Moisson 2018 Un résultat en blé tendre « à l’équilibre » qui ne bouche pas le trou de 2016

Terre-net Média

Les experts d’Agritel ont dressé leur bilan chiffré de la moisson 2018, « la troisième plus faible récolte française de ces 10 dernières années ». Pour les céréaliers, le résultat en blé tendre sera, en moyenne, « à l’équilibre », notamment grâce à la hausse des prix depuis début mai. Agritel prévoit une campagne à l’export 2018-2019 moins bonne en volumes, mais supérieure de 11 % en valeur par rapport à 2017-2018.

L'excès d'eau au printemps a pénalisé le rendements de parcelles dans plusieurs régions françaises, notamment le Sud-Ouest et le Grand Ouest.L'excès d'eau au printemps a pénalisé le rendement de parcelles dans plusieurs régions françaises, notamment le Sud-Ouest et le Grand Ouest. (©@benj_thi) C’est l’heure du bilan. Après les prévisions actualisées de rendements publiées par Agreste à la mi-août, c’est au tour d’Agritel de dresser un bilan complet de la moisson 2018 de blé tendre.

En termes de volume, « le rendement en blé tendre est estimé à 69,18 q/ha, en baisse de 6,67 % par rapport à la moyenne olympique des cinq dernières années », a expliqué Michel Portier, PDG et fondateur de la société spécialisée dans la gestion du risque de prix.

Les rendements 2018 en blé tendre baissent sensiblement par rapport à ceux de 2017.Les rendements 2018 en blé tendre baissent sensiblement par rapport à ceux de 2017. (©Agritel) 

L’excès d’eau au printemps dans le Grand Ouest et le Sud-Ouest a eu raison des rendements. « Dans ces régions, ils sont inférieurs de 15 à 20 % par rapport à la moyenne olympique de ces cinq dernières années. » L’humidité du printemps a été plus impactante que les fortes chaleurs en début de moisson. « Seules les régions du centre, l’Ile-de-France et la Basse-Normandie s’en sortent avec des rendements identiques à la moyenne. Plus au Nord, les rendements sont légèrement en baisse. »

Pour les producteurs, 2018 ne comblera pas le trou financier de 2016

Avec des surfaces de blé tendre en légère baisse pour la troisième campagne consécutive (4,94 Mha), Agritel estime la production française 2018 à 34,17 Mt. Dit autrement, « c’est la troisième plus faible production française de blé tendre ces dix dernières années. »

2018, troisième plus faible récolte de blé tendre en France de ces dix dernières années2018, troisième plus faible récolte de blé tendre en France de ces dix dernières années (©Agritel) 

Sur le plan économique, Michel Portier prédit une campagne 2018-2019 « à l’équilibre » pour des producteurs qui « ne verront pas la sortie de crise » tant attendue. Selon Agritel, les agriculteurs avaient engagé ou vendu avant le début de la moisson environ 20 % de leur production. Une part de la récolte qui a été vendue avant la hausse des cours. « À ce jour (22 août, ndlr) on estime entre 40 et 45 % la production d’ores et déjà vendue. »

« Entre ce qui est déjà vendu et ce qui reste à vendre, le prix moyen de vente pourrait être de 170 €/t, prix producteur », chiffre-t-il. Les rendements plus faibles faisant mathématiquement grimper les coûts de production à la tonne, ces derniers devraient être assez élevés. « Au final, ce sera, en moyenne, une année à l’équilibre », prédit M. Portier. « Et donc ça ne compensera pas le trou financier de 2016. »

Le bilan économique de la récolte 2018 sera à l'équilibre pour les producteurs de blé tendre, selon Agritel.Le bilan économique de la récolte 2018 sera à l'équilibre pour les producteurs de blé tendre, selon Agritel. (©Agritel) 

Une bonne qualité mais des disponibilités à l’export en baisse

Qu’en sera-t-il de la campagne de commercialisation des grains français à l’export ? Agritel note un point positif : « la qualité des blés est bonne. Les taux de protéines moyens sont de l’ordre de 12 %. Les poids spécifiques et les indices du temps de chute de Hagberg sont satisfaisants. » La qualité ne sera donc pas un frein à l’export.

Sur le marché européen, les pays du Nord (Allemagne, Pologne, pays Baltes, Suède et Finlande) enregistrent des très mauvaises récoltes. « La production européenne cumulée de blé tendre et de blé dur devrait chuter de 15 Mt. »

« La France ne pourra pas compenser la baisse de la production européenne », prévient Agritel. Car le disponible exportable français ne serait que de 16,2 Mt, contre 17,7 Mt.

Les exports français devraient être concentrés vers ses marchés traditionnels. D’abord vers les pays de l’UE, vers lesquels les opérateurs français pourraient livrer autour de 7,7 Mt, contre un peu plus de 9 Mt l’an passé.

Les opérateurs devraient exporter moins de blé tendre vers nos voisins européens que lors de la campagne précédenteLes opérateurs devraient exporter moins de blé tendre vers nos voisins européens que lors de la campagne précédente (©Agritel) 

Les exportations vers pays tiers, essentiellement vers l’Algérie, l’Afrique de l’Ouest, le Maroc et Cuba, pourraient être similaires, en volumes, à celles de 2017-2018, autour de 8 Mt.

Vers les pays tiers, Agritel table sur une campagne de commercialisation 2018-2019 similaire, en volumes, à celle 2017-2018.Vers les pays tiers, Agritel table sur une campagne de commercialisation 2018-2019 similaire, en volumes, à celle 2017-2018. (©Agritel) 

La campagne de commercialisation 2018-2019 a d’ailleurs bien démarré, avec d’ores et déjà 1,4 Mt qui pourraient être expédiées vers l’Algérie sur les seuls mois de juillet et août.

L’autre point positif de ce début de campagne : la valeur envisagée de ces exportations. « Avec le rebond des cours, les exportations pourraient grimper de 11 % en valeur ».


© Tous droits de reproduction réservés - Contactez Terre-net

Tags

A lire également

Chargement des commentaires


Contenu pour vous