Paroles de lecteurs Allez-vous semer du colza en 2021 ?

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Dans l'article "Semer du colza en 2021 ? - Réfléchir dès maintenant à l'implantation de la culture", publié sur Terre-net, la rédaction vous demandait ce que vous, lecteurs et producteurs, comptiez faire pour les prochains semis : conserver cette plante dans votre assolement ou la supprimer ? Voilà ce que plusieurs d'entre vous ont répondu...

paroles de lecteurs terre net semerez vous du colza en 2021 « Colza ou pas colza en 2021, telle est la question », confirme moi-même. (©Terre-net Média)

« Colza ou pas colza en 2021 », telle est la question, confirme moi-même. Selon lui, « c'est mal parti vu le déficit hydrique actuel et des pucerons comme jamais ! » « Et pourtant, je ne suis pas un "super traiteur"... », précise-t-il.

Attendre encore un peu, voire décider lors des semis

Pdl se donne encore « deux mois » pour décider. « Les dernières pluies ont fait du bien au colza, estime-t-il. Espérons que juin ne soit pas trop chaud car le colza n'est pas en avance. »

nostress, lui, attend de « voir le moment venu ». « Ça sera comme un couvert en semis à la volée avec toujours des semences fermières pour éviter des frais et après je laisse pousser..., détaille-t-il. En octobre, si c'est bien, je garde, sinon je sème du blé ! Le plus dur, c'est d'apprendre à attendre de déplier les rampes. Cette action est devenue une habitude trop systématique et a plongé cette culture dans le mur !! Hélas d'autres vont suivre à l'avenir si la valse de dépliage des rampes ne se calme pas un peu... Il faut savoir faire un peu moins de rendement pour une durabilité bien plus grande. (...) »

En octobre, si c'est bien, je garde le colza. Sinon, je sème du blé !

Une question de météo, de pluie notamment

Eric Letinois sur Facebook : « Ça dépendra de la pluie qu'il y aura au mois d'août. Le reste, du bla bla... »

maxens conseille de « semer avant une pluie ». « (...) Encore faut-il : 1) Qu'il y en ait une avant octobre... donc pas comme l'an passé. 2) Que les prévisions météo soient un peu plus fiables que celles des trois dernières années. Sinon, bah, c'est un peu la roulette russe. Et l'éventuelle pluie d'été, ou pas, n’empêche pas le coup de gel d'avril... Surtout, il n'y a plus d'insecticide efficace en colza. De plus, les prix de cette année ne garantissent pas ceux de l'an prochain. »

Et surtout d'insectes !

toutoune enchaîne : « La principale raison de l’arrêt de la culture du colza, ce sont les insectes. Quand t'es obligé de traiter contre les altises trois ou quatre fois dès le début... Ensuite, si l'automne est chaud, le charançon prend le relais pendant X semaines. Cultiver du colza n'est plus faisable sans insecticides efficaces. »

Traiter 3 ou 4 fois contre les altises, puis le charançon prend le relais...

Pour yayauque en effet, « les beaux discours ont assez duré ». « Il faut des conditions autres que 2020 : en 1) une météo favorable ; en 2) des produits efficaces pour lutter contre les insectes. »

Donc de phytos autorisés !!

Gibero est du même avis. « Avez-vous déjà essayé de produire du colza sans phytos ?, ironise-t-il, se répondant tout de suite à lui-même : « Ce n'est même pas la peine de semer dans ces conditions ! Sans insecticides, cette culture est vouée à disparaître malheureusement... »

Avez-vous déjà essayé de produire du colza sans produits phytosanitaires ?

Détritus est plus catégorique : « Pas de NNI = pas colza = pas de tête d’assolement = pas de tourteau bon marché made in France = diester étranger = pas de bouffe pour les abeilles = pas de fleurs jaunes pendant un mois = paysans qui en ch... = France qui s’appauvrît et qui importe = déchéance... » Une spirale infernale, quoi !, d'après ce lecteur.

« L'implantation du colza est devenue très compliquée depuis le retrait de l'enrobage de la semence au cruiser (néonicotinoïde), appuie gibero. Les semences de betterave sont toujours enrobées avec des NNI. Pourquoi autant d'inégalités dans ce pays, dont la devise est pourtant Liberté, Égalité, Fraternité... ? À quand le retour du gaucho pour les céréales, qui nous éviterait bien des insecticides en végétation ?! »

En résumé : « Pas de NNI = pas de colza... »

Bcts explique : « Les néonicotinoïdes sont autorisés sur betteraves (par dérogation) parce que ce n'est pas une plante mellifère. À l'inverse du colza. Ce n'est pas de l'inégalité, c'est du bon sens basé sur les connaissances scientifiques actuelles. »

« Pas de colza sans phytos, et notamment des insecticides ? Vraiment ??, s'interroge Ben voyons !! Les bios, et j'en suis un, ne sont pas de gros producteurs de colza, j'en conviens, et pourtant nombreux sont ceux qui en cultivent avec réussite. Il n'y a pas de recettes toutes faites bien sûr, mais quelques basiques sont à respecter. »

Pourtant de nombreux bio réussissent à en cultiver.

Ainsi, il recommande : « Un semis précoce, entre le 10 et 25 août, derrière un précédent légumineuse obligatoirement (de la luzerne ou la féverole, c'est top !) en association avec 15-20 kg/ha de blé noir voire lentilles (pour son effet contre les altises), plus 2 à 3 t/ha de fientes pour le démarrage... Si le colza lève, c'est gagné : entre 15 à 30 q/ha sauf si grêle bien sûr, c'est imprévisible. On voit certes des dégâts de méligèthes, variables d'une année sur l'autre sachant que l'écosystème créé autour des parcelles par l'absence de traitement en bio favorise la présence de ravageurs du colza, c'est incontestable notamment en zone bocagère. Et puis, s'il faut retourner la parcelle, eh bien, on met autre chose ! Ce n'est pas si grave puisqu'on n'a rien investi ou presque dans le colza !! Par contre, et là je rejoins mes collègues conventionnels, le plus gros défi, c'est de semer dans le frais car n'est pas gagné tous les ans. »


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