L'actu de Terres Inovia Méligèthes : une attention particulière pour les colzas ayant souffert !

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Le méligèthe est un ravageur du colza facilement repérable et identifiable. La période de sensibilité est comprise entre le stade boutons accolés (D1) et le stade boutons séparés (E). En fonction de l'état de la culture, le seuil de nuisibilité peut varier. Terres Inovia revient sur les points clés concernant ce ravageur.

Méligèthe sur bouton de colza« Le colza est capable de compenser des pertes de boutons sur ses ramifications secondaires lorsqu’il est vigoureux et situé dans un milieu favorable ». (©Terre-net Média)

Un insecte visible mais pas toujours nuisible qu’il faut savoir observer

Les méligèthes sont facilement repérés et identifiés sur le haut des plantes et sont souvent surestimés. La lutte raisonnée consiste à intervenir lorsque le seuil de nuisibilité est atteint au cours de la période de sensibilité du colza (stades boutons). Les méligèthes ne sont plus nuisibles à partir du début de la floraison. Encore faut-il dénombrer correctement le nombre de méligèthes par plante pour raisonner la lutte. Les comptages en bordure ou sur les plantes les plus hautes ne sont pas représentatifs de la situation. Il est conseillé de compter sur 5 x 5 plantes consécutives ; puis de calculer une moyenne ou un % par plante à rapprocher des seuils mentionnés dans le tableau.

Son plat préféré, le pollen !

Les méligèthes perforent les boutons pour se nourrir de pollen ce qui peut endommager le pistil et conduire à l’avortement du bouton (dessèchement). Ce risque est plus important sur les petits boutons. Dès que les fleurs sont ouvertes, le pollen devient libre d’accès et les adultes sont beaucoup moins nuisibles. En floraison, il est normal de retrouver des méligèthes au niveau des boutons car les femelles déposent leurs œufs à la base de ceux-ci. Mais ces pontes ne provoquent ni lésion ni avortement des boutons, contrairement à la prise de nourriture aux stades plus jeunes.

Des seuils de nuisibilité à moduler selon l’état du colza

Le colza est capable de compenser des pertes de boutons sur ses ramifications secondaires lorsqu’il est vigoureux et situé dans un milieu favorable. La stratégie de lutte vise à maintenir la population de méligèthes à un niveau tolérable (et non à l'éradiquer), compatible avec la forte capacité de compensation des plantes.
Pour les colzas handicapés par un excès d’eau, des larves d’altises et/ou le gel, le nombre de méligèthes « toléré » sera moins élevé.

Seuil de nuisibilité face aux méligèthes en fonction de l'état du colzaSeuil de nuisibilité du colza face aux méligèthes en fonction de l'état de la culture. (©Terres Inovia)

Si besoin, choisir le bon insecticide et alterner les modes d’action

Certains insecticides ont une action choc entraînant une mort rapide des insectes. D’autres vont jouer sur leur comportement en les empêchant de se nourrir ce qui limite les dégâts. Les populations de méligèthes sont considérées résistantes à la plupart des pyréthrinoïdes actuelles, hormis etofenprox (ex Trebon 30 EC), tau-fluvalinate (ex. Mavrik Flo).
Afin de maintenir la durabilité des solutions chimiques sur colza et méligèthes en particulier, il est important de profiter de substances actives spécifiques et ne pas utiliser deux fois de suite le même mode d’action (même si on traite deux insectes différents) pour réduire le risque d’apparition de résistance.

  • En cas d’attaque par le méligèthe seul (courant montaison), privilégier les substances actives spécifiques comme indoxacarbe (Steward, Explicit EC), pymétrozine (Plenum 50 WG) afin d’alterner les modes d’action.
  • En cas d’intervention tardive (stade E avec apparition des premières fleurs), utiliser impérativement les solutions bénéficiant de la dérogation abeille : par exemple Mavrik Flo, Trebon 30 EC.
  • En cas de présence simultanée de méligèthes (>seuil) et de charançons de la tige, privilégier une association comme par ex. Daskor 440 ou Proteus.
Attention ! Les insecticides appliqués en floraison contrarient l’efficacité d’une faune auxiliaire particulièrement active, telle que les hyménoptères parasitoïdes très actifs sur les larves de méligèthes présentes dans les fleurs. Ces insectes participent ainsi à la régulation des populations qui envahiront les parcelles l’année suivante.
Comment gérer les parcelles avec des plantes pièges ?
La présence de variétés très précoces comme plantes pièges à méligèthe (Es Alicia, Troubadour) permet de limiter le risque mais n'exclut pas une surveillance voire une intervention si la pression est forte. Pour évaluer correctement le risque sur ces parcelles, compter le nombre de méligèthes présents sur les plantes d’intérêt en excluant les variétés précoces qui concentrent généralement les populations. Si une intervention est nécessaire, choisissez une solution compatible avec la présence de fleurs dans la parcelle.

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