; Révision des prévisions de bilan céréalier 2022-2023 par FranceAgriMer

Commercialisation du blé tendre Moins d’export que prévu, mais davantage d’alimentation animale

Terre-net Média

La campagne d’exportation des blés français a démarré trop fort pour tenir dans la durée. FranceAgriMer a réduit de 300 000 t son objectif d’exports de blé nouvelle campagne vers les pays tiers. Mais face à une récolte de maïs grain qui s’annonce catastrophique, l’utilisation de blé en alimentation animale est fortement revue à la hausse. Sur le plan qualitatif, Arvalis et FranceAgriMer enregistrent 59 % de blé « premium » ou « supérieur » pour cette moisson 2022. (Article publié initialement le 14 septembre à 17h45)

Le rythme soutenu d'exportations des blés tendres vers pays tiers enregistré cet été ne devrait pas durer.Le rythme soutenu d'exportations des blés tendres vers pays tiers enregistré cet été ne devrait pas durer, malgré la bonne compétitivité prix. (©Terre-net Média) 

Comme cela était envisagé début juillet, la campagne d’exportation des blés français a démarré très fort. En juillet dernier, les opérateurs ont exporté plus de 1,6 Mt de blé, soit plus du double qu’en juillet 2021. En août, le rythme a déjà ralenti, avec 1,14 Mt expédiés, moins qu’en août 2021. « La Commission européenne chiffre ainsi les exportations françaises à 2,4 Mt depuis le 1er juillet dernier, soit un nouveau record », expliquait déjà notre expert  Marius Garrigue la semaine dernière.

La reprise des exportations ukrainiennes va indéniablement freiner le rythme d’export côté français. « La guerre en Ukraine et le maintien ou non du corridor pèsent d'un poids important sur les cours » du blé, rappelle aussi FranceAgriMer.

Par ailleurs, la récolte de maïs grain s’annonçant catastrophique – la pire récolte depuis 1990 selon Agreste – les fabricants d’aliment du bétail vont partiellement se reporter vers du blé, faute de maïs disponible en quantité suffisante. À l’occasion de son conseil spécialisé céréales de cette rentrée d’automne, FranceAgriMer a ainsi revu à la baisse ses prévisions d’exportations vers pays tiers. Ces dernières sont désormais envisagées à 10 Mt, soit 300 000 t de moins que prévu début juillet. En parallèle, FranceAgriMer s’attend à une consommation supplémentaire de 500 000 t pour l’alimentation animale.

« Les prévisions de mise en œuvre de céréales pour la nutrition animale voient la part du blé se renforcer au détriment du maïs, compte-tenu du contexte de compétitivité prix et de l’état de la demande en France. Le blé passe ainsi de 3,9 Mt à 4,4Mt, le maïs de 3,1 Mt à 2,3 Mt et les orges de 1,2 Mt ) 1,3Mt.

Sur la scène internationale, les incertitudes restent nombreuses : outre les suites du conflit en Ukraine « l’euro faiblit face au dollar, redonnant de l’attractivité aux origines européennes. » Parmi les autres facteurs d’instabilité : la Chine qui poursuit sa politique « zéro Covid » et où les confinements pèsent sur la croissance, et donc la demande, du pays.

Blé tendre : une qualité au rendez-vous

Avec Arvalis, FranceAgriMer a aussi présenté le bilan « quasi-définitif » de la qualité du blé tendre récolté cet été. Avec des conditions de moisson caniculaires et sèches, l’humidité moyenne est de 12 %, « exceptionnellement basse » donc. La teneur moyenne en protéines s’élève à 11,4 %, en dessous des 11,9 % de moyenne quinquennale.

Les autres critères qualitatifs des grains sont d’un bon niveau pour cette récolte 2022 : 96 % de la collecte enregistre un temps de chute de Hagberg supérieur à 240 secondes. La force boulangère moyenne s’élève à 176 et les grains obtiennent une note moyenne de 258 sur 300 au test de panification. Résultat : 59 % de la collecte est classée « supérieur » ou « premium ».


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