L'actu d'Arvalis Ce qu'il faut savoir sur la régulation naturelle des pucerons

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De nombreux invertébrés participent au contrôle biologique des pucerons. Une faune auxiliaire diversifiée garantit une complémentarité des modes de régulation ce qui induit une meilleure efficacité. Plusieurs moyens existent pour estimer et favoriser l’action des ennemis naturels des pucerons.

Pucerons sur épis de bléObserver les pucerons et leurs ennemis naturels en parcelles permet d’avoir des informations sur les populations présentes et leurs relations. (©Arvalis-Institut du végétal)

Les  ennemis naturels des pucerons en grandes cultures sont nombreux : syrphes, coccinelles, hyménoptères parasitoïdes, carabes, sphécides, araignées… Le niveau optimal de régulation est atteint lorsque ce cortège d’organismes est présent, puisque leurs actions sont complémentaires.

Cependant, certains auxiliaires sont connus pour être plus efficaces que d’autres : c’est le cas des auxiliaires volants. Les hyménoptères parasitoïdes sont parmi les plus efficaces contre les pucerons. Ils pondent dans ceux-ci, les larves se développent à l’intérieur à leur détriment, puis elles émergent pour aller pondre dans d’autres pucerons. Les syrphes (photo ci-dessous) et les coccinelles sont également des insectes plutôt efficaces pour réguler ce ravageur.

SyrphesPar leur régime aphidiphage (uniquement composé de pucerons), les larves de nombreuses espèces de syrphes (à droite) constituent des auxiliaires de cutures intéressants, tandis que les adultes (à gauche) se nourrissent de pollen (©V. Tosser pour la photo de gauche et © Magaly Lahély – Casdar Entomophages, pour celle de droite).

Parmi les autres auxiliaires, les entomophtorales, des champignons parasites, ont un potentiel de régulation très important, mais sont malheureusement encore peu connus.

Choisir la méthode d’observation adéquate pour évaluer la taille des populations d’insectes

Observer les pucerons et leurs ennemis naturels en parcelles permet d’avoir des informations sur les populations présentes et leurs relations. Pour cela, de nombreuses méthodes d’observation sont disponibles et il est parfois difficile de s’y retrouver.

Le projet Arena (Casdar, 2017-2020) a montré que pour les pucerons, les observations visuelles sont la méthode la plus appropriée. Pour cela, il faut compter les pucerons vus sur un nombre de plants donné. Il est possible de chercher à différencier les espèces présentes, les stades, etc. Cette méthode est aussi adaptée pour les coccinelles (photo).

Comme pour les pucerons, l’observation visuelle sans piégeage est la plus adaptée aux coccinelles. Adulte (à gauche) et larve (à droite)Comme pour les pucerons, l’observation visuelle sans piégeage est la plus adaptée aux coccinelles. Adulte (à gauche) et larve (à droite) (©V. Tosser)

Pour s’intéresser aux syrphes, les cuvettes jaunes sont de bons outils. Ces pièges attractifs permettent d’avoir une bonne idée des populations présentes dans l’environnement.

Pour en savoir plus, retrouvez en vidéo des conseils pour installer une cuvette jaune  :

Cliquez sur le curseur pour lancer la vidéo.

Enfin, pour comptabiliser les hyménoptères parasitoïdes, l’utilisation d’un aspirateur se révèle être une bonne méthode d’étude. Mais ces insectes sont difficiles à identifier. Cette information est cependant nécessaire puisque tous les hyménoptères ne parasitent pas les pucerons. Le comptage de momies de pucerons (pucerons parasités) est une bonne manière de constater et évaluer leur présence.

Un calcul simple pour estimer la régulation des parasitoïdes : le taux de parasitisme

L’observation des momies de pucerons (photo) permet le calcul d’un indicateur de potentiel de régulation : le taux de parasitisme. Pour cela, il faut diviser le nombre d’insectes parasités par la somme du nombre d’insectes sains et parasités. Ce taux de parasitisme peut atteindre 99 % lorsque la population du ravageur est bien développée, révélant ainsi une forte activité des parasitoïdes.

Le parasitoïde peut être toujours à l’intérieur de la momie de puceron ou avoir déjà émergé Le parasitoïde peut être toujours à l’intérieur de la momie de puceron ou avoir déjà émergé. (©V. Tosser)

Comment favoriser la régulation biologique des pucerons ?

Pour favoriser la régulation biologique des pucerons, il est envisageable d’agir à plusieurs échelles. De nombreux facteurs peuvent intervenir. Le projet Arena a permis de lister ceux qui ont le plus d’effet :

  • Au niveau de la parcelle, les auxiliaires volants sont particulièrement sensibles aux traitements insecticides. Il est possible de réfléchir sur la manière de réduire la fréquence des traitements ou de vérifier que les produits choisis sont sélectifs et respectent la faune auxiliaire.
  • En bords de champs, la longueur du linéaire de haies et d’éléments enherbés sont des facteurs favorables à la régulation biologique des pucerons.
  • À l’échelle du paysage, la dimension des parcelles est un facteur avec un fort effet : diminuer leur taille sera bénéfique à la régulation naturelle des pucerons. Par ailleurs, la présence de prairies et de bois dans l’environnement est favorable au contrôle biologique.
La recherche se poursuit
S’il est admis que les auxiliaires sont particulièrement efficaces contre les pucerons des épis et permettent de limiter la majorité du temps les pullulations, la problématique est totalement différente pour les pucerons d’automne, vecteurs de virus dommageables pour les plantes. Les travaux de recherche s’orientent de plus en plus sur l’étude des populations d’auxiliaires et de ravageurs présentes à cette période et de l’équilibre entre les deux.

Les prochains travaux devront également s’attacher à préciser le rapport coût/bénéfice de mesures favorables aux ennemis naturels, et à la biodiversité en général.
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