[Point de vue] Élections européennes Face au « grand flou » des programmes agricoles, la nécessité d’être plus précis

Terre-net Média

À moins de deux semaines des élections européennes, l’agroéconomiste Jean-Marie Séronie critique « le grand flou » des programmes agricoles des principales listes candidates, en particulier au sujet de la Pac. Selon lui, les candidats doivent détailler aux agriculteurs et à tous les électeurs les priorités et actions concrètes qu’ils défendront « dans le cadre de la réforme en cours qui fera la Pac des dix prochaines années ».

Jusqu'à présent, les candidats aux élections européennes ne se sont pas montrés d'une grande précision quant à leur programme agricole.Jusqu'à présent, les candidats aux élections européennes ne se sont pas montrés d'une grande précision quant à leur programme agricole. (©Pixabay)

À quelques jours du scrutin des élections européennes, Terre-net.fr analyse un à un les programmes agricoles des principales listes en présence et vous en restitue les points clés.
Se succéderont ainsi tout au long du mois de mai 2019 les programmes agricoles des listes suivantes : 
UDI Les européens, Europe Ecologie Les verts, Rassemblement national, La France insoumise, Les Républicains, PS-Place publique, Renaissance (La république en marche).

À lire >>  [Décryptage] Les enjeux du scrutin européen pour l'agriculture française

Sur son blog, l’agroéconomiste Jean-Marie Séronie critique le « grand flou » qui entoure les programmes agricoles respectifs des listes candidates aux élections européennes du dimanche 26 mai 2019.

Dans son billet, il interpelle directement les candidats : « Eric, Jérémy, Benoît, Anne, Olivier, les agriculteurs ont le droit de savoir ! » Il interpelle ainsi Eric Andrieu (PS-Place publique), Jérémy Decerle (Renaissance), Benoît Biteau (Europe Ecologie-Les Verts), Anne Sander (Les Républicains) et Olivier Mevel (UDI-Les Européens), candidats spécialistes des questions agricoles.

« Seuls quelques propos lénifiants figurent dans les programmes : soutenir une agriculture à taille humaine, promouvoir une agriculture propre, soutenir le revenu des agriculteurs, sortir des pesticides… Autant de propos qui veulent tout dire, mais surtout ne rien dire de concret », écrit-il.

Protectionniste, « localiste » et écologiste

Selon lui, « trois tendances œcuméniques "dans l’air du temps" se dégagent de presque tous les programmes : une ligne générale globalement protectionniste ...dans les mots, une approche "localiste" et un fort volontarisme écologique. »

Jean-Marie Séronie critique « la couleur très française des professions de foi ». « Au-delà des mots, on a bien du mal à imaginer quelle sera la ligne réellement suivie dans la recherche permanente des alliances et des compromis qui est le mode de fonctionnement bruxellois. Récemment encore, la France n’a pu constituer une minorité de blocage sur l’ouverture des négociations avec les USA. »

Il y a pourtant, selon lui, urgence à « rentrer dans le précis, le concret », car « dès l’automne les négociations sur la réforme de la Pac vont reprendre ».

« Le monde agricole français a donc le droit de savoir la ligne que chaque famille politique défendra réellement », estime-t-il.

Quid des aides directes ? Des aides à l'actif ? Des exportations ?

Après « l’oral » que certains candidats ont passé devant le Snpar, le syndicat national de la presse agricole et rurale mi-avril, la FNSEA auditionne mardi 14 mai 2019 six candidats des listes Renaissance, Les Républicains, EELV, la France insoumise, Rassemblement national et PS-Place publique. Pour l’agroéconomiste, ils doivent répondre à un certain nombre de questions précises pour que les agriculteurs et tous les électeurs se rendent mieux compte de leurs velléités à Bruxelles.

« Qu’est ce qui doit demain constituer le socle solide d’une dimension commune de la Pac pour 27 agricultures très différentes ? Les agriculteurs souhaitent une Pac protectrice au niveau des prix. Comment l’Union européenne doit-elle jouer ce rôle protecteur et avec quels instruments ? »

L’agroéconomiste s’interroge aussi sur la vocation exportatrice de l’agriculture européenne. « Le développement des exportations agricoles européennes est-il pour vous une priorité ? »

« Pensez-vous qu’il faut continuer à soutenir les agriculteurs par des aides directes au revenu ou au contraire qu’il faudrait accompagner davantage les agriculteurs qui s’engagent dans la transition agro-écologique ? Dans cette hypothèse, de combien souhaitez-vous baisser les aides directes du premier pilier (10 – 20 - 30 - 50 %) pour dégager un budget pour cet accompagnement financier et selon quel agenda ? »

« Quel serait pour vous un objectif concret d’aide ramené à l’actif agricole ? Par quels moyens proposez-vous d’y parvenir ? »

« Acceptez-vous la réforme en cours, ou souhaitez-vous bloquer la réforme et donner mandat à la future commission d'en proposer une autre ? »

« Aujourd’hui quelles sont les quatre ou cinq priorités de négociation précises et concrètes que vous souhaitez défendre dans la réforme en cours qui fera la Pac des 10 prochaines années ? »


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