Lutte contre le réchauffement climatique Un nouveau dispositif pour financer les bilans carbone des jeunes installés

Terre-net Média

Destiné aux jeunes installés, le nouveau dispositif « Bon diagnostic carbone » annoncé lors du webinaire de l’Apad par le ministère de l’agriculture, s’inscrit dans le plan de relance. Il vise à inciter les agriculteurs à réaliser un bilan carbone et à mettre en place différentes actions pour limiter l'impact de leurs pratiques sur le climat. Cette mesure, qui sera opérationnelle en mars 2021 vient compléter le label bas carbone en cours de déploiement en France.

Couverts200 agriculteurs et 30 000 ha sont déjà labellisés "Au cœur des sols". (©Terre-net Média)

Lors du webinaire « Carbone : de l’or au cœur des sols » organisé par l’Apad (association pour une agriculture durable), le représentant du ministère de l’agriculture, Sébastien Bouvatier, a annoncé la mise en place du dispositif "Bon diagnostic carbone", une mesure inscrite dans le plan de relance de l'agriculture.

Ce dispositif doit permettre aux jeunes agriculteurs, installés depuis moins de cinq ans, de réaliser un bilan carbone de leur exploitation puis de mettre en place un plan d’action en bénéficiant d’un accompagnement. Les modalités pratiques sont en cours d’élaboration avec l’Ademe qui doit identifier les structures pouvant assurer les diagnostics. L’objectif : une mise en place effective au 1er mars 2021. 10 millions d’euros sont dédiés à cette mesure avec un objectif de 5 000 diagnostics carbone sur 2021-2022.

5 000 diagnostics carbone en 2021-2022

Cette nouvelle mesure s’articule avec le label bas carbone, pour lequel trois méthodes ont déjà été approuvées : pour la filière bovine, les vergers et les haies. Celle des grandes cultures est en cours d’examen et devrait également être validée début 2021. Les producteurs en agriculture de conservation des sols (ACS) pourront s’inscrire dans cette dernière en attendant peut-être une méthode plus spécifique par la suite.

À savoir aussi : Au niveau européen, dans le cadre du Green Deal et de la stratégie Farm to fork, la Commission lance la création d’un cadre de certification carbone européen. Il devrait être opérationnel en 2023 et les aides de la Pac pourraient être une source de financement.

Un groupe s’est d’ailleurs constitué au sein de l’Apad afin de mieux comprendre le marché du carbone. Diane Masure, agricultrice dans l’Aube et engagée en ACS depuis huit ans, en fait partie. Elle a rappelé, lors de ce webinaire, que les risques pris par les agriculteurs en ACS manquaient actuellement de reconnaissance par la société. Si, depuis le début d’année, le label "Au cœur des sols" reconnaît la mise en place des trois piliers stricts de l’ACS (couverture permanente des sols – rotation et diversité des cultures – non-travail du sol avec semis direct), il n’existe pas encore de filière pour les produits issus de ce mode de production.

En revanche, les 200 agriculteurs déjà labellisés "Au cœur des sols" (et leurs 30 000 ha) pourraient bénéficier d’une reconnaissance financière pour les services environnementaux rendus, en passant par le label bas carbone. Et l’Apad compte bien porter un projet en ce sens lorsque la certification grandes cultures sera validée par le ministère de l’écologie.

Une démarche que Claudine Foucherot, directrice du programme Agri-forêt à I4CE, a ensuite expliquée. Avec le label bas carbone, les agriculteurs peuvent bénéficier d’une rémunération pour le carbone qu’ils n’ont pas émis ou qu’ils ont stocké dans leur sol. « Pour les premiers projets en France, la fourchette de prix pour la tonne de CO2 est entre 30 et 50 €. Ce qui est déterminant dans le prix du carbone, ce sont les coûts des projets et la présence de co-bénéfices. » « On peut également envisager des cofinancements public-privé pour ces projets bas carbone : par exemple un diagnostic financé dans le cadre du dispositif "Bon diagnostic carbone" du ministère et ensuite un financement privé par des entreprises qui cherchent à compenser leurs émissions de gaz à effet de serre sur le marché du carbone ».

Concernant la méthode grandes cultures, Claudine Foucherot a précisé qu’elle ne s’adressait pas seulement aux agriculteurs entreprenant de nouvelles actions pour baisser leurs émissions de CO2 mais aussi aux « pionniers » ayant des pratiques déjà vertueuses. L’idée est d’éviter tout risque de relargage du carbone dans l’atmosphère et d’inciter ces agriculteurs à maintenir leurs bonnes pratiques.

Retrouvez le replay du  webinaire "Carbone : de l'or au cœur des sols ?", organisé par l'Apad : 

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