[Paroles de lecteurs] « Sans revenu, monsieur le ministre, pas de transition agricole ! »

Terre-net Média

L'agro-écologie et les circuits courts : les lecteurs de Terre-net auraient préféré que dans son plan de relance pour l'agriculture, Julien Denormandie, interviewé par Terre-net, propose de contrôler les importations et d'augmenter les prix de leurs produits. « Sans revenu », comment réussir « la transition agricole » demandée par le gouvernement et les consommateurs ?, lancent-ils. Quant à la souveraineté alimentaire prônée par le ministre de l'agriculture, ce n'est que du « baratin de politiques » !

paroles de lecteurs terre net plan de relance de l agriculture de julien denormandieLe plan de relance de l'agriculture de Julien Denormandie ne convainc pas les lecteurs ! (©Terre-net Média)

« Beau programme que le plan de relance pour l'agriculture présenté par le nouveau ministre Julien Denormandie ! », estime Lau. « Reste à lever les freins pour le mettre en place... », nuance-t-il. De plus, il « regrette que l'accès au métier d'agriculteur ne soit pas la principale priorité ». « Il serait temps d'inverser la courbe des départs en retraite des exploitants agricoles par un retour massif à la terre des jeunes générations », insiste le lecteur. « Mais sommes-nous beaucoup d'agriculteurs à l'envisager et surtout à vouloir partager le foncier agricole ? », interroge-t-il.

Pour Réaliste, le discours du ministre de l'agriculture est « assez cohérent ». « La volonté a l'air d'être là, souligne-t-il. Mais on a la confirmation que la vocation exportatrice de la France est abandonnée. » « Bon, après tout, pourquoi pas, ajoute-t-il. Mais à ce moment-là, il faut aller au bout de la logique en contrôlant les prix agricoles et en mettant des quotas aux importations, y compris celles en provenance de l'UE face à laquelle les produits agricoles français ne sont pas compétitifs. (...). Tout dépend de ces deux leviers. Si les éleveurs ne gagnent rien, comment voulez-vous qu'ils achètent le soja des céréaliers français qui sera forcément plus cher que celui des producteurs argentins ou brésiliens ? Si on ne peut ni limiter les importations ni garantir les prix des produits agricoles, il faut alors que les agriculteurs français aient les mêmes possibilités techniques que ceux des autres pays du monde (...). Parce que ce que l'avenir qui nous est proposé n'est pas de faire du volume, donc il va bien falloir augmenter les prix et comme ni les industriels, ni les consommateurs, ne veulent payer... En résumé : le gouvernement doit arrêter d'avoir les fesses entre deux chaises et de les écarter, chaque année, un peu plus ! (...) »

L'État a les fesses entre deux chaises qu'il écarte, chaque année, un peu plus ! 

« L'indépendance alimentaire n'existe plus »

eric17 a toutefois relevé, dans l'interview que Julien Denormandie a accordée à Terre-net, deux phrases complètement « antagonistes ». La première : "La transition écologique est une priorité sociétale et gouvernementale". Suivie de près par  la seconde : " Mon plus grand marqueur : le bon sens paysan ". « Là, monsieur le ministre, il y a un choc criant des cultures et une méconnaissance flagrante des réalités du terrain ! », s'exclame-t-il.

« La souveraineté alimentaire redevient importante pour nos dirigeants et c'est tant mieux ! », se réjouit PàgraT. Mais la grande question selon lui : « Vont-ils se donner les moyens de la mettre en œuvre ? Ou est-ce seulement du baratin de politiques prônant en même temps l'export ? »

Les circuits courts et l'agro-écologie, absurde quand on se veut compétitif...

tracteur4  rétorque : « De toute façon, l'indépendance alimentaire de la France n'existe plus depuis bien longtemps ! Les citoyens n'en ont rien à faire des agriculteurs. Quant à nos chers ministres, ils veulent simplement ramener le secteur 80 ans en arrière !! Julien Denormandie a cité trois axes prioritaires pour l'agriculture : l'écologie, les circuits courts et l'agro-écologie. Totalement absurde dans un pays qui se veut compétitif et régi par les cours mondiaux !! (...) Avec de telles lubies, nous courons tous à la faillite, très rapidement et sans exception !!! (...)

 « Vend-on plus cher grâce à l'agro-écologie ? »

maxens revient sur la transition agricole et la faible rémunération des exploitants agricoles : « Transition  agricole ??? Il n'y aura aucune transition sans revenu pour les agriculteurs ! Or, je ne sais pas quelle filière en ce moment en dégage... (...) Il faut des prix de vente en corrélation avec les coût de production !! Tout le reste, c'est du vent !!! »

Jeuneagri est du même avis. « Est-ce que l'agro-écologie va me permettre de vendre mes taurillons plus cher ?? », ironise-t-il. « Les producteurs font déjà de la qualité mais le prix n'y est pas. Et demain, on lavera encore plus blanc que blanc sans être mieux rémunérés ! Quand allez-vous prendre conscience de cela, messieurs les ministres de l'agriculture ??? Et concernant la loi Égalim, qui ne sert à rien, silence total ! »

Olmer  s'énerve : « Des prix rémunérateurs, bordel ! Est-ce un mot tabou ??? »

Grochat, fataliste : « (...) Ce n'est pas demain que tout ça va changer ! Toutes les promesses ne sont de toute façon que des miroirs aux alouettes (...)... »

titian  confirme : « "1 % du plan de relance pour l'agriculture" : tout est résumé sur le fameux monde d'après avec ce chiffre ! Et rien de concret pour redresser ce secteur hautement stratégique pour un pays !! »

Et BG de conclure : « Avec des cours aussi bas, vous pourrez dépenser toute l'énergie que vous voudrez monsieur Denormandie, nous allons tous disjoncter d'ici peu ! Prévoyez-nous plutôt de bonnes retraites anticipées ou de belles reconversions... »


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