L'actu d'Arvalis Une 3e vague de froid a priori sans gravité pour les céréales à paille

Terre-net Média

Si les gelées de la semaine dernière ont été moins intenses que les séquences de février, elles interviennent sur des céréales plus avancées en stade. Mais les premiers retours des équipes régionales d'Arvalis témoignent d’un risque plutôt limité.

BléLa vague de froid de la semaine dernière fait encourir un risque pour les céréales, mais ce risque reste limité. (©Arvalis-Institut du végétal)

Les températures sont à nouveau descendues sous les 0°C la semaine dernière sur la quasi-totalité du territoire. Les plus basses, enregistrées de la Normandie à la Champagne, n’ont pas excédé - 4°C, voire - 6°C dans certains secteurs du nord-est.

Parallèlement, les cultures de céréales à paille approchent ou dépassent le stade épi 1 cm, stade marqueur de l’élévation de l’épi dans la tige mais aussi d’une sensibilité accrue au froid et aux gelées. Actuellement, ce stade est fréquemment atteint sur une moitié ouest de la France (carte ci-dessous). Néanmoins, l’hétérogénéité interparcelles au sein d’une région est très importante : plus de 2 à 3 semaines peuvent séparer les précocités les plus extrêmes dans un bassin de production.

Date estimée du stade épi 1 cm en 2018Date estimée du stade épi 1 cm en 2018 - Blé tendre, variété et date de semis représentative par région (©Arvalis-Institut du végétal)

Un risque accru pour les parcelles les plus précoces de la moitié nord

On considère généralement que les températures inférieures à - 4°C constituent un seuil d’alerte pour des céréales qui ont débuté leur montaison.

À la fin du tallage, l’apex a réalisé sa transition florale ; ses structures deviennent particulièrement sensibles au gel. Parallèlement, l’élévation progressive de l’épi au-dessus de la surface du sol va accroître son exposition aux basses températures. La sensibilité au gel va donc être croissante au cours du temps (graphique ci-dessous). Elle sera plus élevée pour le maître-brin que pour les talles.

La sensibilité au gel d'épi depend de sa position dans la tige.La sensibilité au gel d'épi depend de sa position dans la tige. (©Arvalis-Institut du végétal)

La vague de froid de la semaine dernière fait donc encourir un risque pour les céréales, mais ce risque reste limité. Les températures les plus basses sont apparues là où les cultures sont les moins avancées et donc les moins sensibles. Néanmoins, compte-tenu de la grande disparité des stades, il est possible d’observer, localement, des dégâts liés à l’extrême précocité de certaines parcelles. Les conséquences pour les cultures devraient se limiter à la destruction du maître-brin voire de la première talle, et pas de la totalité des plantes. Dans ce cas, les talles se substitueront au maître-brin gelé et compenseront presque entièrement les dégâts. Pour un diagnostic fiable, il faudra observer l’état de l’apex la semaine prochaine.

Pas de panique si les plantes rougissent

Parallèlement à d’éventuels dégâts sur épis, les feuilles principales peuvent devenir légèrement rougeâtres. Cela est déconnecté des conséquences sur l’apex, et traduit un changement temporaire de métabolisme des plantes : elles produisent moins de pigments verts (chlorophylle) et davantage de pigments rouges (anthocyane). Ceci est temporaire et sans conséquence pour la suite du cycle.


© Tous droits de reproduction réservés - Contactez Terre-net

Tags

A lire également

Chargement des commentaires


Contenu pour vous