d’ « expéditions actives » vers l’Algérie et une augmentation des exportations vers le Kazakhstan. Et la « bonne qualité » du grain permettrait de concurrencer les blés européens.

Au total, la Russie exporterait 33,9 Mt de blé sur la campagne 2021/2022, d’après Sovecon. Soit le plus bas niveau en cinq ans pour le premier exportateur de blé au monde.

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