L'actu de Terres Inovia Quelques fondamentaux pour un colza robuste

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La réussite du colza est étroitement liée à la qualité de son implantation. Pour y parvenir, il n'y a pas de recette miracle selon Terres Inovia mais quelques fondamentaux méritent d'être rappelés.

Préparation des semis de colzaPour un colza robuste, il n'y a pas de recette miracle selon Terres Inovia mais quelques fondamentaux à respecter. (©Terres Inovia)

Réussir l'implantation du colza est une étape essentielle pour obtenir un colza robuste. Ainsi la culture sera moins sensible aux dégâts de ravageurs (altises adultes et larves d'altises et de charançon du bourgeon terminal notamment) et aux aléas climatiques (atténuation du développement des adventices), aura des besoins en intrants réduits et un potentiel de rendement qui s'exprime (marge économique maximisée).

Pour un colza robuste, Terres Inovia recommande ainsi d'atteindre ces trois objectifs :

- Une levée précoce pour esquiver les dégâts de bioagresseurs (altises adultes notamment) : levée avant le 1er-5 septembre et stade 4 feuilles avant le 20-30 septembre.

- Une croissance dynamique et continue à l'automne pour atténuer les dégâts d'insectes : biomasse colza entrée d'hiver supérieure à 1-1,5 kg/m² et pas de phénomène de faim d'azote (colzas qui rougissent) avant l'hiver.

- Des pieds vigoureux pour gêner la colonisation des larves d'insectes : pas plus de 35 plantes/m², biomasse entrée hiver supérieure à 40-60 q/pied de colza et pivots d'au moins 10-15 cm à l'entrée de l'hiver.

Les pièges à éviter avant de semer

Assèchement du sol, encombrement pailleux du lit de semences, création de mottes ou d’un sol soufflé, présence de compactions profondes ou superficielles sont à éviter autant que possible.

Il est nécessaire de s’adapter aux conditions du milieu et de modifier ses habitudes si besoin. Identifier les zones de compaction (observez la structure à la bêche) pour décider si un travail du sol est nécessaire ou non. Le cas échéant, définir la profondeur de travail du sol. Les outils à dents sont à privilégier dans la plupart des cas pour ameublir en profondeur.

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Conseils pour travailler les sols sableux et limoneux peu argileux

À moins de 18-20 % d’argile, le labour peut se concevoir soit précocement après déchaumage post-récolte avec un outil à disques, soit juste avant le semis. En l’absence de labour, pour limiter les risques d’obstacles pour le pivot du colza, un travail de 10-15 cm à la dent (chisel, canadien) est souvent nécessaire fin juillet-début août. Les outils polyvalents intégrant des dents et des rangées de herse peigne sont un bon compromis pour gérer en plus les résidus pailleux. En cas de labour juste avant semis, privilégier une reprise au vibroculteur plutôt que la herse rotative. Cette dernière fréquemment combinée au semoir, est trop souvent responsable d’un lit de semences trop affiné, soufflé, asséché et sensible à la battance. Ce phénomène s’observe d’autant plus que des façons culturales répétées (faux-semis par ex.) ont été réalisées. Le bon positionnement des graines est dans ce cas fortement contrarié.

Conseils pour travailler les sols argileux

En sol argileux et argilo-calcaires, le labour est souvent déconseillé en particulier lorsqu’il est tardif. Les mottes provoquées par la reprise sont difficilement gérables par la suite. Et les passages répétés assèchent le sol. Dans ces sols, mieux vaut généralement intervenir au plus tôt après la récolte. Un premier passage superficiel (et idéalement un double passage croisé) dans les 24 h après la récolte permet de bénéficier de l’humidité résiduelle et/ou de limiter les remontées capillaires. Ne plus avoir à travailler le sol dans les 15 jours avant semis permet de valoriser pleinement les éventuelles pluies.

Et en situation sèche ?

De nombres régions sont concernées par des sols très secs. Dans de telle situation, en non labour, un déchaumage après récolte est nécessaire pour permettre, par la suite, un travail efficace de l’outil à dents. Évitez d’assécher le lit de semences après le retour des pluies par des opérations de travail du sol trop nombreuses. Préférez travailler très tôt après la récolte du précédent et effectuer un roulage après chaque action pour limiter l’assèchement dû à l’évaporation. Évitez de positionner les résidus pailleux dans le lit de semence car ils assèchent d’autant plus le lit de semences.

Zéro travail du sol : précautions pour strip-till ou semis direct

Pour limiter l’évaporation estivale du sol et pour bien d’autres motifs agronomiques, le strip-till, voire le semis direct sont des options que certains jugent intéressantes. Cette technique est toutefois conditionnée par le diagnostic préalable d’un bon état structural et est à réserver en argilo-calcaire ou limons sains. Sur des limons humides à tendance hydromorphe, la réussite des semis directs et des pratiques « strip-till » est plus aléatoire du fait des risques de mauvaise structure et de mauvais drainage dans le profil. La simplification du travail du sol doit alors se gérer au niveau du système de culture successions culturales, couverts en interculture, colza associé à des plantes compagnes, etc.

Le mot de la fin : être prêt à semer tôt !

Dans les parcelles à risque de levée laborieuse, il est important d’être prêt à semer dès le 5-10 août : semences sous hangar, pailles ramassées, apports matières organiques, matériel de semis et main d’œuvre disponibles. La décision de semer doit ensuite être prise en fonction des prévisions météo. Semer avant et non après les pluies annoncées, même dans le sec. Les levées précoces avant le 25 août atteignent rapidement le stade 4 feuilles du colza et permettent d’esquiver des niveaux compromettants de morsures de grosses altises.

Semer tôt permet aussi de faire entrer le colza rapidement en phase de croissance active (4 feuilles à la mi-septembre idéalement). Sous réserve de disposer d’une nutrition minérale (N et P) suffisante, une levée précoce est un gage d’obtention d’un couvert de plus de 1 kg/m² de biomasse en entrée hiver. La régularité d’apport de fertilisants organiques à l’échelle de la rotation ou l’apport de fertilisants organiques ou minéral avant le semis du colza sont des pratiques qui accompagnent la culture dans sa croissance et limitent les risques de faims d’azote.

Cas-types et règles de décision pour la préparation des sols

Cas-types et règles de décision pour la préparation des solsCas-types et règles de décision pour la préparation des sols. (©Terres Inovia) 


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