Élections européennes 2019 Fin du glyphosate, soutien aux actifs: le programme agricole minimaliste de LREM

Terre-net Média

Avec le ralliement à sa cause du désormais ancien syndicaliste JA Jérémy Decerle sur sa liste Renaissance, La République en Marche s’est offert les services d’un connaisseur des sujets agricoles. Mais le programme agricole du parti présidentiel pour les élections européennes reste assez flou, si ce n’est concernant la « sortie du glyphosate » et la « défense du budget agricole » en « orientant les aides vers les modèles respectueux de la nature ».

L'ancien syndicaliste JA Jérémy Decerle, désormais candidat aux Européennes sur la liste Renaissance, était en visite d'un élevage marnais le 4 mai dernier.L'ancien syndicaliste JA Jérémy Decerle, désormais candidat aux Européennes sur la liste Renaissance, était en visite d'un élevage marnais le 4 mai dernier. (©@JDecerle)

À quelques jours du scrutin des élections européennes, Terre-net.fr analyse un à un les programmes agricoles des principales listes en présence et vous en restitue les points clés.  
Se succéderont ainsi tout au long du mois de mai 2019 les programmes agricoles des listes suivantes :   
UDI Les européensEurope Ecologie Les vertsRassemblement nationalLa France insoumiseLes RépublicainsPS-Place publiqueRenaissance (La République en Marche).  

À lire >> [Décryptage] Les enjeux du scrutin européen pour l'agriculture française

Mi-avril, alors que leurs propositions étaient encore en discussion, Jérémy Decerle, ayant quitté la présidence de Jeunes agriculteurs pour rallier la liste Renaissance de Nathalie Loiseau pour les élections européennes, n’était pas en mesure de détailler le programme agricole du parti présidentiel.

« Une bonne partie de notre programme agricole fait référence à la réforme de la Pac en cours », assurait l’ancien syndicaliste devant les membres du SNPAR (syndicat national de la presse agricole et rurale) qui organisait une rencontre avec les représentants agricoles des principales listes candidates.

« Il s’agit de redonner de l’attractivité au métier d’agriculteur et assurer la transition agricole et agro-écologique attendue par les concitoyens. » Le tout avec « des soutiens publics mieux compris, plus pertinents et plus efficaces pour les agriculteurs. »

Pour le désormais spécialiste agricole de la liste Renaissance, il faut « réorienter les soutiens vers l’activité humaine, en diminuant les soutiens aux hectares et les diriger vers les actifs ». Il faudra, dans cette logique, « redéfinir l’actif agricole » pour que chaque Etat membre puisse dire ce qu’est un agriculteur professionnel, avec des critères de « capacité professionnelles, de temps de travail consacré à l’activité agricole et de revenu tiré de cette activité ».

Sur le plan économique, la Pac doit, selon lui, donner de la résilience aux exploitations, grâce à de meilleurs « outils de gestion des risques ». « On ne pourra pas transposer la politique agricole américaine à l’Europe », mais la formule autour des aides contracycliques développée outre-Atlantique « est quelque-chose qui fonctionne car elle permet aux agriculteurs américains d’être plus résistants aux chocs économiques. »

Pour que la Pac soit plus appréciée et soutenue par l’opinion, « il faut lui redonner un angle plus sociétal, notamment sur les aspects environnementaux et sanitaires ». Autrement dit, Jérémy Decerle confirme bien l’intention de « sortir du glyphosate en 2021, et de diviser par deux les pesticides », dans leur ensemble, d’ici 2025.

La République en Marche veut aussi « redonner des objectifs clairs à l’Europe pour qu'elle refasse de l’agriculture un secteur stratégique, comme le font les autres grandes puissances agricoles ».

[Vidéo] Présentation du programme agricole Renaissance, la liste de LREM, par Jérémy Decerle, numéro 4 de la liste

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Au-delà de ces explications orales, le programme officiel de la liste Renaissance n’en dit pas plus sur les intentions du parti présidentiel à Bruxelles et Strasbourg. Pire, ce programme ne cite pas une seule fois la « Politique agricole commune » et ne détaille pas davantage les positions concrètes que les futurs eurodéputés LREM défendront au Parlement européen.

Ce que dit le programme officiel Renaissance pour les élections européennes

Ainsi, le programme la Renaissance pour les élections européennes ne comporte pas de chapitre agricole dédié. Pour « faire de l’Europe une puissance verte », LREM explique que « nous sommes la première à avoir toutes les solutions en main pour réconcilier écologie et économie, environnement et agriculture ». « C’est pourquoi la transition vers ce nouveau modèle est notre priorité. »

Dans ce chapitre « environnemental », le parti d’Emmanuel Macron entend porter « un modèle agricole et de consommation respectueux de la nature ». La liste Renaissance avance ensuite neuf propositions :

  • Défendre le budget agricole pour assurer un revenu élevé à tous les agriculteurs. Ils doivent vivre dignement de leurs activités et pouvoir faire face aux crises. Les aides seront simplifiées et orientées en priorité vers les exploitations à taille humaine.
  • Orienter les aides agricoles vers les modèles propres et respectueux du bien-être animal partout en Europe. Les objectifs sont clairs : augmentation massive du verdissement, doublement des surfaces en bio, zéro bête nourrie aux OGM, zéro pesticide au-dessus des zones d’eau potable, fin du broyage des poussins.
  • Interdire le plastique non-recyclable d’ici 2025 et les microplastiques ajoutés aux cosmétiques, détergents, peintures d’ici 2020 et mettre fin à l’obsolescence programmée en étendant les garanties.
  • Mettre fin d’ici 2030 à l’importation de produits non durables contribuant à la déforestation, comme la France s'y est engagée.
  • Passer de 4 à 30 % de zones marines européennes protégées par Natura 2000, en priorité dans les Outre-mer. Un océan en bonne santé, c’est aussi un climat préservé.
  • Faire de l’Europe le moteur d’un accord sur la protection de la biodiversité terrestre et marine en 2020. Il sera le pendant de l’Accord de Paris sur le climat.
  • Sortir du glyphosate d'ici 2021 et diviser par deux les pesticides d’ici 2025.
  • Rendre l’évaluation des produits chimiques plus transparente et indépendante des lobbies.
  • Créer une force de protection sanitaire contre les fraudes alimentaires. Des inspecteurs pourront procéder à des enquêtes partout en Europe et les résultats seront rendus publics.


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