Marché européen du sucre Pour cette 1ère année sans quota, les bons résultats du marché sucrier européen

Terre-net Média

Production betteravière en nette hausse, importation en forte baisse, doublement des exportations… : pour sa première année sans quota, le marché sucrier européen affiche d’ores-et-déjà de bons résultats.

Avec une bonne récolte de betteraves partout en Europe et une consommation stable de sucre, l'UE devrait doubler ses exportations de sucre vers pays tiers pour cette campagne 2017-2018.Avec une bonne récolte de betteraves partout en Europe et une consommation stable de sucre, l'UE devrait doubler ses exportations de sucre vers pays tiers pour cette campagne 2017-2018. (©Watier Visuels) 

La fin des quotas sucriers a bel et bien « libéré » le marché européen. Selon la commission européenne, la production sucrière européenne devrait atteindre 20,2 Mt en 2017-2018 contre 16,8 Mt en 2016/2017. Les rendements des betteraves à sucre sont supérieurs ou égaux à la moyenne des cinq dernières années dans tous les pays européens, à l’exception de l’Autriche.

Sur le marché, la balance commerciale du sucre européen sera nettement positive. La baisse des importations européennes de sucre, constatée en 2016/17 s’est confirmée en début de campagne 2017/2018, notamment dans le cadre des accords préférentiels avec les pays d'Afrique, des Caraïbes et du Pacifique et les pays les moins avancés (ACP-PMA) ou dans le cadre des accords « tout sauf les armes ». L’observatoire européen des marchés du sucre prévoit des importations en provenance des pays tiers de 1,3 Mt, hors produits transformés.

A l’inverse, les exportations devraient doubler en un an, passant de 1,4 Mt à 2,8 Mt. Les pays de la Méditerranée et du Moyen Orient absorbaient jusqu’à présent plus de la moitié des exportations de sucre européen, avec pour principaux acheteurs Israël, l’Égypte et l’Algérie. L’Union européenne pourrait, à l’avenir, développer ses exportations à destination des pays du Golfe, dotés de raffineries dont la rentabilité est aujourd’hui remise en cause par la fin des quotas sucriers dans l’Union européenne et la libéralisation du marché du sucre.

UNE PRODUCTION MONDIALE PRÉVUE À 179 MT, EN HAUSSE DE 11 MT

Sur son marché intérieur, Bruxelles table aussi sur une consommation quasi stable pour l’alimentation humaine (16,2 Mt soit - 0,6 Mt par rapport à 2016/2017) et en légère progression pour les utilisations industrielles (2,3 Mt dont 1,6 Mt de bioéthanol). Le  stock de fin de campagne pourrait ainsi s’établir à 1,6 Mt contre 1,3 Mt en 2016/2017. L’augmentation de la production européenne, tempérée par la baisse des importations, serait donc en grande partie absorbée par la hausse des utilisations intérieures industrielles et le doublement des exportations.

Sur le plan mondial, les prix du sucre se redressent peu à peu depuis deux mois après une chute sévère, dans le sillage de la remontée des cours du pétrole qui incite les fabricants brésiliens à arbitrer en faveur de la production d’éthanol à partir de la canne, en réduisant leur production de sucre ces dernières semaines.

La production de sucre pourrait ainsi baisser de 2,25 Mt au Brésil en 2017/2018, selon les dernières estimations de l’International Sugar Organization.

La production mondiale de sucre augmenterait cependant de 11 Mt à plus de 179 Mt, selon l’ISO, sous l’effet des hausses de production attendues en Inde, dans l’Union européenne, en Thaïlande et en Chine. Ce qui laisserait place à un excédent de 5 Mt, la consommation mondiale étant prévue à 174 Mt. Cet excédent pourrait se réduire à 3 Mt en 2018/2019, selon l’ISO.

Nette progression des exportations françaises

Dans ce contexte européen et mondial, selon les dernières estimations, la production française de sucre, en hausse sensible en 2017/2018, pourrait atteindre 6,2 Mt, dont 6 Mt issues des betteraves de métropole et 0,2 Mt de la canne sucrière des Dom.

Avec le stock de début de campagne (environ 0,5 Mt) et les importations prévues en légère baisse par rapport à l’an dernier, les ressources françaises en sucre s’élèveraient à 7,7 Mt.

Les utilisations sur le marché français sont attendues à 2,9 Mt, dont 2 Mt à des fins alimentaires et 0,9 Mt pour les utilisations industrielles, notamment le bioéthanol.

Les exportations françaises de sucre en l’état sont prévues en nette progression par rapport à la campagne précédente à 3,15 Mt (2,17 Mt en 2016/17), dont 2 Mt vers l’Union européenne et 1,15 Mt vers les pays tiers. Les exportations de sucre transformé pourraient légèrement progresser à près de 1 Mt. Au total, le stock de fin de campagne pourrait s’établir à moins de 0,7 Mt en 2017/18 contre 0,5 Mt en 2016/17.


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