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Gestion des graminées : réussir les interventions d'automne

Les équipes Arvalis des régions Centre, Ile-de-France et Auvergne rappellent leurs recommandations concernant la gestion des graminées à l'automne. (©Arvalis-Institut du végétal)
Les équipes Arvalis des régions Centre, Ile-de-France et Auvergne rappellent leurs recommandations concernant la gestion des graminées à l'automne. (©Arvalis-Institut du végétal)

Semer en dernier les parcelles les plus infestées en graminées

Dans les contextes pédoclimatiques qui le permettent, il est fortement recommandé de semer plus tardivement les parcelles les plus infestées en ray-grass et vulpin, avec une variété adaptée à ce créneau de semis (opter pour une variété précoce à très précoce). L’objectif est de gérer un maximum de graminées en amont de l’implantation de la culture. Avec moins d’adventices levées dans la culture, l’efficacité des herbicides en sera optimisée, comme l’ont à nouveau démontré les essais conduits dans la région ces dernières années.

Privilégier un sol « propre », indemne d’adventices levées

Semer sur un sol propre garantit un bon démarrage de la culture, sans concurrence. Les herbicides applicables en prélevée ou en postlevée (comme les outils de désherbage mécanique de type herse étrille, houe…) agissent uniquement sur les stades très précoces des adventices. De tels produits et outils pourraient être mis en difficulté sur des adventices levées le jour du semis ou repiquées.

Miser sur les interventions herbicides d’automne

À l’exception des parcelles faiblement infestées et non concernées par des résistances aux herbicides de sortie d’hiver (groupes HRAC A-1 et B-2), il convient d’intervenir dès l’automne. Dans les situations où les herbicides de sortie d’hiver ne sont plus utilisables, faute de résistances bien installées, deux passages à l’automne sont recommandés en cas de populations importantes de ray-grass et vulpins.

Point d’attention : sur une parcelle très infestée, mieux vaut semer très tard, et positionner une prélevée dans la foulée. Les positionnements d’herbicides de postlevée à 1-2 feuilles sont beaucoup plus délicats (conditions météo et sols, ainsi que réglementaires).

Les herbicides disponibles à cette période étant quasi-exclusivement des produits racinaires, une efficacité optimale passe forcément par un sol humide. Il faut que les substances actives soient dissoutes dans la solution du sol pour pouvoir être absorbées par les adventices.

Facteurs influençant l’emploi des herbicides racinaires
Facteurs influençant l’emploi des herbicides racinaires. (©Arvalis-Institut du végétal)

Attention, même en cas de conditions d’efficacité optimales, le résultat des herbicides peut être décevant si aucun levier agronomique n’a été mis en place en cas de fortes infestations.

Utilisation de chlortoluron : vérifier que les variétés de blé sont tolérantes

Même si des variétés de blé dites « sensibles » peuvent supporter un passage à 500 g/ha de chlortoluron, il est nécessaire de vérifier la sensibilité de ses variétés.

Chaque année, des parcelles de blé disparaissent à l’automne dans la région suite à une erreur de ce type !

Respecter la réglementation sur le prosulfocarbe

Le maintien des produits à base de prosulfocarbe passe par le respect collectif de la nouvelle réglementation. Intervenir avec des buses anti-dérives, en l’absence de vent significatif, ne détériorera pas l’efficacité du produit, bien au contraire !

Soigner les implantations pour éviter les phytotoxicités

Un semis régulier et bien enterré permet de limiter les phytotoxicités liées aux herbicides d’automne ; attention cependant en sols filtrants. En cas de double application programmée, réaliser la prélevée le plus tôt possible après le semis pour laisser un délai maximal entre les deux interventions. Adapter la deuxième intervention en cas de phytotoxicité après le premier passage.

Une phytotoxicité à cette époque, à la condition qu’elle n’entraîne pas une perte de pieds significative, est moins impactante sur le rendement qu’une phytotoxicité de sortie d’hiver. Les céréales à paille sont en effet davantage en capacité de rattraper cet accident de début de cycle.

Auteurs : Delphine Bouttet, Edouard Baranger (Arvalis).

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