[L'actu de Terres Inovia] Tournesol La colonisation par les pucerons verts est très variable

Terre-net Média

La présence du puceron vert du prunier est signalée, particulièrement dans le nord-ouest de la France, mais elle est variable et en lien avec une météo capricieuse et l'arrivée des auxiliaires.

TournesolUne forte déformation des feuilles par les attaques de pucerons verts du prunier peut handicaper sérieusement le fonctionnement de la plante. (©Terre-net Média)

Les conditions climatiques chaotiques avec les orages ont ralenti l’installation des pucerons. Cependant, les quelques journées plus chaudes et ensoleillées et le retour à un climat plus calme en fin de semaine pourraient faire évoluer très vite les populations de pucerons. Il est donc important d'évaluer le risque à la parcelle, selon le taux de feuilles crispées.

Sensibilité du tournesol de la levée jusqu'à la formation du bouton floral

Le puceron vert du prunier (Brachycaudus helichrysi) peut coloniser les cultures de tournesol plus ou moins précocement selon les années. Sa nuisibilité varie selon le stade de la plante : plus il arrive sur des tournesols à des stades jeunes et plus on considère que son impact est potentiellement important. Dès le dégagement du bouton floral, les pertes deviennent négligeables.

Pucerons aptères (©Terres Inovia)Pucerons ailés (©Terres Inovia)
Les aptères sont de forme ovoïdes et généralement de couleur vert-vert jaune.Les ailés sont de couleur noire (avec du vert jaune difficilement perceptible à l'oeil).
Pucerons aptèresPucerons ailés

Une nuisibilité généralement modérée

La nuisibilité généralement admise est de l’ordre de 2 à 5 q/ha maximum. Ces chiffres peuvent certainement être dépassés en cas de pression importante et très précoce. La crispation des feuilles est l'élément déclencheur à prendre en compte pour déterminer la nuisibilité sur le potentiel de la culture. Il existe une variabilité parfois importante de réaction à la présence de pucerons entre les variétés.

Laisser les auxiliaires jouer leur rôle

Les auxiliaires aident à la maîtrise des pucerons s'ils sont présents en nombre suffisant. Cependant, il y a parfois un décalage entre l’arrivée des auxiliaires et le développement des pucerons, ce qui est a priori le cas cette année pour nos régions.

Seuil de traitement : plus de 10 % de plantes crispées

Avec plus de 10 % de plantes crispées, on estime que les pucerons sont installés et devraient entrer en phase de multiplication active.

  •  Moins de 10 % de plantes crispées

Si l’on a moins de 10 % de plantes crispées, revenir dans la parcelle tous les 3-4 jours : l’attaque peut péricliter ou s’intensifier rapidement. Dans le cas où l’on est à moins de 10 % de plantes frisottées, revenir 8 jours après, les pucerons ne faisant que commencer à s’installer.

  •  Ne pas confondre plantes crispées et plantes frisottées

Comparaison entre les plantes normales, frisottées et crispéesComparaison entre les plantes normales, frisottées et crispées (©Terres Inovia) Insecticides autorisés

Contre le puceron vert sur tournesol, deux solutions sont disponibles à ce jour  :

  •  une association pyréthrinoïde (lambda-cyhalothrine) + pyrimicarbe
  •  une pyréthrinoïde seule : le tau-fluvalinate.

Les pucerons verts du prunier sur tournesol ne font pas, pour le moment, l'objet de résistance aux pyrèthres. Conservons nos solutions en respectant les règles d'applications.

Ne pas traiter trop tôt... mais sans se laisser déborder

Il est déconseillé d’intervenir trop rapidement à la vue des premiers pucerons. Ceci perturberait l'installation de la faune auxiliaire. Il faut par contre vérifier régulièrement l'évolution des symptômes au regard du seuil de traitement de 10 % de plantes crispées, les infestations pouvant être parfois explosives.

Les pucerons et le risque sclérotinia

La crispation des feuilles entraîne surtout une augmentation du risque sclérotinia du bouton (rétention d'humidité favorable à la germination des spores) et une moindre activité photosynthétique.

Préserver les auxiliaires
Les pucerons ont de nombreux prédateurs : coccinelles, syrphes, chrysopes, punaises,… Ces prédateurs sont souvent actifs très tôt au cours du cycle de la plante. Vérifier la présence des auxiliaires avant toute intervention insecticide. Par temps humide et frais, des épidémies de mycoses peuvent décimer les populations de pucerons. Les hyménoptères parasites sont aussi très actifs mais interviennent plus tardivement, à l’approche de la floraison, lorsque les colonies déclinent. 
Les prédateurs peuvent contrarier l’installation des pucerons et contrôler leur pullulation. Il est donc important de tolérer la présence de pucerons aussi longtemps que possible (intervenir uniquement lorsque le seuil est atteint) avant d’envisager une intervention insecticide. Cela permet l’installation d’une faune auxiliaire et l’économie d’un traitement.

 


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