Conjoncture maïs grain Pour les maïsiculteurs, la bonne récolte 2017 ne compense pas les prix en baisse

Terre-net Média

Certes, le rendement moyen 2017 enregistré par les producteurs français de maïs grain (103 q/ha) est l’un des meilleurs depuis 2010, mais la bonne récolte ne compensera pas des prix en baisse depuis plusieurs mois.

Le rendement moyen 2017 en maïs grain devrait s'élever à 103 q/ha selon Arvalis-Institut du végétal, soit le troisième meilleur rendement de ces dernières années..Le rendement moyen 2017 en maïs grain devrait s'élever à 103 q/ha selon Arvalis-Institut du végétal, soit le troisième meilleur rendement de ces dernières années. (©Terre-net Média)

« Les quintaux sans les prix » : le titre employé par l’AGPM pour dresser le bilan de la récolte de maïs 2017 résume parfaitement bien la loi de l’offre et de la demande dans une économie mondialisée et libéralisée et, en particulier, la situation des producteurs français.

Selon l’association spécialisée, la récolte française de maïs grain est en forte hausse. Les producteurs auront récolté 13,9 Mt, soit 1,6 Mt (+ 12 %) de plus qu’en 2016. Au printemps, pourtant, lors des semis, rien ne prédisait une excellente récolte. Et pour cause, les surfaces ont baissé de 5 % par rapport à 2016, à 1,35 Mha.  

Mais « grâce aux précipitations estivales, le maïs affiche un rendement estimé à ce jour à plus de 103 quintaux par hectare », explique l’AGPM. Cette moyenne cache bien entendu des disparités : certaines régions afficheront des rendements historiquement hauts à plus de 110 quintaux par hectare comme en Alsace, Aquitaine, Midi-Pyrénées et Champagne-Ardenne, tandis que d’autres resteront dans la moyenne comme en Poitou-Charentes ou en Rhône-Alpes.

Selon Arvalis, le rendement moyen 2017 est le 3e meilleur rendement historique en maïs grain, derrière les 108 q/ha de 2014 et les 105 q/h de 2011. Voilà pour « les quintaux ».

« Baisse des prix de vente d’environ 15 €/t »

« Les prix », eux, ne sont pas au rendez-vous. Car il n’y a pas qu’en France que la récolte a été bonne. « Les prix mondiaux du maïs sont sous pression sous l’effet des très bonnes récoltes enregistrées tant en Amérique du Sud qu’aux Etats-Unis », constatent les représentants de l’AGPM. Ce sont les prix sud-américains qui marquent la baisse la plus nette (- 17 % au 20/10). Les prix US exprimés en dollars reculent également de 7 % par rapport à l’an passé (au 20/10).

Conséquence en France, sous l’effet conjugué des cours internationaux et du renforcement de l’euro, les prix Fob Bordeaux reculent de 11 % au 20/10. « Au niveau des exploitations, l’évolution des marchés peut se traduire concrètement par une baisse des prix de vente de 15 €/t (valeur indicative) par rapport à la campagne précédente. »

Alors que la récolte 2016 cotait autour de 170 €/t en avril dernier, le prix de la récolte 2017 s'affiche autour de 154 €/t Fob Bordeaux.Alors que la récolte 2016 cotait autour de 170 €/t en avril dernier, le prix de la récolte 2017 s'affiche autour de 154 €/t Fob Bordeaux. (©Terre-net Média)

Dans ce contexte, les producteurs de maïs, et plus généralement de grandes cultures, restent démunis face aux fluctuations des prix mondiaux et européens. A l’échelle de l’exploitation, mettre en place une stratégie de commercialisation de ses grains permet tout au mieux de gagner quelques euros supplémentaires par tonne de grains vendus, mais pas de se prémunir de fluctuations aussi fortes des cours.

Pour l’AGPM, « le seul filet de sécurité que constituent les droits de douanes ne suffit pas » non plus. « D’ici la mise en œuvre de la prochaine Pac, il convient d’avancer dans la création d’une assurance récolte incitative grâce à la récente évolution du règlement Omnibus permettant de subventionner les contrats dès 20 % de pertes avec un accompagnement public de 65 %. De même, la dotation pour aléas doit rapidement évoluer vers une épargne de précaution individuelle, simple et mobilisable. »

Les maïsiculteurs espèrent aussi que la cellule d’expertise sur la gestion de l’eau en agriculture lancée par Nicolas Hulot et Stéphane Travert jeudi 2 novembre fera avancer le dossier du stockage de l’eau. « La production française a aujourd’hui besoin d’un ambitieux plan d’investissement dans le stockage de l’eau s’appuyant sur une agriculture irriguée sobre et performante dans le cadre de projets de territoires. »


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