L'actu de Terres Inovia Les méligèthes font déjà leur apparition dans les colzas

Terre-net Média

Avec les conditions climatiques douces du mois de février, les méligèthes ont déjà fait leur apparition dans les champs de colza. Même si le retour d'un temps perturbé depuis quelques jours freine de nouveaux déplacements, il convient d'être vigilant, surtout en cas de colzas chétifs.

Les méligèthes se sont réveillés tôt cette année à la faveur des conditions climatiques printanières depuis mi-février. Les colzas sont donc à surveiller car les populations peuvent être parfois déjà importantes même sur des petits boutons (2 à 3 mm) particulièrement sensibles aux dégâts. Le retour d'un temps perturbé depuis plusieurs jours n’est pas favorable à de nouveaux déplacements importants de méligèthes mais la surveillance est de rigueur.


Les stades des colzas sont variables selon les parcelles : certains atteignent le stade sensible D1 (boutons accolés encore cachés) voire D2 (inflorescence principale dégagée). Dans les parcelles les plus avancées, les premières fleurs sont observables notamment en Poitou-Charentes et à l'ouest, région Centre-Val de Loire.

Maintenir la population de méligèthes à un niveau acceptable

Les règles de décision de lutte contre les méligèthes visent à maintenir la population à un niveau acceptable pour que la floraison puisse s'engager franchement et que les capacités de compensation puissent s'exprimer. La gestion de ce ravageur ne vise pas à l'éradiquer mais plutôt à bien mesurer le risque : faut-il intervenir ou ne pas intervenir ?

La particularité des méligèthes réside dans le fait qu'ils provoquent des perforations dans les boutons floraux. À cette période du cycle, les capacités de compensation de la culture peuvent être importantes. Plus la culture est vigoureuse et saine, plus elle peut supporter la présence de méligèthes, même abondante. Plus la culture est chétive, stressée ou se développant dans un milieu sous contrainte (réserve utile, disponibilité en azote, enracinement défaillant, dégâts de ravageur : larves altise, piqûre de charançon de la tige...), plus elle sera sensible à ce stade. L'observation de l'état du colza est donc aussi primordiale que l'observation du ravageur.

La présence d’une variété très précoce (ex : ES Alicia ou Troubadour) en fleur permet de limiter le risque de dégâts mais n'exclut en rien une surveillance ! Cette pratique permet de maîtriser certaines attaques faibles à moyennes. En cas de fortes attaques, au-delà des seuils décrits ci-dessous sur les plantes d'intérêt, un contrôle des populations de méligèthes peut se justifier.

Les seuils d'interventions

Il est recommandé pour un colza vigoureux (sain, bien implanté, dans un sol profond et en l'absence de stress printanier significatif) d'attendre le stade E et d’intervenir uniquement après que le seuil de 6 à 9 méligèthes par plante soit dépassé. En effet, dans le cas d’une attaque précoce dans un contexte favorable, le colza a le temps de compenser en multipliant le nombre d’inflorescences au niveau des hampes secondaires.

En revanche, si le colza n’est pas vigoureux en sortie d’hiver (petits colzas dus aux levées tardives, infestations larvaires...) et/ou si les conditions environnementales sont défavorables aux compensations (températures faibles, plantes stressées en eau à floraison, dégâts parasitaires antérieurs de type larves d'altises, charançons du bourgeon terminal), il faudra surveiller les méligèthes dès l'apparition des boutons et intervenir après que le seuil soit atteint ou dépassé. Il est important de ne pas intervenir trop rapidement afin de toucher le maximum d'insectes lors de l'application.

>>> Retrouvez l'essentiel des observations extraites du Bulletin de santé du végétal par culture et par région chaque semaine avec l'écho des plaines.

Prendre en compte les résistances aux pyréthrinoïdes

Les analyses réalisées lors des précédentes campagnes montrent des populations de méligèthes le plus souvent résistantes aux insecticides de la famille des pyréthrinoïdes à l'exception du taufluvalinate et de l'étofenprox. Les autres produits homologués parmi les autres familles chimiques permettent d'assurer un contrôle satisfaisant des méligèthes.

Une utilisation raisonnée de ces solutions est indispensable. Lire attentivement les étiquettes et la documentation disponible et respecter les recommandations d'emploi. Pour ceux qui ont déjà utilisé les organophosphorés seuls ou en association, ne pas oublier que le nombre d'application est limité par campagne.

     
Les substances actives efficaces sur méligèthes (résistants ou non) sont les suivantes :

  • L'étofenprox (Trebon, Uperrcut)
  • Le tau-fluvalinate (Mavrik flo, Talita)
  • L'indoxacarbe (Steward, Explicit EC)
  • La pymétrozine (Plenum 50 WG*)
  • Les organosphosphorés seuls (Boravi WG, Reldan 2M) ou en association (Daskor 440**)

* La pymétrozine n’a pas été ré-approuvée par la comission européenne. Les retraits d’AMM devront intervenir au plus tard le 30 avril 2019 avec un délai maximum de vente et d’utilisation au 31 décembre 2019. Pour la France, l’ANSES devrait annoncer prochainement le retrait de l’AMM du PLENUM et les délais de fin de commercialisation et d’utilisation. Plenum pourra donc être utilisé pour cette campagne en cours.     

** Les associations organosphosphorés + pyréthrinoïdes sont à réserver au cas d'infestation tardive par le charançon de la tige couplée à une arrivée précoce des méligèthes justifiant une intervention au stade D1.

        

À noter
- L'emploi du Boravi WG pourrait être conservé pour la gestion des altises à l'automne.
- Afin de maintenir la durabilité des solutions chimiques, il est impératif de ne pas utiliser deux fois de suite le même mode d’action (même si on traite deux insectes différents) pour réduire le risque d’apparition de résistance.
- L'usage des insecticides est interdit dans les cultures en présence de fleurs ou d'exsudats. En cas d’intervention tardive (stade E avec apparition des premières fleurs), utiliser impérativement les solutions bénéficiant d’une dérogation abeille (emploi autorisé durant la floraison et/ou production d'exsudats en dehors de la présence des abeilles). Lire attentivement l'étiquette car la mention abeilles est liée à chaque usage (culture x ravageur).

 


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