; Quelques éléments clés sur le binage

Désherbage mécanique L'anticipation : la clé d'un binage réussi

Sophie Guyomard et autres Terre-net Média

Quelle que soit la culture, envisager le recours au désherbage mécanique implique d’entrer dans une démarche globale de réduction de l’enherbement. Et parmi l'éventail de choix, le binage représente une solution plutôt polyvalente. Mais quels sont les points d'attention ?

Binage tournesolEt vous ? Êtes-vous adeptes du binage ou d'autres outils de désherbage mécanique ? Pour quelles cultures ? Vous pouvez laisser vos commentaires en dessous de cet article. (©Bastien P/Twitter)

Si le binage est efficace en automne et au printemps, il ne constitue pas la solution miracle à tous les problèmes d’enherbement de parcelles, surtout si celui est important. Il va notamment dépendre des conditions de réalisation. Bien connaître ses champs, le type de sol et son historique s’affichent également comme des éléments incontournables. Si l’agriculteur a bien en tête les zones infestées, la flore majoritairement présente et les dates habituelles de levée des mauvaises herbes, le binage pourra être positionné au plus juste. 

Trouver les créneaux météo

Son efficacité est aussi liée à une bonne maîtrise de tous les leviers de contrôle des adventices : implantation de couverts d’intercultures, adaptation des dates de semis et des techniques culturales (labour, faux semis)... ou encore allongement des rotations, comme le constate Julien Collin.

Polyculteur-éleveur en Ille-et-Vilaine, il s'est lancé dans le désherbage mécanique, d'abord en faisant des essais sur maïs avec la houe rotative de sa Cuma. Et pour des raisons de disponibilité, l'agriculteur a préféré investir en 2011 dans une bineuse en propre, avec des socs en pattes d'oie. Objectif : « pouvoir tirer profit de tous les créneaux météo », explique-t-il. 

Sur maïs, il réalise désormais « un désherbage chimique au stade 3/4 feuilles du maïs à dose réduite pour limiter l'évolution des mauvaises herbes et ensuite un passage de bineuse à 8/10 feuilles. À ce stade, le maïs couvre le rang et est moins fragile ». L'agriculteur peut ainsi avoir un débit de chantier élevé : 10-12 km/h. Pour les parcelles de maïs après retournement de prairies, l'agriculteur est passé en désherbage 100 % mécanique avec 1 ou 2 passages de houe rotative, suivi d'un binage à 8-10 feuilles. Dans tous les cas, il met en avant « l'importance d'avoir un sol bien réchauffé, nivelé sans trop de mottes au semis pour que le maïs puisse se développer correctement et que le binage soit le plus efficace possible ». 

Retrouvez le témoignage de Julien Collin en vidéo : 


Cliquez sur le curseur pour lancer la vidéo. 

Anticiper le binage implique aussi que le semoir et la bineuse soient en parfait accord : même largeur et même nombre de rangs bien entendu, mais aussi des écartements identiques et contrôlés sur les deux appareils. Il est important de vérifier qu’aucune descente du semoir n’est tordue ou décalée par rapport à ses voisines. Attention aussi à l’usure des fixations et à la présence éventuelle de jeu au niveau du semoir ou des éléments de la bineuse. Un travail précis nécessite un excellent positionnement des graines dans le rang. Sur ce point, les semoirs en ligne équipés d’une mise en terre à doubles disques sont généralement plus précis que les modèles à socs qui déposent les graines sur un sillon plus large.

Des outils complémentaires

La technique du binage a connu des évolutions considérables ces dernières années, liées à celles du matériel et des solutions de guidage. Il est aujourd'hui possible de positionner les éléments de travail au plus près de la culture en place. Surtout utilisé sur maïs ou betterave, le binage peut ainsi également profiter aux céréales (blé, orge…) semées à 15 cm d’écartement, aux cultures implantées au semoir monograine − quelle que soit la largeur de l’inter-rang : 30, 45, 50, 60, 75, 80 cm… − mais aussi aux plantes aromatiques, aux légumes de plein champ, etc.

La bineuse n’est bien sûr pas le seul outil de désherbage mécanique. Les herses étrilles, roto-étrilles et houes rotatives sont notamment affectées au travail à l’aveugle, avant la levée ou dans les premiers stades de la culture. Le résultat est efficace sur des adventices jeunes, mais diminue généralement lorsque la plante a atteint le stade quatre feuilles. En effet, les herses étrilles, roto-étrilles ou houes rotatives travaillent sur toute la largeur, y compris sur le rang, et n’ont donc qu’une action superficielle, souvent insuffisante, sur les mauvaises herbes bien implantées. Le travail de la bineuse est différent puisqu’elle s’emploie à partir du moment où la culture est visible jusqu’à des stades avancés (2 nœuds en céréales ou 10e feuille sur le maïs), tant que le châssis n’abîme pas la culture et que l’inter-rang n’est pas totalement recouvert.

Son rôle : déraciner et couper les adventices, y compris les plus développées. La plage d’utilisation de la bineuse est donc plus étendue que celle des autres outils mécaniques sans compter que sa polyvalence est également plus grande. Mais leurs utilisations restent complémentaires et leur association donne d’ailleurs de très bons résultats. Combiner le binage à d’autres techniques mécaniques est donc souvent recommandé. Ainsi dans une parcelle de céréales où le risque de levée d’une flore hivernale est connu, un passage de herse étrille avant la levée limitera l’enherbement et favorisera la réussite du binage qui, lui, n’interviendra pas avant le stade début tallage de la céréale.

Cet article comprend des éléments du livre blanc : Désherbage mécanique - Découvrez le binage version high-tech

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