[L'actu de Terres Inovia] Colza Sclérotinia : intervenir au bon stade avec la bonne solution

Terre-net Média

Pour une application optimale du traitement contre le sclérotinia du colza, il est d'important d'intervenir préventivement afin d’empêcher la contamination des feuilles à la chute des premiers pétales (stade G1).

Pétale collant sur colzaIl est donc recommandé de déterminer le stade de chacune de vos parcelles afin de positionner la protection au meilleur moment. (©Laurent Jung/Terres Inovia)

En effet, aucune solution curative n’existe à ce jour contre le sclérotinia du colza, seuls des traitements préventifs sont possibles. Le stade G1 apparaît, selon les températures, 6 à 12 jours après le début floraison. Pour identifier au mieux ce stade, n’hésitez pas à suivre vos données régionales dans le BSV.

Dans des essais menés par Terres Inovia, il a été démontré qu’un positionnement trop tôt ou trop tard par rapport au stade G1 avait une efficacité fortement diminuée. 

Bien distinguer les stades F1 et G1Bien distinguer les stades F1 et G1. (©Terres Inovia)

Attention à la variabilité inter et intra parcellaire : pour une date de semis similaire, l’entrée en floraison peut différer entre les parcelles de colza de l’exploitation. Les causes sont liées à la génétique, aux conditions d’implantation et au contexte pédoclimatique de chaque parcelle. Il est donc recommandé de déterminer le stade de chacune de vos parcelles. Pour la variabilité au sein d’une même parcelle, identifiez le stade majoritaire de la parcelle afin de positionner la protection au meilleur moment.

Quelle solution utiliser dans un contexte de résistance ?

La note commune publiée le 14 mars par l’Anses, l’Inrae et Terres Inovia permet de mettre en évidence la présence de souches de sclérotinia résistantes aux SDHI (boscalid, bixafène, fluopyram, isofétamide) depuis plusieurs années. Afin d’assurer la durabilité des molécules, il est recommandé d’éviter l’emploi d’un fongicide à base de SDHI seul, de l’associer avec un autre mode d’action efficace (biocontrôle insuffisant) et de limiter son emploi à une seule application par campagne.

De nombreuses solutions efficaces contre sclérotinia existent et permettent une alternance des substances. En cas de pression faible à modérée, toutes les solutions fongicides présentent un niveau d’efficacité satisfaisant vis-à-vis du sclérotinia peuvent être employées y compris les triazoles classiques (tébuconazole, metconazole), et les biocontrôles.

En cas de pression forte (retour colza une année sur trois ou moins, historique d’attaques sévères 2 ans/10, climat favorable, etc.), le mode d'action SDHI doit être associé à un autre mode d’action dont l’efficacité est reconnue comme régulière (par exemple, prothioconazole, metconazole, dimoxystrobine et tébuconazole). Les produits à base de prothiconazole ont également une efficacité bonne à très bonne.

Les stratégies à double traitement (2e traitement 10/15 jours après le stade G1) ne montrent pas de gain d’efficacité vis-à-vis de cette maladie. Elles ne montrent une efficacité et une rentabilité que lors de forte pression de maladies de fin de cycle (mycosphaerella ou alternaria) ou lorsque l’entrée en floraison d’une parcelle lors d’une année humide est très hétérogène et nécessite une protection dans le temps.

Des solutions de biocontrôle existent :

  • En pré-semis, Contans-WG ( C. minitans) vise la destruction des sclérotes du sol. Il permet de réduire les attaques dès la première application (efficacité variable pouvant aller jusque 70 %). Le risque de contamination est réduit mais une protection fongicide supplémentaire est souvent nécessaire. En traitement sur chaume, il permet de réduire le stock de l’année afin de limiter le risque pour les cultures suivantes.
  • Au stade G1, les traitements à base de Bacillus pumilus (Ballad), de Bacillus subtilis (Rhapsody) ou de Pythium oligandrum (Polyversum) sont préconisés en association avec un traitement fongicide. En cas d’attaque, le niveau d’efficacité sera déterminé par la demi-dose du fongicide choisi.

Les conditions très humides du début d’année ont été favorables au développement de la cylindrosporiose sur les secteurs historiques et les variétés sensibles. Si la maladie est repérée au cours de la montaison, choisissez une solution ou un programme à base de triazole efficace sur sclérotinia et cylindrosporiose pour éviter le passage de cette dernière sur siliques.


© Tous droits de reproduction réservés - Contactez Terre-net


Tags

A lire également

Chargement des commentaires


Contenu pour vous